Les signes à checker

 

Comme l’explique Aude Selly : « Le burn-out est un moment de rupture catastrophique, mais le processus d’épuisement professionnel n’arrive pas du jour au lendemain. L’OMS parle de l’installation d’un stress chronique qui n’est pas géré. Notamment quand on dépasse les 45h par semaine : avec les temps de trajet, la connexion mentale au travail… Il y a un trop-plein et le cerveau va envoyer des signaux, c’est la phase d’alarme. Mais sur le long terme, on va basculer si des changements ne sont pas faits. »

 

Le goal est d’éviter l’étape du basculement et ses séquelles de longue durée. Pour ça, il est impératif de savoir reconnaître les signes annonciateurs d’un burn-out. Le corps nous parle en premier : on développe des troubles du sommeil, du mal à respirer, des palpitations, de la transpiration intense, des douleurs au ventre, voire des vomissements. Globalement, l’organisme est KO avec des douleurs, infections ou maladies à répétition.

 

Niveau mental, on est épuisé·e, avec des grosses difficultés à se lever, pas du tout envie d’aller au taff, des trous de mémoire et des étourderies car le cerveau est surchargé. Côté émotion, on est à fleur de peau, avec beaucoup de tristesse et de colère, des pensées négatives sur soi-même, la perte d’humour et beaucoup d’amertume.

 

Of course, ces signes et leur intensité varient selon chaque personne. « Les caractéristiques à retenir sont la perte de plaisir et de motivation au travail, une fatigue intense qui ne part pas malgré des vacances, des addictions (alcool, écrans, anxiolytiques…) pour tenir le coup, et le changement de comportement qui est un élément clé. » résume Aude Selly. Les effets d’un burn-out vont jusqu’à la dépression, voire les tentatives de suicide pour les cas les plus graves. Donc on réagit illico presto si on détecte un signe.

 

Si on peut quitter son taff

 

Vous vous reconnaissez dans cette description ? It’s okay, des solutions existent pour vous aider. Pour commencer, essayez de parler à votre entreprise si un stress chronique s’installe. En commençant par votre manager, votre RH (si le management est la cause de vos galères), et les syndicats du personnel en dernier recours. Si vous n’êtes pas écouté·e et risquez l’épuisement professionnel, vous êtes 100% légitime à vous protéger. Et en vrai, mieux vaut ne pas attendre le dernier moment, votre santé est primordiale.

 

Soit vous démissionnez asap parce que la situation devient critique et vous pensez pouvoir trouver des solutions sans allocations chômage, soit vous tentez de négocier une rupture conventionnelle. C’est un sacré combat, donc Aude Selly recommande d’aller voir un médecin pour poser un long arrêt maladie afin de s'extraire de l'environnement stressant et délétère et revenir prêt·e à négocier votre départ.

 

Si partir n’est pas une option

 

On ne va pas se mentir : avec l’inflation et les crises qui mettent des claques en série à l’économie, tout le monde ne peut pas se barrer d’un taff du jour au lendemain. Si c’est votre cas, il est essentiel de vous construire un support system pour vous exprimer et donc apaiser un minimum vos souffrances. Un·e collègue fiable, des ami·es, un·e psychologue ou des asso’ comme France Burn Out, des groupes de parole… Aude Selly insiste : « On ne peut pas s’en sortir seul·e ». Ce conseil marche aussi pour les freelance épuisé·es : rejoindre des collectifs, des groupes Facebooks ou des réseaux pro’ vous permettra de partager vos galères, d’être entouré·e et de combattre la solitude qui peut peser.

 

En mode plus vener, foncez chez votre généraliste pour demander des conseils voire un arrêt maladie. Il y a aussi l’option médecin du travail, qui pourra, si vous le souhaitez, remonter votre cas à la direction et vous permettre de constituer un dossier sérieux. Idéalement, posez un long arrêt qui vous servira 1- à souffler plusieurs semaines 2- à chercher un nouvel emploi sans trous dans vos revenus.

 

Fuck la culpabilité

 

Beaucoup de personnes refusent de voir leur burn-out par culpabilité d’abandonner leur entreprise. Une pression qui se capte en 2023 : “Nous sommes dans un monde où il est mal vu d’être en dehors du travail” constate l’autrice. Sauf que, reminder utile, l’être humain n’a pas à bosser jusqu’à en crever (même si on ne cesse de vouloir réduire nos retraites).

 

D’autant que personne ne fait un burn-out par fragilité. C’est la responsabilité des entreprises qui gèrent mal, comme le dénonce Aude Selly : « On ne peut pas totalement empêcher le stress en entreprise. Mais quand on repère un salarié dans la phase d’alarme, il ne basculera jamais si on lui apporte des solutions et une écoute bienveillante. C’est simple et c’est gratuit, il faut juste écouter les gens. » Donc go laisser la responsabilité là où elle est et si ça va pas fort, allez chercher de l’aide. Y’a aucun mal.

 

Claire Roussel