On vous explique pourquoi il ne faut pas chercher l'amour
Enfin, pourquoi vous n'êtes pas obligée
De la figure emblématique de Bridget Jones - déprime intergalactique, pots de glace et objectif mariage - à celles de la plupart des personnages féminins littéraires ou cinématographiques, une question assez délicate se pose : combien de temps encore l’image de la meuf solo en grosse déprime va-t-elle hanter nos vies amoureuses soi-disant décomplexées ? On vous explique en speed, pourquoi c’est cool de dire un bon merde au couple.
Les pionnières des célibataires
Le pitch : Pendant longtemps, le célibat était une vocation généralement religieuse. Pour la faire courte, le mariage était la seule et unique raison socialement acceptable d’avoir une vie sexuelle. Seules deux voies (royales) pour les célibataires donc : se faire nonne, ou travailleuse du sexe. Ô. Joie.
Après quoi ? L’évolution des moeurs et le combat des femmes pour leurs droits - notamment à l’indépendance et à l’émancipation des tutelles masculines (père, mari) - permet finalement d’engager une nouvelle dynamique : la célibataire devient représentative des nouveaux possibles sociaux. À la fois idéalisée (LA femme libre et moderne), et diabolisée (c’est cool quand elle est jeune, mais après ?)
Le mythe de la solitude bien dégueu
Le pitch : Quelque chose de bancal dans l’imaginaire collectif veut nous faire penser, (comme Bridget), qu’être célibataire reviendrait à crever solo avec un chat obèse pour seule compagnie. Ce type d'histoire, anecdotiques (qu’on retrouve aussi pas mal dans Sex and the City) raconte cette angoisse du célibat comme mort de la vie sociale. Pas casée, pas contente. Et un peu exclue, quand même, sur le long terme.
Alors quoi ? On n’a jamais pondu autant de comédies romantiques et autres délires télévisuels sur le sujet que ces vingt dernières années. Bizarrement, la figure de la célibataire épanouie telle qu’on peut la retrouver chez Samantha Jones, se trouve généralement effacée face à celle de la célib’ désabusée et au bord du suicide. Et l’objectif général de la single person, reste de rencontrer l’être aimé, à tout prix. D’ailleurs, la happy ending la plus courue à Hollywood, reste encore et toujours le mariage. Dommage.
Le culte de l’attente
Le pitch : Comme vous (sans doute), on a bien tâté du Disney quand on était gosses. Le hic ? Les figures de princesses lambda dont la posture classique consiste à attendre éternellement l’amour. C’est emmerdant, dans la mesure où se caser se dessine clairement comme la seule possibilité d’accomplissement et de réalisation. En tant qu’individue femme, ça va sans dire.
Et donc ? Alors que plus de 40% des personnes en France seraient célibataires, l’injonction à l’accomplissement personnel par le couple n’a pour autant pas perdu de son ampleur. On peut reconnaître le célibat - des femmes tout particulièrement - jusqu’à un certain point. Et à un moment donné on nous dit : “ au fait, tes amours ?”, et on se sent mal - à tort.
T’as quelqu’un en ce moment ?
Le pitch : On sait bien que ce n’est pas pour nous emmerder. D’autant qu’on comprend bien aussi que ces questions-type du dîner de famille malaisant, ne tiennent quasiment qu’aux constructions sociales qui les engendrent. Suffit d’allumer la télé pour qu’apprendre qu’être en couple permet même de faire vendre du dentifrice ou des séjours en camping cheap. C’est dire à quel point ça fait rêver tout le monde.
Alors quoi ? Entre promesses de bonheur éternel, parents et grand-parents extatiques, projet d’un buffet froid-chaud et de “la robe de votre vie”, on ne sait plus trop comment dire que ce schéma pourrait ne pas nous ressembler. Qu’on a pas trop envie de cesser d’être parfaitement indépendant, ou de se faire passer la bague au doigt pour l’équivalent d’une somme qui nous permettrait de faire trois fois le tour du monde en sac-à-dos.







