
Le dérèglement climatique joue avec nos règles
Peut-on avoir 2 minutes de break ?
Désolées d’en rajouter une couche, mais y’a plus de saisons ma p’tite dame. Et on a été plutôt perturbées par ce début octobre et sa franche allure d’août, et pas que dans nos petites têtes. Les perturbations climatiques ont un effet sur nos cycles menstruels, une case à rajouter dans la liste des inconvénients dont on se serait bien passées.
Le dérèglement climatique n’a pas d’impact direct sur nos corps, ce n’est pas parce que nous fonçons toustes tête la première direction la fin de l’humanité que nos utérus tentent de nous envoyer des wizz. En réalité, ce sont les résultats de ce changement climatique qui nous impactent personnellement. Ces conséquences touchent premièrement les personnes réglées résidant dans des zones d’insécurité climatique. Ayant moins facilement accès aux ressources financières et matérielles nécessaires, elles se retrouvent plus facilement fragilisées. Ensuite, des conséquences plus individuelles peuvent toucher toutes les personnes réglées, où qu’elles soient.
Les désastres naturels
Plusieurs causes peuvent impacter les règles. Il y a, par exemple, les catastrophes naturelles et les zones de tensions exacerbées, qui mènent à beaucoup plus de stress et une difficulté de facto d’accès à une bonne hygiène menstruelle. Par exemple, dans une zone de conflit, l’aide humanitaire a tendance à se concentrer sur les questions les plus urgentes comme les décès ou les épidémies. En général, dans ce genre de situation, la santé menstruelle passe malheureusement au second plan.
Un accès difficile à l’eau ou l’irrégularité des récoltes agricoles ont également des impacts négatifs sur la santé des personnes. C’est d’autant plus le cas des personnes réglées sujettes à des bouleversements hormonaux pendant leurs cycles, les rendant également plus vulnérables. Dans les zones fragiles, la ménarche (le joli nom des premières règles) peut aussi intervenir beaucoup plus précocement ou tardivement et impacter la durée complète du cycle (genre une ménopause plus tôt ou plus tard, et donc plus d’incertitude).
La qualité de l’air
Dans les grandes mégalopoles ou zones les plus polluées, l’air est de très piètre qualité et même avec les efforts fournis ces dernières années par les responsables politiques, c’est malheureusement un peu tard pour celleux qui ont grandi dans ces environnements. Une exposition prolongée à un air pollué pendant l’adolescence peut mener à des cycles irréguliers toute une vie et donc à un contrôle de sa santé menstruelle et sexuelle plus compliqué. Et ce, sans compter les difficultés qui s’ajoutent au moment de vouloir faire un enfant.
Ainsi, en comptant sur la fertilité divisée par moitié des spermatozoïdes et celle des personnes réglées, de plus en plus complexe à surveiller par soi-même, les personnes souhaitant procréer font face à bien plus de difficultés qu’avant, malgré les avancées de la médecine. Un effet encore plus fort quand il s’agit d’un environnement très pollué et d’une qualité d’air épouvantable.
Notre préf : la chaleur
À l’origine de cet article, il y a un retard de règles, évidemment. Un retard un peu long qui nous a fait nous remettre en question et un peu perdre la tête (mais ça c’était peut-être la chaleur accablante de base…). Et puis, après la période de canicule terrible par laquelle on passait en septembre, tout est revenu à la normale. Rassurant, oui. Mais aussi plutôt flippant de se dire que ça ne va faire que se répéter avec l’augmentation des périodes de canicule.
Des températures plus hautes, c’est premièrement plus d’inconfort. Parce que oui les règles c’est pas toujours un moment super agréable à passer mais quand, en plus, on doit le faire sous 38° et qu’on est pas habitué·es, alors on passe au niveau d’XP supérieur. Plus de chaleur, c’est aussi plus de stress et ce dernier appelle rapidement à la fiesta avec nos hormones et donc nos cycles.
Bref, vous avez capté, on va pas sortir gagnant·es de ça même avec toute la volonté du monde. Une seule solution : lutter activement contre le réchauffement climatique et se renseigner sur les initiatives locales d’aide contre la précarité menstruelle. On est ensemble 🤝







