3 leçons de vie chopées dans la 2e saison d’Only Murders in The Building
Encore mieux qu’un podcast
Pour les néophytes, Only Murders in The Building est une série Disney+ qui raconte les déboires de Mabel (Selena Gomez) et ses voisins Charles et Oliver dans une résidence de standing new-yorkaise. Quand un de leurs voisins décède dans des circonstances particulièrement horribles et que la cause du suicide est mise en avant, le trio pense direct à un meurtre et se met en quête de la vérité... en enregistrant un podcast pour faire part de ses avancées. Mêlant les secrets de voisinage, l’attrait pour les grandes affaires criminelles et la trend des podcasts, la série est à la fois cocasse, très esthétique (coucou la déco des apparts et les tenues de Mabel) et chargée de suspens. On a maté en avant-première la saison 2 qui est dès maintenant disponible sur la plateforme : les personnages ont quelques leçons de vie à nous filer.
La leçon de Bunny : Faites toujours en sorte d’aimer plusieurs choses
Dans l’épisode 3 de la saison 2, on part 24h en excursion dans la vie de Bunny Folger, la présidente du syndicat de l’immeuble - et une vraie peau de vache comme on les aime. Si le personnage ne s’adresse pas autrement à ses voisin·es, collègues, et même à ses amies, qu’avec un langage fleuri, on se rend compte que c’est une grande généreuse cachée, en cash comme en conseils.
Alors qu’elle s'apprête à démissionner de son poste pour laisser la place à la nouvelle génération, elle se rend compte que gérer cet immeuble - construit par son aïeul - est en fait toute sa vie. Au moment de tipser trèèèès généreusement le serveur du diner dans lequel elle a ses habitudes depuis des décennies - apparemment intéressé par une carrière de DJ - elle lui dit : « Promets-moi une chose Ivan : ne t’autorises pas à aimer une seule chose. Car si tu n’aimes qu’une seule chose et que cette chose disparaît… Tu te retrouves sans rien, et ça craint ».
Sans penser polyamour right away bande de filous, ça nous a fait réfléchir à nos passions. On nous incite souvent à se concentrer sur une seule activité dans laquelle on est doué·e, un art, un sport, une compétence pro, un rôle. Sauf que si cette activité unique ne nous est plus accessible, le deuil peut-être plus difficile. On pense par exemple aux sportif·ves qui risquent la blessure, aux parents au foyer dont les enfants partent vivre ailleurs, ou aux carriéristes qui partent à la retraite.
Ne laissez pas une seule passion - ou d’ailleurs une seule relation - vous définir entièrement. Vous n’êtes pas qu’un·e sportif·ve, un parent ou la meuf de. Vive les daronnes qui se lancent dans la pole dance et lisent tous les Eric-Emmanuel Schmitt, les athlètes fan de broderie et de barbuc végé avec les potes, et les profs de maths qui écrivent un roman et vont surfer tous les dimanches. Pas besoin d’être bon partout, juste de s’intéresser à d’autres horizons.
La leçon d’Oliver : N’acceptez pas quelque chose qui vous met mal à l’aise par politesse
Le moment est cocasse : dans l’épisode 4, Oliver demande à la personne dans l'ascenseur de lui retenir les portes pour qu’il puisse monter, sauf que la personne à l’intérieur… n’est pas DU TOUT quelqu’un qu’Oliver avait envie de croiser. Quand il s’en rend compte, il fait marche arrière et indique qu’il prendra le prochain. Cette fameuse personne insiste alors pour qu’il monte avec elle, et Oliver cède par politesse. Ce qui mène, bien évidemment, à un moment ultra malaisant - voire inquiétant - pour le personnage.
C’est quelque chose qui nous arrive assez souvent, am I right ? Parce qu’on nous a appris depuis toujours qu’il fallait être poli·e, on se force parfois à vivre des situations qui nous sont inconfortables, voire à ne plus faire la différence entre compromis et violation de notre consentement. Dans la scène, Oliver se soumet après un « J’insiste ! » du personnage dans l’ascenseur. Que répondre à ça ? Et bien qu’en 2022, insister après un « Non » est très, TRÈS problématique.
Dans tous les cas, il y a pléthore de moyens et façons de dire non sans être impoli·e. Le non n’est pas un manque de politesse, c’est l’expression de votre volonté, et elle doit être respectée. Yes, même si c’est votre grande-tante qui insiste lourdement pour que vous goutiez son lapin aux olives. « Non merci Tati, ça en fera plus pour les autres ».
La leçon de Mabel : C’est ok d’être ennuyeux·se
Pour notre plus grand plaisir de spectateurices certes, mais clairement pas pour le sien, il faut dire que la vie du personnage joué par Selena Gomez est assez mouvementée. Dans l’épisode qui ouvre la saison 2, ses deux voisins, Charles et Oliver, se mettent en tête de créer une saison 2 du podcast en se concentrant sur un nouveau meurtre. Sauf que le premier leur a attiré quelques ennuis… Et Mabel aimerait retrouver un semblant de sérénité. Elle les stoppe dans leur élan et leur dit « On devrait s’autoriser à redevenir un peu ennuyeux·ses ». Comment vous dire que ça a clairement fait écho à la vie qu’on se sent obligé·es de mener à cause des réseaux sociaux.
Parfois, une vie trépidante aux yeux des autres peut être épuisante pour celui ou celle qui la mène. Toujours sortir dans les soirées du moment, partir aux quatre coins du monde, sauter en parachute, monter une entreprise, (lancer un podcast ?)... Et puis si on se sent forcé·es de paraître intéressant·e, où est notre kiff perso là-dedans ? Se caler dans son canap’ pour binger une série (comme Only Murders In The Building, au hasard), ou cuisiner tranquillou une tarte aux pommes (sans en faire une recette Tiktok !), c’est hyper agréable aussi. Il faut apprendre à faire des choses pour soi, aussi ennuyeuses soient-elles aux yeux des autres.
Only Murders In the Building, tous les épisodes des saisons 1 et 2 disponibles sur Disney+.







