Les conseils de Marie Dasylva pour survivre en entreprise en tant que femme racisée
Gang de pépites
Marie Dasylva, c’est la petite voix qui vous donne la force et le courage d’affronter des situations difficiles au travail, les attitudes racistes, les commentaires sexistes, avec la best répartie ever. Après avoir nagé avec les requins, été jetée avec l’eau du bain #licenciement et fait une dépression, Marie se relève avec un carnet dans une main, et une idée derrière la tête : noter chaque phrase et évènement raciste qu’elle a reçues et vécus, pour les transformer en enseignements à filer à des personnes qui, comme elle avant, subissent de plein fouet ou sournoisement des (doubles) discriminations au travail. Le projet se concrétise avec Nkali Works, un service de coaching personnalisé épaulé par des avocat·e·s et des psy pour apprendre à ses pépites (clientes) à rembarrer les Jean-Michel et Pimpy comme Marie les appelle, aka les fonds de tiroirs du sexisme et du white feminism. Pour vous montrer l’étendu de son savoir #idole, on vous partage ici 5 de ses conseils. Et si vous en voulez plus, rendez-vous ici.
Comptabiliser ses réussites
Pour que la vérité du dominant ne devienne pas votre vérité. Que ce soit vos contrats ou procès remportés, vos chiffres à la fin du mois, l’audience de vos productions, le succès de vos élèves, les avis positifs des client·e·s, votre efficacité ; mais aussi vos années d’expérience, le nombre de postes qui vous ont été proposés, voire jusqu’à vos succès perso (une compét sportive, l’écriture d’une nouvelle, votre inscription à un cours d’impro…)... Tout ça a de la valeur, ne laissez personne vous dire le contraire, surtout au moment de négocier votre salaire.
📸 Gabby K
Contre-attaquer par des questions
Les attaques professionnelles racistes/sexistes (donc sans fondement) sont souvent extrêmement floues (puisque sans fondement). Pour les démonter, il suffit de mettre votre interlocuteur·rice en face de son manque d’argument en lui demandant de préciser chaque élément. Qui, quand, quoi, où, comment, quelles sont les preuves, où sont les témoins, avez-vous des chiffres ?
Si on vous retire un dossier parce que “certaines personnes ne souhaitent pas collaborer avec vous”, demandez "Étonnant, on ne m’a jamais rapporté aucun problème, est-ce que ces personnes vous ont expliqué pourquoi ? Que je sache comment m’améliorer”. On vous répond “Rien de précis, on ne m’a pas dit”, répondez “Alors si ce n’est pas en relation avec mes compétences, pourquoi je ne pourrais pas traiter ce dossier ?”. Si ça part sur un “Apparament vous ne respectez pas vos délais”, contre-attaquez : “Sur quels dossiers je n’ai pas respecté mes délais ?”, etc etc etc. Et plus la partie adverse balbutie, plus votre voix se fait douce et votre sourire grand, ultra déstabilisant ;).
Appliquer la règle des 300 secondes
300 secondes c’est 5 minutes, et c’est le max du temps que vous devez accorder aux micro-agressions racistes/sexistes. “En tant que dominé·E, on subit l’injonction à la pédagogie, ça revient ni plus ni moins à expliquer que vous êtes un être humain”. Quand vous expliquez à une personne pourquoi ce n’est pas ok de toucher vos cheveux, ça revient à chercher sa validation (“Tu comprends le problème ? Tu acceptes de ne plus le refaire ?”), et donc à lui donner du pouvoir. “L’enjeu n’est pas d’expliquer mais de se faire respecter : au lieu de faire un Powerpoint sur « Pourquoi tu as été raciste », juste « Ne recommence plus jamais ça, par contre », ça suffit.” Ce que vous méritez > ce qu’iels méritent.
La jouer Naomie Campbell
La société tente constamment d’invisibiliser les femmes racisées #doubleinvisibilisation. L’entreprise étant un société dans la société, same shit. Plutôt que de partir sur la stratégie du “tant mieux : moins je suis visible, moins je me ferai harceler” (faux), Marie Dasylva conseille l’inverse total : comme Naomie Campbell qui s’est ramenée en robe Dolce & Gabbana pour effectuer ses travaux d’intérêt général dans un service de nettoyage, sortez la tenue de guerrière et gardez la tête haute, très haute.
On veut vous faire taire ? Prenez la parole. On vous critique en salle de pause ? Ne vous terrez pas dans votre bureau, allez-y frontal : “Vous trouvez pas ça dommage les gens qui ont une vie si transparente qu’ils préfèrent spéculer sur celle des autres ?”. Bombe lâchée, grand sourire et on repart tranquille avec son café.
Ne pas faire dans la restologie
Restologie = rester pour rester. Sans perspective d’amélioration, d’évolution, d’augmentation et en dette sur votre santé mentale. Juste parce que c’est valorisé dans le monde du travail, et qu’on se dit souvent “J’ai tenu jusqu’ici, je vais pas abandonner maintenant”. Mauvais calcul tout ça.
Ce que Marie vous conseille plutôt : si vous vous sentez mal dans votre taff, développez vos horizons en actualisant votre CV, en posant un congé maladie pour respirer et prendre du recul, en consultant des offres d’emploi, en faisant une liste des boîtes dans lesquelles vous avez envie de travailler ou des reconversions qui vous branchent, sans limite de “possible ou pas”. Vous n’êtes pas coincée. Vous avez le droit de partir, ce n’est pas un abandon, c’est parfois la meilleure décision de votre vie.
Si vous avez besoin d'aide, n'hésitez pas à contacter Marie ici ✊🏾







