Pourquoi on achète tout le temps des vêtements qu’on ne met pas ?
La vie cachée de votre dressing
Dans votre dressing : 25 paires de talons, 2 paires de cuissardes, 3 jupes à la Britney dans Baby One More Time, un rouge à lèvres violet et un manteau vert pomme.
Dans votre vie IRL : une paire de boots ou de baskets que vous mettez et remettez 7/7 avec votre jean fétiche et votre collection de pulls-doudou. Alors c’est quoi le truc ? Pourquoi est-ce qu’on achète tout le temps des vêtements qu’on ne met pas ?
Hypothèse numéro 1 : Parce que la mode is a (sexy) bitch
Le scénario : Internet est un remake (fast) fashion de l’Île de la Tentation. Entre les fenêtres pop-up qui vous rappellent à votre panier oublié sur ASOS, la nouvelle collection de sous-vêtements Fenty, et les réductions à -70% sur les sapes d’été en plein hiver, vous ne savez plus où donner de la tête.
Le problème : la mode est une… industrie (oups). Mais aussi une machine à rêves, qui nous invite continuellement à nous projeter sur des corps, des silhouettes bien sapées, ou des coupes de cheveux complètement WTF qui ne collent pas forcément à la réalité de nos corps et de nos vies. Du coup, l’écart entre le contenu de nos placards et les vêtements qu’on porte “pour de vrai” peut vite ressembler à un “Expectation versus Reality”.
La solution : trouver le bon équilibre entre votre outfit uniforme (celui que vous mettez et que vous déclinez au quotidien, et dans lequel vous vous sentez belle et bien) et vos craquages de fashion diva. En d’autres termes, répondre à cette question : cette fringue pourrait-elle fonctionner avec votre mode de vie et vos vêtements fétiches ? Si la réponse est non… bon, vous voyez, quoi.
Hypothèse numéro 2 : Parce que la féminité, c’est… quoi en fait ?*
Le scénario : on l’a vu au point 1. Mode = désir = tentation = projection de soi dans des identités, variations, ou sapes qui correspondent à nos envies d’être ou de paraître. Pourtant, la mode féminine est encore majoritairement pensée PAR les hommes (ce qui la rend souvent inconfortable ou impraticable) et POUR les hommes (comprendre : pour flatter le regard masculin, le bien connu male gaze).
Le problème : performer sa féminité, s’amuser de ses codes, en jouer, et aimer s’habiller, c’est ce qui porte la culture du vêtement même - et c’est très bien comme ça. L’équation n’en reste pas moins un vrai casse-tête dans un monde sexiste et violent. Ou, en d’autres mots : comment prendre soin de soi sans avoir l’impression de le faire pour les autres ?
La solution : vous écouter et vous faire plaisir à vous, évidemment. Une piste de réflexion pour la route : déconstruire l’injonction sexiste du “il faut souffrir pour être belle”. Parce que, non : rien ni personne ne mérite que vous vous déformiez les pieds pour porter ces talons (vraiment). Et qu’en fin de compte, vous sentir bien et porter des trucs qui vous font kiffer, ne veut pas forcément dire que vous devez vous taper H24 des vêtements inconfortables.
*Idem, évidemment, pour la masculinité. À quand les mecs en jupe, b****** ?
Hypothèse numéro 3 : Parce que vous n’avez pas à choisir qui vous êtes
Le scénario : Cette robe à paillettes décolletée dans le dos jusqu’à votre fessier ? Vous l’adorez. Nulle doute d’ailleurs que vous pourriez la sortir sans problème à une soirée “quelconque”. En tous cas, c’est ce que vous vous êtes dit quand vous l’avez achetée.
Le problème : en fait, vous vous en foutez de savoir si vous arriverez réellement à porter ces vêtements ou pas. Le truc, c’est que vous y croyez, parce que ça vous fait rêver. Et tant pis si vous n’avez pas la vie de Mariah Carey : dans votre tête vous y êtes déjà. Shine bright like a diamond, y a quoi ?
La solution : on ne vous juge pas. On trouve ça cool d’avoir une double-vie rêvée : une vie, en quelque sorte, que ces vêtements vivent à notre place. Mais si on avait un conseil à vous donner, ce serait celui-ci : de multiplier les occasions où vous vous sentez assez à l’aise pour porter ce truc que vous avez peur de porter (“ça fait trop non ?”), ou que vous n’assumez pas (“ça m’va pas non ?”). Mais si, ça vous va. Faut juste assumer, quoi. Quand et si vous en avez envie.







