15-20 ans : Premiers ébats, premiers émois

 

Entre les premières fois miteuses, la timidité ambiante et les forcings en soirées, mes premières expériences n’ont pas toutes été glorieuses. Si aujourd’hui on a enfin compris que ce n’était pas ok de tenter des approches - insistantes - auprès de personnes ivres, avant, c'était différent. Peur de passer pour la coincée en refusant, pour la traînée en acceptant... Évoluer dans la sexualité demandait autant d’agilité que de concessions.

Mes amies casées avaient la chance de s’épanouir plus ou moins, même si la notion de plaisir féminin était souvent réduite à l’éjaculation de leur partenaire masculin. Caricatural ? Même pas. Et encore, je ne vous parle pas de ma rencontre avec une gynécologue à la délicatesse d’une truelle de chantier. Bref, sombre époque.

 

 

20-23 ans : Orgasme, qui êtes-vous !

 

Peu à peu, le monde change et moi aussi. Plus sûre de moi, je sais un peu mieux de quoi j'ai envie et ce que je n’accepterais plus. La recherche de MON plaisir prend le dessus sur la honte. « Bah ouais j’ai un vibro » ose-t-on alors affirmer au cours d'un action / vérité. Même si #MeToo n’a pas encore révolutionné le game, j’assume à ce moment de compter mes partenaires, d’aimer faire des fellations, d’être attirée par une femme, de tester de nouvelles positions. Bref de vivre une sexualité qui touche du doigt l’époque à venir : celle de la libération !

 

 

23-27 ans : Le couple, une norme imposée ?

 

Alors que je vivais pleinement mon célibat et que je n’avais jamais ressenti le besoin de trouver la « moitié » avec laquelle on me tannait : bam, le Big Love. Je passe alors plus de 3 ans à découvrir mon corps, mes kiffs... et mes limites. En effet, cette période m’a demandé beaucoup d'efforts quant à la notion de fidélité.

À la fois satisfaite et curieuse, je balançais entre une soif de désir d’ailleurs et une jalousie inexpliquée. La notion de couple m’a retournée la tête. Cette pression de l'union parfaite vendue par la société provoquait en moi une vraie souffrance. Moi qui me rêvait autonome et émancipée, j’étais oppressée. Et si le modèle classique n’était tout simplement pas le mien ?

 

 

27-30 ans : Expérimentations, découverte et #clitrevolution

 

Ça y est, le monde a changé ! Asexualité, polyamour, célibat assumé : une nouvelle ère a bouleversé les diktats, et propose désormais de nouveaux modèles. Aujourd’hui, on peut être fière d’aimer le sexe sans se faire traiter de pute, on voit des campagnes d’affichage qui expliquent le NON, on peut jouir librement et revendiquer son plaisir. MERCI ! Même si avec la trentaine, la team des « horloges qui tournent » s’incruste dans mes apéros... j’en rigole fort ! Mon credo ? Le feeling. Y aller à mon rythme. Continuer d’apprendre, d’expérimenter et de kiffer. Amen !


Camille Laurens