Tout ce qu’on a appris sur le couple en matant Love is Blind
Netflix and Learn
Is love, really blind? Welcome to the téléréalité the plus addictive of Netflix ! Le pitch : des personnes en recherche d’une relation (très) sérieuse font du speed dating... sans jamais se voir. L’objectif : tomber amoureux·se d'une personnalité, et faire déboucher la rencontre sur une demande en mariage. Les fiancé·e·s se découvrent ensuite physiquement, et se dirigent main dans la main jusqu’à l’autel (après une pré-lune de miel et avoir emménagé ensemble, ça vaaa). Ça pourrait ressembler à un mix complètement débile de L’amour est aveugle et Mariés au premier regard, sauf que c’est en fait un cours accéléré sur la construction des relations amoureuses (et qu’on ne vous donne pas un épisode pour en devenir accro). Cet article contient forcément des spoilers, donc soyez bien sûre d’avoir tout maté avant de lire ce qui suit ;)
Ne pas toujours remettre en question ce qui nous pose problème
Comment parler de Love is blind sans parler de Jessica et de toutes ses leçons. Outre le fait que les chiens peuvent aimer le vin rouge (please call social services) et qu’on ne dit pas à son fiancé qu’on trouve le mec d’à côté franchement plus bandant (bah nan Jessica), elle nous aura appris un truc hyper important. Qu’on ne devrait pas avoir à se battre contre nous-même quand un élément nous dérange dans une relation.
Exemple ici : Jessica répète en continue que sa différence d’âge avec Mark (elle a 10 ans de plus) est un problème pour elle. Mark, évidemment, lui répète que ce sont les diktats de la société qui lui font dire ça. Ce à quoi on pourrait répondre : sûrement Mark, mais est-ce que ça efface le mal-être de Jessica pour autant ? Nop. On ne peut pas annuler un argument sous prétexte qu’il est inconsciemment imposé par les biais de la société.
Ce n’est pas parce qu’on rejette les préjugés qu’on doit rejeter les émotions et ressentis des personnes qui les subissent. Ce qu’elles ressentent n’est pas moins légitime. Elles sont d’ailleurs sûrement parfaitement conscientes que ce qui les tracasse est basé sur des normes sociales sans fondement, et s’efforcent peut-être au quotidien de les remettre en question.
Mais si le fait d’entamer une relation avec une personne qui, par exemple, n’a pas du tout le même niveau de vie que vous, ou un physique qui ne vous attire pas malgré une connexion émotionnelle, vous pose problème : ne vous flagellez pas. Vous n’avez rien à prouver, et vos préférences, envies et choix seront légitimes.
Donner les vraies raisons d’une rupture
Hop hop hop, on en n'a pas fini avec Jessica. Si l’histoire de la différence d’âge nous a aidé à parler d’un sujet important juste au-dessus, il est clair dans l’histoire que ce n’est pas vraiment ce qui la dérange le plus dans sa relation avec Mark. Jessica le choisit pas défaut, et s’efforce de créer une attirance qui n’existe pas. Elle lutte tellement pour se mentir à elle-même sur cette relation qu’on perd vite le compte du nombre de bouteille de vin sifflées au fil de l’émission…
Ce que ça nous apprend, c’est que quand une relation ne nous convient pas ou plus, il ne faut pas chercher des arguments “acceptables” pour justifier ce qu’on ressent, mais accepter et partager la vérité. C’est une question d’absence d’attirance physique ? Dites-le honnêtement et poliment. Encore une fois, tout motif de rupture est légitime, notamment quand c’est la vérité.
Et la personne en face mérite de connaître cette vérité. Sinon, elle risque de se remettre en question et de modifier ses rapports aux autres sur la base d’un truc qui n’existe pas.
Mark n’osera peut-être plus jamais entamer une relation avec une femme plus âgée. Alors que si c’est juste une histoire de compatibilité hormonale (“tu ne m’attires pas”), c’est la faute de personne, et il peut se relancer gaiement dans le bain.
Faire la différence entre se mettre en valeur et mentir par omission
Un autre couple a pas mal fait parler sur les réseaux aussi : Diamond et Carlton. Gros gros fiasco de l’émission, il nous ont pourtant appris un truc. Carlton est bisexuel, et ne l’annonce à Diamond qu’une fois qu’iels se sont fiancé·e·s. En soi, ça ne devrait évidemment pas être un problème, sauf que pour se faire bien voir et être sûr d’avoir une chance de séduire Diamond, Carlton en fait un secret, et donc un mensonge par omission.
Evidemment, on peut tout à fait le comprendre, car les personnes non-hétéro sont encore victimes de discriminations et préjugés. Mais mieux vaut parler de son orientation sexuelle dès les premiers échanges, et si ça dérange votre date, tant pis pour elle ou lui.
Et ça vaut pour tous les gros sujets. Évidemment, pas la peine de confesser direct qu’on est bordélique ou qu’on a une petite addiction à la téléréalité (quoi ?). Mais si vous sentez que vous cachez quelque chose, c’est qu’il faut en parler. Si vous êtes dans une relation libre, ou que vous partez bientôt vivre à l’étranger par exemple. Honesty first. Parce que ce qui aura le plus blessé Diamond finalement, c’est le mensonge de Carlton, pas sa bisexualité.
Arrêter de voir dans le mariage le remède ultime
Pour revenir à Jessica (promis après on n’en parle plus), on a la forte impression que si elle se force à ce point à aimer Mark, c’est parce qu’elle est désespérée de trouver un mari…
En terme de pression sociale, le combo mariage/enfant qui pèse sur les femmes est peut-être un des plus lourds. On nous répète tellement que la vie c’est une maison avec jardin pour le chien, 2,5 enfants et un mari qui rentre le soir après le travail, ou AU MOINS d’être en couple, qu’on finit malheureusement par la croire. Et par croire que ce qui nous manque, c’est ça, que si on n’est pas heureuse, c’est parce qu’on n’a pas ça.
Et puis on prend peur de “finir notre vie toute seule”. Sauf que ça veut dire quoi “toute seule” ? Est-ce qu’on est “toute seule” même entourée par une famille aimante ? Est-ce qu’on est “toute seule” quand on fait partie d’une bande de potes incroyables ? Ou qu’on partage des projets excitants avec des collègues ? Ou qu’on rencontre des personnes hyper intéressantes en partant en voyage solo ? En tant qu’animal social, l’être humain a toujours eu peur d’être seul. Mais il y a plein de façons de ne pas l’être autrement qu’en se mariant.
Arrêtez de chercher dans l’autre ce qui manque à votre vie. N’attendez pas d’être en couple pour faire des choses. Vous êtes capable de petits et grands projets seule, surtout quand vous vous rendrez compte que vous ne l’êtes jamais vraiment.
Au passage, on vous glisse cet article qui explique, aussi à partir de Love is blind, pourquoi le mariage comme remède ultime perpétue un culture hétéronormée triste et bancale.
Ne pas comparer son couple aux autres
Dernière enseignement qu’on vous partage. On a toutes et tous tendance à comparer le nombre de mots doux ou de rapports sexuels par rapport à nos potes, à comparer le nombre de mois/années passées en couple, ou même les démonstrations d’amour et d’affection : “Il t’emmène à Juan-les-Pins pour vos 1 an ? Et ben moi la semaine dernière il m’a invitée au resto par voie postale” (personne).
Dans Love is blind, puisque les participant·e·s vivent en plus la même expérience, ces comparaisons sont constantes et exacerbées. Sauf que : même dans des conditions identiques, chaque personne a son propre rythme. Et surtout : vous ne voyez que ce que les gens veulent bien vous montrer.
Barnett et Amber s’affichent peut-être hyper intimes, mais dans un épisode on entend Amber expliquer à Barnett que le plus important pour elle est de toujours s’afficher comme un front uni, en ne laissant jamais paraître les problèmes aux personnes extérieures. On ne peut donc pas savoir ce qu’il se passe hors caméra. Pareil pour tous les #CoupleGoal sur Instagram. Une seule photo ne sera jamais représentative du quotidien d’un couple. Ça reste une mise en scène.
Mettez plutôt votre couple en parallèle avec vos émotions, vos désirs, vos envies, vos projets, pour voir s’il vous correspond à vous, et non aux clichés du couple parfait (beurk).







