#1 Loin des yeux, près du téléphone

 

Distanciation physique ou sociale ? Au (tout) début, on ne voyait pas vraiment la différence. Jusqu’à ce qu’on se retrouve enfermé·es 7/7 avec nous-même / nos colocs / notre famille ou notre chat (rayez les mentions inutiles).

 

On vous en parlait déjà dans notre article sur le confifirst mais c’est important de le répéter : les temps sont durs, l’isolement peut-être pesant, et c’est plus que jamais important de renouveler nos modes de communication et nos relations pour garder les coudes bien serrés (métaphoriquement du coup, #1mètrededistance).

Ce qu’on en retient : que l’expression "loin des yeux, loin du coeur" = du gros bullshit. En plus, on rencontre tellement moins de personnes qui ne font pas partie de notre cercle proche cette année, que ça a tendance à resserrer les liens préexistants, justement. Mieux : ça peut même être l’occasion de se reconnecter avec des personnes perdues de vue depuis longtemps, et dont on a soudain envie de prendre des nouvelles. Et soit dit en passant, on a quand même de la “chance” que cette pandémie nous soit tombée dessus en 2020 et pas en 2004… vous imaginez la saturation de la ligne fixe de vos parents et le crédit de votre forfait SMS en roue libre ? Oups.

 

 

#2 Parler politique en 2020 aka marcher sur des oeufs (explosifs)

 

En bonnes féministes qui se respectent, on avait déjà l’habitude de casser l’ambiance en soirée avant 2020 (coucou Valeurs Actuelles). Mais bon, on connaissait les feintes, aka rester safe en small-talkant chaque fois que nécessaire, pour éviter de donner au premier pote de pote croisé en soirée des cours sur l’histoire des droits des femmes ou de la colonisation en France.

Maintenant ? C’est un peu plus compliqué de small-talker, surtout depuis que la COVID-19 est devenu la nouvelle météo. Et parce que cette pandémie se joue sur fond de problématiques sociales et sanitaires sans précédent, il est extrêmement difficile d’en parler... sans en parler politiquement. Ahhhh 2020, ou l’impossible tentative de débrancher de l’actu, quand le moindre tour à la machine à café ou à la supérette se transforme en débat virulent sur l’utilité du masque.

 

Ce qu’on en retient : ok, c’est cool d’échanger collectivement sur des sujets de société : ça nous aide à grandir, ça construit nos relations et nos idées… mais pas tout le temps. Parce que la période est fatigante, les relations tendues, et les fake-news omniprésentes, mieux vaut savoir se mettre en veille et l’ouvrir à des moments choisis. Et/ou avec des personnes choisies (#allié·e·s).

 

 

#3 On fait quoi quand nos parents ou notre famille sont toxiques pour nous ?

 

La question se pose plus que jamais en ces temps de confinement : certain·e·s d’entre nous ont dû en effet se confiner en famille / passer beaucoup plus de temps avec leur famille qu’habituellement (#écoleàlamaison) / ou encore retourner vivre avec leurs parents pour plusieurs semaines alors qu’iels avaient quitté la maison familiale depuis longtemps. Un big-bang au pays de la cellule familiale qui a pour effet de fragiliser plus encore certains liens qui ne tenaient déjà qu’à un fil.

On le savait avant, mais entre le savoir et le comprendre il y a une marge = aucune relation quelle qu'elle soit n’est acceptable quand elle se joue au détriment de notre santé mentale (... et/ou physique, s’il y a des abus, mais c’est un autre sujet). Alors évidemment c’est douloureux : un peu comme quand on met fin à une amitié / relation amoureuse à laquelle on tenait beaucoup parce qu’on se rend soudain compte qu’elle nous faisait souffrir.

 

Ce qu’on en retient : comme on vous l’expliquait déjà dans notre article sur la famille aujourd’hui, il est aussi tout à fait possible d’envisager la famille comme une cellule d’amour et de soin qui aille au-delà des liens biologiques ou d’adoption. C’est même définitivement nécessaire quand on a une situation familiale complexe ou violente. On peut choisir ses ami·e·s mais pas sa famille ? Eh ben peut-être que si, et peut-être même que c’est la même chose, finalement.

 

 

#4 Le self-care est définitivement politique

 

Et si on faisait un petit break des autres ? Plus que jamais cette année, on s’est rendues compte que prendre soin de nous = faire (un peu) la révolution. Sous-titre : la relation que l’on entretient avec nous-même a autant voire plus d’importance que celles que l’on entretient avec les autres. Un constat qui s’adresse tout particulièrement aux personnes qui se sont construites socialement en tant que femmes, avec bonus “je prends soin des autres et je penserai à moi en 2061”.

Le souci ? C’est notre santé mentale et physique qui est en jeu. Notre capacité à prendre soin de nous-même, aka la meilleure personne sur qui on puisse compter dans le fond.

 

Ce qu’on en retient : rien de plus rien de moins que la quote de Lauren Bastide dans son livre Présentes : “Revendiquer le self-care, c’est réclamer du temps pour soi là où les femmes sont éduquées à consacrer leur temps aux autres. C’est politique” #micdrop.

 

 

#5 C’est possible d’avoir des relations avec des gens qu’on n’apprécie pas ?

 

Franchement, on trouve qu’on ne se pose pas assez la question. Alors que les gens qui nous saoulent sont partout (coucou le gars qui tousse sur notre joue dans le métro), et que c’est parfaitement normal de ne pas aimer / apprécier toutes les personnes avec qui on interagit au quotidien.

Un hot topic cette année à cause de ce dont on vous parlait plus haut, aka réaliser que la moitié de vos contacts Facebook sont anti-masques c’est impossible de parler politique avec tout le monde (en tous cas, pas tout le temps, et encore moins quand c’est perdu d’avance).

Ce qu’on en retient : que c’est parfois pas la peine de se mettre la tête (et le coeur) à sac pour faire tenir debout des relations qui n’en valent pas la peine. Et ça, ça vaut pour cette pote de votre mère que vous ne pouvez pas saquer, ou encore pour vos beaux-parents s’iels sont réac’ AF. Pour le reste du temps, les collègues relous, les potes de potes insup’, et tout le toutim, vous pouvez toujours lire ce chouette tuto anti-embrouilles réalisé par Wikihow.

 

 

#6 Content·e ou pas de ne plus voir (ou presque) les collègues ?

 

On ne sait pas vous, mais de notre côté, pas tant que ça. Et même si de nombreuses personnes en France seraient prêtes à envisager de télétravailler plus souvent depuis l’expérience (forcée) du confinement, se retrouver à bosser solo sans contacts sociaux 5/7 est une aventure un peu extrême pour certain·e·s.

 

Parce que c’est bien sympa ce confitaf, mais qu’on préférait bosser en construisant des liens chouettes avec nos collègues / camarades de promo, en fait... Pas étonnant dans la mesure où l’on sait qu’encore aujourd’hui la plupart gens “trouvent” l’amour et rencontrent leurs potes à l’école et au travail.

Ce qu’on en retient : qu’une fois de plus, keyword is : équilibre. Which means que OUI, ce serait super chouette à l’avenir de laisser l’option du télétravail ouverte aux personnes qui en feraient la demande, mais que NON, ça ne colle pas forcément avec le fonctionnement de toutes les personnes ou aux besoins de tous les projets. Un bon point pour la route quand même : depuis qu’on voit moins nos collègues, on a l’impression de les voir mieux. De quoi réaliser que certains de ces liens sont de vraies amitiés qui tiennent la route, et qui méritent qu’on en prenne vraiment soin.

 

 

#7 Et sinon, on fait comment pour être amoureux·se en 2020 ?

 

Pour résumer, avoir une relation amoureuse en 2020 = passer sa vie à faire des choix cornéliens ou des acrobaties improbables. “Se confiner ensemble au risque de se détester ou ne plus se voir pendant 2 mois ?”,Ne plus se voir avant 2021 ou se voir de temps en temps mais prendre le risque de se contaminer parce qu’on ne vit pas ensemble ?”, ou encore “Rester solo ou rencontrer sur une appli quelqu’un qu’on ne pourra même pas voir en vrai ?” #cassetête.

Entre les relations qui commencent / celles qui aimeraient bien avoir le temps de commencer / celles qui ont déjà affronté le premier confinement et qui ont un peu peur du deuxième… ça fait un paquet d’enjeux à digérer avant de se mettre à kiffer la vibe. Impossible en 2020 de se dire que l’amour rend aveugle tellement la réalité nous crève les yeux.

 

Ce qu’on en retient : ce qu’il y a de positif là-dedans, c’est que ces séismes ont eu pour effet de nous obliger à réinventer nos relations amoureuses. Adios le FOBO / FOMO : ce climat de type fin du monde nous pousse à faire des mouv’ un peu ouf dans nos relations qu’on n’aurait jamais osé avant. Bref : ça aide à se focus sur l’essentiel.

 

 

#8 De la bande de potes au petit comité choisi ?

 

Remember l’époque où on pouvait faire la fête ? Où on se retrouvait à 6, à 8 ou à 18 en beuglant nos postillons sur du karaoké et en piochant à mains nues dans le même paquet de chips ? On n’vous apprend rien en vous disant que cette année, le mood, c’était pas vraiment ça (duh).

Entre le confinement, la limitation des contacts sociaux et la fermeture des lieux de fête et de culture, nos moments de sociabilisation ont dû se limiter à des rencontres intimes ou en petit comité. Ciao-bye les dynamiques de groupe et bonjour les relations à deux.

 

Ce qu’on en retient : que l’émulsion particulière du collectif nous manque. Que les rencontres à la volée à 2 heures du mat’ nous manquent. Ironie du sort : en 2019, on passait notre temps à annuler nos plans soirées à la dernière minute. En 2020, on se damnerait pour un apéro de 19h à 22h en terrasse. On tâchera de s’en souvenir pour profiter un peu plus de la vie à la fin de la pandémie (hihi).