La comédie romantique dont vous êtes l’héroïne

 

Si, comme nous, vous avez grandi avec des films tels que 30 ans sinon rien  ou 27 robes vous avez dû vivre une pré-adolescence et une adolescence faites de désirs inatteignables et de frustrations. Que l’héroïne fasse des choix complètement absurdes qui la mettent dans la sauce ou que les personnages autour d’elles soient aussi crédibles que la relation Kristen Stewart / Robert Pattinson, il nous est souvent arrivé de vouloir secouer notre télévision très fort.

 

Alors quand on a vu que Netflix reprenait le concept de Black Mirror : Bandersnatch (qu’on avait déjà bien saigné) pour l’adapter à nos romcoms préférées, on a hurlé. Enfin, on allait pouvoir reprendre le contrôle des situations et des personnages improbables qui nous ont créé tant d’insatisfaction. Fini les quiproquos qui nous prenaient l’estomac et les cris destinés à l’écran « Mais bien sûr qu’il t’aime !!! ».

 

En plus, après quelques années de mûrissement et nos années collège derrière nous, on se disait qu’on allait pouvoir voir les choses d’un autre œil. Exit Bridget Jones et sa grossophobie bien dégueu. Exit Love Actually et ses personnages plus problématiques les uns que les autres. On allait pouvoir jeter un petit pavé dans la mare et remettre les choses au clair.

 

Vous vous en doutez, ce n'est pas du tout ce qui s’est passé.
 

Sugar rush et sugar crash

 

Le sugar crash est une descente de sucre. Plus scientifiquement appelée hypoglycémie réactionnelle, c’est le moment où vous vous êtes un peu trop chauffé sur le sucre et au bout de quelques heures vous avez mal au crâne, mal à l’estomac et un peu envie de vous allonger (ou vomir au choix, bonne chance…). C’est ce qui nous est arrivé en visionnant Choose Love en environ 80 minutes. Quelques soient vos choix, ils devraient vous mener à cette durée de film (en gros).

 

Au début, tout va bien. Cami jouée par Laura Marano (oui c’est bien Ally de Austin et Ally, on ne se refait pas) est une jeune femme indépendante, amoureuse et globalement épanouie avec un job plutôt cool (où elle n’est pas épanouie). Elle s’habille à peu près comme toutes les autres héroïnes Netflix : couleurs pop, petit accessoire fun et de longues jambes mises en valeur.

© Instagram / lauramarano

 

Son accessoire le plus grand est d’ailleurs son mec, Paul. Un peu pareil, blanc, grand, hétéro-cis-archi-dans-les-normes et honnêtement paaaaaas particulièrement intéressant. La vie de Cami bascule le jour où elle se fait tirer les cartes (of course) et croise juste après deux hommes qui vont remettre en question toute sa vie. Il y a d’abord Jack, son premier amour d’il y a quelques années un peu hippie et archi militant et puis de l’autre, Rex, rock star britannique un peu edgy (il met du vernis lol) qui enregistre dans le studio où elle travaille.

 

Il ne faut pas plus qu’une interaction bien cringe comme il faut pour que Cami remette en question apparemment toute sa vie. Jusque là, pas de surprises. Même si on voit que la plateforme a tenté de nous montrer que les comédies romantiques avaient évolué en nous présentant des personnages un peu différents, ils restent tous globalement très beaux, très dans la norme et vraiment vraiment vides. Cependant, l’intrigue avance si rapidement et nos choix sont faits de manière si peu réfléchie que dans tout cet univers pop et acide on a parfois l’impression d’avoir la tête qui tourne.

 

On y était presque

 

Mais voilà, alors qu’on pensait voir les intrigues bien bateau bien prévisibles disparaître grâce aux choix qui nous étaient proposés, on a vite compris que c’était juste une excuse pour nous attirer dans le piège. En voulant se la jouer Fleabag teeni-isé avec l’abattement du quatrième mur et des moments de confidence entre la protagoniste et les spectateur·ices, les scénaristes sont passé·es à côté du socle d’un bon film : le scénario.

 

On ne va pas vous mentir, on avait notre petite préférence. Avec son côté un peu alternatif et sa vision plutôt one life de la vie, Rex avait gagné notre coeur. Il pousse Cami à s’investir dans son taf, lui offre des petits trips en jet privé + champagne et l’emmène même à Paris. Bref, où est la compét’ en fait ? Alors bien sûr, en voyant son autre prétendant, Jack, manifester et défendre la planète, ça nous a un peu bousculées mais ça nous est vite passé, ça se voit qu’il pue la thune en vrai.

 

Mais finalement, après avoir tenté toutes les fins, on a juste dit ah OK. Que ce soit avec le #1, le #2 ou le #3, le concept de comédie romantique est totalement dénaturé. Si on a l’illusion du choix en pensant choisir une direction particulière, l’intrigue est vite bâclée après chaque décision parce que ça se voit, personne n’a vraiment réfléchi aux background stories d’aucun des personnages. Et on finit donc par y perdre complètement goût. En plus de ça, en voulant sortir du cliché, on comprend que la production a finalement sauté à pieds joints dans chaque poncif pour nous proposer une soupe de bons sentiments assez écoeurante.

 

Bref, rien de nouveau sous le soleil, Choose Love est un bon divertissement à regarder avec ses potes et pour rire un bon coup. Pour une vraie comédie romantique doudou qui nous provoque de vrais sentiments, on re-re-re-re-regarde The Notebook et ça ira.