Derrière @tejpartexto et ses 80K abonné.e.s, il y a deux meufs. Audrey et Raphaële ont 26 piges, bossent dans la comm’ et se sont rencontrées en école d’infirmières (logique). Les vents par message, elles connaissent bien. En même temps, who doesn’t ? Aujourd’hui, jeter quelqu’un par SMS prend à peu près 3 secondes et nécessite le niveau de courage d'une moule marinière. Dans ce contexte, pas étonnant que ce genre de messages soit devenu carrément banal.


 


Alors oui, c’est drôle (très drôle). Mais ça fait un peu mal aussi. C’est d’ailleurs après avoir reçu le SMS de trop qu’Audrey a eu envie d’agir.

 

“En janvier cette année, je me suis pris un énième vent par message, qui m’a fait très mal. C’est là que j’ai réalisé à quel point c’était facile de manquer de respect sur le digital. J’avais envie de prendre ma revanche, d’afficher au grand jour ces gens qui se planquent derrière leurs écrans pour envoyer bouler d’autres personnes.”


 


Et pour afficher les gens en 2019, il y a un truc qui marche plutôt pas mal : balancer du bon gros screenshot sur les réseaux sociaux. C’est donc en publiant ses propres vents reçus sur son tel, mais aussi ceux de ses potes, qu’Audrey a lancé @tejpartexto, embarquant sa pote Raphaële dans l'aventure.

 

Magie des réseaux sociaux, des anonymes ont rapidement commencé à leur envoyer leurs propres screenshots, que les filles partagent aujourd’hui chaque jour, souvent accompagnés de la bonne ref pop culture qui fait hurler de rire. Résultat, il suffit de scroller 30 sec leur feed pour comprendre la morale de l’histoire. Plus on est de tej, plus on rit.

 

Mais ça va un peu plus loin que ça.


 

 

“Le message de @tejpartexto, c’est d’abord de déculpabiliser. Plus on lit de messages de gens qui se sont faits tej, plus on se rend compte qu’on n’est pas seul.e.s, que ça arrive à tout le monde. On finit même par en rire. Publier ce genre de messages, c’est se moquer gentiment de l’expéditeur, et donc reprendre le pouvoir. Après, on essaie aussi de faire prendre conscience aux gens qu’on peut faire beaucoup de mal avec un tout petit message. On a tendance à oublier que quelques mots, écrits en 3 secondes, peuvent réellement détruire quelqu’un. On essaie de débanaliser l’écriture sur le digital, où les mots peuvent être encore plus violents qu’à l’oral.”
 

 



Et du coup, qu’est ce qu’on fait quand on s’est fait tej par texto ? Pour Audrey, la meilleure solution reste s’entourer de ses potes, d’en parler et surtout de dédramatiser. Shit happens, alors autant en rire... et en faire profiter les autres.