Faut-il vraiment tout dire à ses ami·es ou ses amours ?
White lies vie
Paraît-il qu’il faudrait idéalement “dire la vérité quoiqu’il” et que “le mensonge serait un vilain défaut”. Ouais mais bon… Peut-être que non ? Allez, suivez-nous, on vous file dans cet article de quoi repenser (rien qu’un peu) les pressions qu’on se met bien trop souvent dans nos relations amicales et amoureuses à ne rien cacher à l’autre. Vous avez demandé le service déculpabilisation ? Ne quittez pas, nous allons donner suite à votre appel.
Le concept de "l’honnêteté radicale"
Pour tout vous avouer, en se plongeant dans ce sujet de type épineux, on a commencé à se sentir en mode “wow, va falloir repasser sur ses cours de philo” (#vousavezquatreheures). Et devinez quoi ? On y a trouvé un concept qui pourrait bien vous aider à débattre avec vous-même, vos potes ou votre / vos partenaire·s sur ce que l’honnêteté veut dire, aka l’honnêteté radicale.
Ce que c’est ? Pour le dire grosso modo, c’est une pratique ou manière de penser son rapport aux autres, qui implique de chercher à être toujours et totalement honnête. C’est le Docteur Brad Blanton, auteur et psychothérapeute, qui a formulé cette théorie au XXème siècle - renforçant au passage l’idée bien connue en philosophie ou dans la religion (coucou la Bible et autres textes sacrés), selon laquelle il serait souhaitable d’éviter ce que l’on appelle communément le mensonge (#pasbien).
Even worse : selon ce praticien et théoricien (zélé AF du pas-mentir), le mensonge serait “la principale source de stress pour l’humain moderne, tant pour la personne qui en est l'auteur que pour la personne qui reçoit le mensonge ou le non-dit.”
Il serait donc, selon cette théorie / pratique, beaucoup plus valorisable et confortable de dire la vérité en toutes circonstances, une fois passée la sensation de peur et de vulnérabilité qui sont associées au fait de balancer une info qu’on préférerait peut-être garder pour nous-mêmes. On libère ainsi le stress associé au fait de “cacher quelque chose” à quelqu’un·e qui compte (ou pas d’ailleurs).
Bref et pour le dire autrement : le fait de parler cash aux gens, y compris sur des sujets blessants ou tabous, permettrait à nos relations d’être plus épanouissantes et profondes.
L’honnêteté oui mais à tout prix ?
Maintenant qu’on a dit tout ça, tâchons de regarder de plus près ce que cette espèce de quête de transparence absolue implique - genre, pour de vrai (et aussi de critiquer un peu le bail, parce que bon).
Ce que l’on pourrait reprocher à cette manière d’aborder les relations humaines (en mode : tout se dire à tout prix parce que c’est pour le mieux) ? Peut-être bien de s’aveugler sur ce que sont les réalités de nos liens et de ce qu’ils impliquent - à savoir, potentiellement, la nécessité pour chacun·e de se créer une espèce de “jardin secret”.
Ce que l’on veut dire par là ? Que nous avons peut-être bien besoin d’un espace vital et mental perso - à l’abri de ce que serait une forme d’obligation de “rendre des comptes” ou de “devoir la vérité” à celleux avec qui nous relationnons. Which means que, par exemple, si vous rêvez que vous baisez avec votre boss (ou toute autre personne sur laquelle vous pourriez crusher), vous n’avez a priori en aucun cas une forme “d’obligation morale” de le dire à votre / vos partenaire·s. Ou même à vos potes si vous n’en avez pas envie.
Donc ok : l’honnêteté et la transparence semblent de prime abord être nécessaires pour donner vie à des relations saines. Plus encore dans le sens où le “tout se dire” pourrait nous permettre de nous montrer tel que nous sommes - et ainsi de faire de la place à nos envies / besoins / sentiments / expériences en les rendant lisibles pour l’autre. MAIS autant vous dire qu’en notre qualité de team-relou-contestataire, on vous rappelle que ce n’est peut-être pas aussi simple que ça.
Tout dire ou tout montrer ? Hello les réseaux sociaux
Si le fait de grandir dans un monde sponsorisé par Insta nous pousse à cultiver une espèce de philosophie du “tout montrer” façon “tout le monde sait où je suis et avec qui et quand comment” ? On ne va pas se mentir : un peu, ouais.
Et autant vous dire que cette logique du “partage” constant et instantané de contenus sur les réseaux sociaux complique un peu (beaucoup) la donne et la manière dont nous nous permettons (ou pas) de penser et d’imaginer un espace qui n’appartiendrait qu’à nous-même. Genre quand vous renoncez à poster une story sur votre soirée pour éviter de vexer ce·tte pote que vous aviez ghosté·e un vendredi soir (TMTC).
Si ce genre de décision que l’on pourrait appeler un “white lie” (ou une grosse feinte) fait pour autant de vous une personne pas honnête ? À notre avis, non.
Définir l’honnêteté à son échelle
Pour affronter cette question avec créativité, on a (une fois de plus) ouvert notre bible spéciale relations du turfu : La Salope Éthique. Les autrices états-uniennes Donnie Easton et Janet Hardy y avancent l’idée selon laquelle nous devrions pouvoir définir ce qu’est la fidélité dans chaque relation et ne pas nous contenter du “être fidèle = baiser avec une seule personne” (sauf si c’est ce que vous voulez of course).
Le rapport avec l’honnêteté ? Eh bien, il s’agit peut-être de dire que la manière dont nous communiquons (appelez ça honnêteté ou pas) devrait être modulable et ajustable selon les paramètres / envies / possibilités / spécificités de chaque relation… En d’autres termes, si chaque couple devrait pouvoir définir ce qu’il considère comme étant la fidélité, nous devrions pouvoir en faire de même concernant ce que l’honnêteté veut dire pour nous.
Si tout ça est blurry et demande un travail perpétuel d’ajustement et de discussion constante dans le cadre de nos relations ? Clairement. Si ça vaut la peine d'essayer au maximum d'être honnête avec soi-même et les autres sur ce que sont nos besoins et nos envies ? Clairement aussi. <3







