Ce qu'il fallait retenir de la planète mode en mai
Le récap’ express des actus fashion
Ce mois-ci, la mode nous a poussé·es à réfléchir au rythme de l’actualité, avec une Bella Hadid engagée, mais aussi à questionner notre rapport au corps et à l’image avec les dernières frasques de Kate Moss et Billie Eilish. Trois grands acteurs de l’industrie nous ont annoncé trois grandes nouvelles et un créateur déchu des 70's est revenu sur le devant de la scène le temps d’une série biopic. C’était beau !
L'info people : la famille de la mode s’agrandit !
Ce mois-ci, la sphère mode a pris des airs de pouponnière géante avec l’annonce d’une grossesse et de deux naissances. Anthony Vaccarello, directeur artistique de Saint Laurent, a annoncé la naissance de son premier enfant, Luca. Habituellement très discret sur les détails de sa vie personnelle, le partage public de cet heureux événement a été commenté à tout va par ses amis : Zoé Kravitz, Emmanuelle Alt, Julianne Moore… Bel accueil !
Le supermodel superstar Naomi Campbell a elle aussi annoncé sur Instagram la naissance de son premier enfant, à quelques jours de son 51ème anniversaire. La nouvelle a autant enthousiasmé que surpris ses fans, qui s’interrogent sur la manière dont ce bébé a été conçu. Ces derniers mois, le top est apparu publiquement à plusieurs reprises sans baby bump. Il est donc possible qu’elle ait fait appel à une mère porteuse ou eu recours à l’adoption pour concrétiser son rêve de devenir mère.
Last but not least : l’influenceuse et mannequin française Clara Berry a publié quatre clichés pour annoncer sa grossesse. KJ Apa, le futur papa et acteur de la série Riverdale a lui aussi partagé le même jour un portrait en duo. Instagram est- il devenu le nouveau carnet rose ?
La métamorphose inspirante : Billie Eilish
C’est la mue délicate d’une jeune artiste de 19 ans. Billie Eilish a étonné ses 85 millions de fans ce mois-ci. Elle, si longtemps habituée aux looks non genrés avec bermuda ample, tee-shirt oversized et coupe de cheveux fluo est apparue métamorphosée en Une du Vogue anglais. Sous l’objectif du photographe Craig McDean, elle se dévoile en lingerie et corset, chevelure blond platine auréolée de boucles délicates.
Les deux inspirations de cette allure : la pin-up Betty Brosmer et le photographe fétichiste des pieds Elmer Batters. En à peine 5 minutes, la photo a récolté plus d’un million de likes sur Instagram, un record historique. Devenue superstar mondiale à seulement 13 ans, Billie Eilish joue aujourd’hui avec son style, elle évolue et grandit au même rythme que ses fans. Ses vêtements amples lui ont toujours servi d’arme de défense « pour que personne ne puisse penser quoi que ce soit de ce qu’il n’a jamais vu en dessous. ». Elle l’a rappelé maintes fois : son corps est son plus grand complexe. Pour cette raison notamment, le shooting Vogue est puissant, car il montre le courage d’une jeune adulte surexposée, qui expérimente avec son image. Qu’elle soit en corset ou en oversized, elle s’affirme, encore et toujours, elle garde le contrôle de son image, et c’est très inspirant.
La série à découvrir : Halston
Un mois de mai sous la pluie c’est un mois de mai pour binger ! Les séries sur le monde de la mode sont si rares que la sortie d’Halston est un petit événement. Qui ? Roy Halston Frowik, ce couturier américain devenu superstar dans les années 70 à New York, mais que l’Histoire a largement oublié. Pourquoi cette triste destinée ? On ne spoilera pas !
Produite par Ryan Murphy et tirée du livre de Stephen Gaine, cette histoire vraie, incarnée par Ewan McGregor, est celle d’une gloire et d’une descente aux enfers, d’un génie créateur aussi excessif que tourmenté. Sa vie se résumait ainsi : sexe, drogue et mode. Entre les lignes de l’histoire d’Halston, c’est aussi un petit bout de l’histoire de la mode américaine qui se dévoile : les petites concurrences entre les créateurs, tous les enjeux financiers d’une maison, le processus de création, l’origine de l’inspiration… Et aussi les histoires parallèles, tout aussi passionnantes, comme celle d’Elsa Peretti, meilleure amie d’Halston, qui révolutionna le monde de la joaillerie chez Tiffany.
Le mannequin engagé : Bella Hadid
Dimanche 16 mai, le mannequin Bella Hadid a pris part à une manifestation à New York en faveur de la Palestine, afin de réclamer un cessez-le-feu. Et dans plusieurs messages postés sur Instagram, elle a élevé la voix pour soutenir la Palestine et raconter son histoire : « Il a toujours été question de libérer la Palestine. TOUJOURS. (…) Toute ma vie on m'a répété que ce que je suis, une femme palestinienne, n'est pas réel. On m'a dit que mon père n'avait pas de lieu de naissance s'il est de Palestine. Je suis ici pour le dire. La Palestine est bien réelle et le peuple palestinien est là pour rester et coexister ».
Suite à ces prises de parole engagées, une rumeur folle, née sur Twitter, a d’ailleurs laissé croire que le top avait perdu son contrat avec Dior suite à cette prise de position (ce qui est faux). Bella Hadid, fière de son histoire, ose s’exprimer sur un sujet politique, au risque de diviser et de mettre sa carrière en péril. Écologie, racisme, politique, égalité, diversité… Dans le mannequinat, nombreux sont les modèles sous contrat à oser prendre la parole sur des sujets qui parfois font débat. Preuve encourageante que l’ère du « sois belle et tais-toi » semble définitivement révolue.
C’est WTF : Kate Moss s’est vendue en tant qu’œuvre d’art
Kate Moss, Paris Hilton, Emily Ratajkowski… toutes se sont mises aux NFT et c’est un peu WTF. Pour résumer simplement : une NFT, c’est une œuvre d’art digitale, certifiée unique, que chacun peut vendre ou acquérir sur Internet en participant à des enchères. Le tableau, la sculpture, la vidéo est 100% numérique, on ne peut l’admirer qu’à travers son écran. Aussi surprenant soit-il : le business est très rentable. Chez Christie’s, une œuvre de l’artiste américain Beeple s’est par exemple vendue 69,3 millions de dollars.
Kate Moss s’est elle aussi mise aux NFT, avec la mise aux enchères de 3 vidéos la montrant en train de dormir, de se balader, de conduire. Deux d’entre elles ont déjà été vendues pour 17 000 $. Cette nouvelle passion digitale est-elle le signe d’un simple opportunisme financier ? Pas tout à fait. Déjà, une partie des gains sera reversée à l’association Gurls Talk, fondée par Adwoa Aboah. Mais aussi, beaucoup de mannequins vivent l’expérience au cours d’une carrière de voire leur image exploitée par un tiers à des fins financières. Et ce, sans leur consentement. Le NFT, par son caractère unique ne peut être vendu qu’à un seul exemplaire. Vendre son image en NFT est une manière pour Kate Moss (ou Emily Ratajkowski) de contrôler directement leur image et d’en tirer seule le bénéfice.
Louise Des Ligneris







