Boston, 1967

 

Comme chaque année, la grande ville américaine organise son marathon. Et comme chaque année, les femmes n’ont pas le droit de participer. Motif ? Leur condition physique, qu’on considère encore comme “trop fragile”. Bah oui. Parce que les clichés ont la vie dure et que la place qu’on réserve au beau sexe / sexe faible (rayez les deux mentions inutiles) est plus à la maison ou sur la couv’ d’un magazine que dans une compétition.


Changer les règles du jeu

 

Des femmes pour contourner les interdictions, il y en a toujours eu. Kathrine Switzer, jeune journaliste pleine d’idées pour le monde de demain, en fait partie. Déjà en tant que journaliste, elle utilisait des initiales pour signer ses papiers : à l’image de Georges Sand, elle échappe aux polémiques en se faisant passer pour un mec quand elle publie ses textes. Elle utilise donc le même procédé pour s’inscrire au marathon. Sur la ligne de départ, cheveux longs, féminité assumée, elle détonne. Au point que tout au long de la course, les hommes la poussent pour l’éjecter de la partie. Y compris l’organisateur du marathon.


Changer le monde

 

Parce qu’elle persiste et finit la course, Kathrine Switzer devient un véritable symbole : un étendard de la liberté des femmes, du renouveau de leur image sociétale, bien au-delà des rôles qu’on leur réservait jusqu’alors. Son visage, en une des magazines dès le lendemain, devient un symbole de lutte pour la place des femmes dans le sport. La preuve irréfutable que se battre pour ses idées peut prendre toutes les formes et changer toutes les femmes : des suffragettes aux marathoniennes, de Simone Veil à Emma Watson, un seul mot d’ordre : dire stop pour que le monde puisse changer. La preuve : Kathrine Switzer court toujours.