Super Slut à la rescousse

 

Libérer la parole sur le travail du sexe en France ? On l’accepte à peine (et difficilement). Bien sûr, il y a eu des temps forts, dans le bon et dans le mauvais sens : du King Kong Théorie de Virginie Despentes (et son récit de ses années de prostitution) aux lois ayant vulnérabilisé les travailleur·euses du sexe les plus précaires (de la pénalisation du “racolage passif” en 2003, à celles des clients depuis 2016).

Pour se payer une vraie satire utopisto-féministe sur le sujet, on a ouvert le génial roman graphique de Ophelia L. et Emy Phoenix : Super Slut. Le premier tome (auto-édité ET traduit en français, la chance) raconte l’histoire de Nina Jones et de son arrivée sur Terre. Elle débarque tout droit de sa planète de travailleur·ses du sexe - où sont prônées des valeurs de bienveillance, de consentement, et de liberté sexuelle.

 

Choquée par les conditions du travail du sexe sur Terre, elle part en mission avec deux ami·es pour changer le monde, en mode cape, super-pouvoirs et strip-club. Awe-fckn-some.

 

Super Slut, Tome 1 : Les Pieds sur Terre, de Ophelia L. et Emy Phoenix, auto-édité en toute indépendance et à trouver sur Amazon (seulement, malheureusement) juste ici.

Bonus : pour scroller conscient sur le sujet, n’hésitez pas à vous abonner à la page Insta @tapotepute.

 

 

Petit manuel de survie pour tous·tes les freaks

 

Ce livre, c’est peut-être l’un des PLUS bizarres qu’on ait pu nous offrir. Pour son titre déjà : Hello, Monde Cruel (101 alternatives au suicide). Et c’est vrai qu’on pourrait se demander ce que nos proches pensent de nous quand on reçoit un tel cadeau (des problèmes ? qui ?) mais une fois qu’on a ouvert ce bouquin on comprend. Que c’est le cri du coeur d’une freak à tous les freaks du monde. Un vrai anti-mode d’emploi pour survivre en société quand on ne correspond pas aux normes (de genre).

L’autrice, Kate Bornstein, est d’ailleurs une meuf trans. Elle offre dans ce livre ses meilleurs tips (des plus chelous aux moins orthodoxes) pour survivre dans ce monde cruel. Parce qu’admettre que c’est (très très) dur de ne pas épouser une norme qui vous rappelle constamment à elle, c’est un premier pas.

 

Et qu’un vrai guide de survie pratique et intersectionnel pour affronter ces coups-durs, eh bien… on n’en connaît pas d’autre.

 

Hello, Monde Cruel, de Kate Bornstein, préface de Paul B. Preciado (!), aux éditions Diable Vauvert, à découvrir d’urgence par ici.

 

 

Une série pour discuter grossophobie et self-love

 

Remballez l’écran d’accueil Netflix et visez un peu l’une des dernières séries mises en ligne sur Canal : Shrill. Adaptée du roman de Lindy West : Shrill, Notes from a Loud Woman - cette série fait encore mieux que de pointer du doigt nos sociétés grossophobes. Elle offre, à travers le personnage d’Annie (brillamment interprété par Aidy Bryant) un manuel super empouvoirant pour déconstruire les stéréotypes. Et tout particulièrement ceux que l’on a intégré au fond de soi si profondément - ceux qui font qu’on peut-être “sa pire ennemie”, même quand on est résolument féministe.

Bref : Annie est géniale parce qu’elle ne tente pas de trouver sa place; elle la PREND. Elle est loud and proud, comme on dit, et ça fait un bien fou. À tous nos corps qui méritent de prendre la place… QU’ILS MÉRITENT.

 

Shrill, une série de Jesse Peretz, la saison 1 à découvrir sur Canal + (la saison 2 arrive bientôt !) par ici.