Réponse A : Yes, ça m’a aidée

 

Lila, 28 ans

 

Comme son nom l’indique, le body positivisme ne m’a apporté que du positif. Je pense qu’il y a une sélection à faire dans ce que ce mouvement apporte et que chacun doit faire la sienne en fonction de ses besoins. Personnellement, voir des femmes rondes, mannequins qui plus est, représentées dans les médias a fait évoluer la vision que j’avais du corps des femmes et, par extension, de mon propre corps. Ça m’a aidée à m’accepter en tant que femme hors normes, parce qu’en étant ronde je suis encore considérée comme hors des normes.

Dans le même chemin, le body positivisme a aussi changé mon rapport à la séduction : me rendre compte que ces femmes séduisaient m’a fait comprendre et accepter que je pouvais moi aussi séduire.

 

Enfin, j’ai aussi arrêté de me placer en victime par rapport à mon ambition professionnelle. Puisque j’ai des formes, je me suis toujours dit que certains métiers m’étaient interdits : hôtesse de l’air, mannequin, serveuse… Sauf qu’aujourd’hui je suis gérante d’un bar en Amérique du Nord, parce que les choses ont changé, et que je sais que je n’ai pas besoin de faire un 36 pour m’afficher fièrement derrière mon bar et bien faire mon travail.

Mes ami·es et les influenceur·ses que je suis ont travaillé dur dans le sens du body positivisme, et c’est grâce à ces personnes que mon corps et moi ne faisons plus qu’un aujourd’hui.

 

 

A-C, 25 ans

 

Je me sens plus à l'aise avec ma cellulite et mes vergetures depuis que je vois certaines blogueuses montrer les leurs (et que je les trouve très jolies quand même). Voir de plus en plus de poils, de cellulite, de gras et de vergetures sur les réseaux me met en joie. Ça nous permet de nous réapproprier nos corps, de ne pas en avoir honte et c'est très cool.

 

 

Réponse B : Je suis encore mitigée

 

Val, 27 ans

 

Clairement, ça me fait du bien de voir de vrais corps, sans retouches, sans pré-sélection au tour de taille et de bonnet à l’entrée. Et pour en accentuer les bénéfices, je me sers du body positivisme comme un outil de travail sur moi-même. En acceptant que la cellulite et les vergetures sont la réelle norme, je focus moins sur ces aspects de mon corps et j’en profite pour me concentrer sur ce que je trouve joli (mes grains de beauté, mes chevilles, mes yeux), appréciant un peu plus ma beauté naturelle. Mais ça reste un travail de chaque instant.

Malgré moi, j’ai toujours cette irrésistible envie de ressembler aux nanas “parfaites” que je vois sur Insta, avec le sentiment que je serais plus heureuse comme ça. Quand on a été abreuvée à l’idée que le “corps idéal” est le “corps normal”, difficile de se réapproprier son propre corps et sa vision de ce qui est beau et ok en si peu de temps. Le chemin est encore long.

 

 

Réponse C : Effet placebo (et effets secondaires indésirables)

 

Tiffanie, 25 ans

 

Le mouvement du body positivisme n’a rien changé pour moi, en tout cas consciemment… Et je suis plutôt mitigée sur ce que ça va devenir. Est ce que ça restera une mode, une tendance éphémère ? Ou alors est-ce que ça aura un réel impact positif sur nos mentalités en devenant au fil du temps la nouvelle norme, la nouvelle habitude ? Il est encore trop tôt pour tirer des conclusions.

Odette, 30 ans

 

En travaillant dans la pub, le body positivisme m’est d’abord apparu comme une stratégie marketing. Rien de bien réel et naturel à mes yeux du coup. Surtout que les marques qui prônent cette image plus juste du corps sont encore trop niches selon moi. J’attends donc que ce soit la norme et non plus l’exception pour ressentir un quelconque effet sur ma propre appréciation physique au quotidien.

 

 

Elodie, 26 ans

 

J’ai le sentiment que ce mouvement a apporté plus de pression pour les personnes concernées qu’autre chose. Pour ma part, je l’ai ressenti au plus fort dans le mouvement nappy avec cette obligation soudaine pour les porteur·se·s de cheveux crépus d’en faire une fierté, un étendard des causes africaines. Ça m’a rendu dingue !

Quand on a passé son adolescence à les cacher parce qu’ils étaient mal vus, entendre soudainement des mêmes personnes ou presque qu’il faut absolument les accepter, ce n’est pas quelque chose de positif. Ça donne juste le sentiment d’être encore plus soumis à l’image que les autres ont construit pour nous.

 

Aujourd’hui, je ne compte plus le nombre de fois où l’on m’intime – gentiment – l’ordre de les laisser naturels, parce que ça me va teeeeellement mieux, parce que les lisser les abîme, parce qu’il faut s’accepter comme on est, parce que, parce que, parce que.

Je ne doute pas que ça puisse être positif pour certains, j’en ai même vu quelques bienfaits chez des proches qui cessaient de se flageller pour des nez, des fesses, des pieds et des poitrines qui ne correspondaient pas aux « standards ». Mais quand on voit les dérives, ça donne franchement à réfléchir sur le bienfait global. Y a encore du boulot avant qu’on puisse s’accepter soi et les autres.

 

 

Pour prendre du recul sur ce mouvement, en garder le meilleur et avancer du bon côté #selflove, on vous conseille de jeter un œil à la dernière vidéo (un peu coup de gueule) de Noholita. On lui ferait bien un cœur avec les mains mais on est déjà en train d’applaudir (fort).

 

 

Et vous ?

 

Vous en pensez quoi ? Est-ce que le mouvement du body positivisme a changer le regard que vous portez sur votre corps ? Dites-nous tout sur Insta.