L’Internet de la haine

 

L’Internet de la Haine, c’est un roman graphique créé par deux finlandaises : l’autrice et journaliste Johanna Vehkoo et l’artiste et dessinatrice Emmi Nieminen. Avec cet album, elles dressent un état des lieux du cyberharcèlement aujourd’hui - à travers une étude de la situation en Finlande et des portraits de femmes qui ont subi des “campagnes” de harcèlement en ligne.

 

En Finlande comme partout ailleurs, c'est le même combat : ce sont les femmes qui sont le plus souvent victimes de cyberviolences, et a fortiori les féministes, les LGBTQI+, les personnes racisées et celles qui ne correspondent pas aux standards de beauté (#grossophobie)... Bref, les outils numériques se mettent au service des systèmes d’oppressions qui oeuvrent déjà dans la vie réelle. L’impunité et l’anonymat en plus.

Revenge porn, stalkers, et autres dérives

 

Dans la série 13 Reasons Why, le personnage d’Hannah est la cible d’une campagne de cyberharcèlement menée par ses camarades de classe, après la publication d’une photo intime d’elle sur les réseaux sociaux. Si la série a eu un tel retentissement médiatique, c’est aussi parce qu’on parle encore (trop) peu de ces situations, et de leurs répercussions pour les personnes qui en sont victimes. Comme si Internet n'était qu'une immense zone de non droit, sans recours possible.

 

Le centre Hubertine Auclert, qui oeuvre contre les violences sexistes et sexuelles en France, rappelle d’ailleurs qu’il est très fréquent que les réseaux sociaux soient utilisés comme des outils d’oppression des femmes dans la vie de tous les jours. Qu’il s’agisse d’un stalker fou, d’un (ex) partenaire jaloux qui connaît vos mots de passe et scrute vos messages pour vous faire culpabiliser, l’important est de savoir se protéger, et éventuellement se défendre contre ce genre d’attaques. Le mieux est encore de se renseigner, et d’être correctement accompagné·e.

Briser la loi du silence

 

L’idée de L’Internet de la haine est donc aussi de faire passer ce message : il y a de la place pour votre parole. Et il n'est pas question de baisser les bras parce que la situation semble nous réduire au silence. Alors si vous êtes victime de cyberviolences ou que vous souhaitez accompagner un·e ami·e qui en est victime, voici une liste de conseils à appliquer. Parce qu’une victime n’est jamais responsable des violences qu’elle subit.

 

1) Ne prenez ni ne perdez le temps de répondre à ces insultes - ça rend souvent la situation encore plus invivable.

2) Changez vos mots de passe et verrouillez l’ensemble de vos réseaux sociaux

3) Changez vos paramètres de confidentialité sur Facebook, Insta (visibilité de vos photos, etc).

4) Faites des captures d’écran des propos tenus, images partagées pour pouvoir vous défendre au besoin.

5) Portez plainte auprès de la Police si la situation vous dépasse. Le harcèlement en ligne est puni par la loi.

6) Parlez-en à un·e ami·e, à des personnes de confiance. Ne portez pas ce fardeau toute seule.

7) Si vous avez moins de 18 ans, vous pouvez composer le 3020 : la hotline d’écoute française pour les jeunes victimes de cyberviolences.

 

Enfin, ne partagez pas ni ne participez à une campagne de harcèlement envers quelqu’un d’autre. Apportez plutôt votre soutien à la personne visée.

 

Pour tout le reste, on vous conseille très chaleureusement (bis) le génial livre L’Internet de la Haine, à gagner ici.

 

L'Internet de la Haine, Emmi Nieminen & Johanna Vehkoo

Éditions Cambourakis, 20 €