Comment (bien) accueillir la transidentité au travail ?
Petit guide safe pour managers et collègues
« C’est fou, j’aurais jamais deviné » ; « Tu t’appelais comment, avant ? » ; « Je peux toucher tes cheveux ? »… Dans le monde travail, la transidentité n’est pas toujours un sujet bien maîtrisé. Résultat : être trans au bureau, c’est savoir jongler avec les questions et les regards des collègues cis. Vous ne pensez pas à mal. Mais chaque remarque est un point de vie en moins sur la jauge de disponibilité émotionnelle de la personne concernée… Jusqu’à ce qu’elle ait juste envie de foutre le feu à tout l’open space. Et si on délestait un peu de cette responsabilité sur nos épaules ? On vous explique tout en 4 tips.
Fermez cette bouche, vous allez gober une mouche
À la révélation, ne sur-réagissez pas comme si vous aviez appris un gossip juteux. La neutralité et la bienveillance seront de mises. Vous êtes visiblement une personne de confiance, c’est bien. Mais « être dans la confidence » ne signifie pas « être légitime de poser 1000 questions gênantes à la suite ». Acquiescez, remerciez et huggez fort. Enfin, attendez que la personne se révèle aux collègues. Ce n’est pas à vous de mettre le sujet sur la table.
Collègues : oubliez le deadname, vous dormirez mieux
On ne vous apprend rien : mégenrer (ie attribuer, volontairement ou non, un genre dans lequel la personne ne se reconnaît pas) est vraiment désagréable pour la personne concernée. Un oubli ou une maladresse peut arriver. Mais on ne demande pas le deadname (le prénom donné par les parents à la naissance). Appelez-la par le genre et le prénom avec lesquels elle s’est présentée. Vous ne saurez jamais le prénom qui a été donné à la naissance. Get over it !
Managers : ne soyez pas aussi curieux·ses qu’un spéculum
Comme tout employé, les employé·es trans ont droit au respect de leur vie privée. On fait comme avec le deadname : oubliez les questions sur la chirurgie. Toute autre question d’ordre médical n’a de toute façon pas a être abordé au travail. De manière générale, votre position hiérarchique va influer sur le bien être de l’employé·e et de l’entreprise. Si vous êtes un soutien, le reste de l’équipe le sera. Si la personne subit une agression, sortez les griffes.
RH : we weed you !
Sortez les pots de peintures et les marteaux. Il va falloir mettre en place quelques aménagements dans les bureaux. Une fois que les plannings et l’adresse mail sont modifiés, préférez plutôt des « Toilettes assises » et « Toilettes debout ». Ou juste des portes de toilettes et vestiaires avec rien écrit dessus, c’est tout aussi cool. Et pour finir, s’il y a un uniforme, laissez la personne choisir le vêtement qui correspond à son expression de genre.
Sources :
- Fondation emergence / atq, aide aux trans du québec
- Site internet de l’association transwelcome.ch
- Enquêtes effectuées par Transfender Network Switzerland en 2014 et 2017 sur la situation professionnelle des personnes trans en Suisse et sur le coming-out au travail
Cécile Giraud







