Le VRAI/FAUX du cancer du sein à lire avant (et après) 30 ans
Boob care = self care
Anna Wintour est catégorique, LA couleur de l’automne 2020 c’est le rose. Un peu comme tous les mois d’octobre depuis belle lurette en fait, parce que tant qu’il y aura des personnes touchées par le cancer du sein, il y aura Octobre Rose, un mois entier dédié à sa prévention. Pour l’occas’, on vous a justement préparé notre fameux VRAI/FAUX, spécial préjugés sur le cancer du boob. Oui, vous pouvez le lire ET vous auto-palper en même temps, c’est même conseillé.
Le cancer du sein n’arrive qu’aux autres : FAUX
Le cancer du sein touche 1 femmes sur 9, et c’est le cancer le plus répandu chez les femmes.
Il y eu plusieurs cancers du sein dans ma famille, je vais forcément l’avoir : FAUX
Selon la Haute Autorité de Santé, seuls 5 à 10% des cancers sont liés à une prédisposition héréditaire (à cause d’une mutation des gènes BRCA1 et BRCA2). Comme c’est quasi impossible d’identifier les personnes porteuses de cette mutation, les spécialistes se repèrent au nombre de cas de cancers dans la famille pour déduire une transmission potentielle de BRCA1 ou BRCA2 aux descendant·e·s, mais il peut tout à fait s’agir d’une série de cancers non héréditaires.
Et dans l’autre sens, ce n’est pas parce qu’aucun membre de la famille n’a été touché qu’on n’est pas porteur·se de la mutation (qui pourrait être transmise par le père par exemple). D’ailleurs, 80% des personnes diagnostiquées n’ont pas d’antécédents familiaux.
La pollution, le tabac, le surpoids, ou le fait de prendre une pilule contraceptive tôt (juste avant la puberté) sont des facteurs qui augmentent le risque de cancer du sein.
On peut avoir un cancer du sein avant 30 ans : VRAI
Même si l’âge moyen de détection du cancer du sein est de 60 ans et qu’environ 80% des cancers du sein sont détectés après 50 ans, en France plusieurs centaines de personnes pas encore trentenaires en sont atteintes chaque année. L’Institut National du Cancer recommande d’ailleurs de faire un dépistage tous les ans dès 25 ans, sous la forme d’une palpation lors d’un rendez-vous chez un·e gynéco, médecin généraliste ou sage-femme.
L’autopalpation ne sert à rien : FAUX
Un cancer du sein, ça passe souvent inaperçu. L’autopalpation, c’est la première étape de détection d’une potentielle tumeur, et plus vite un cancer est détecté, plus les chances de rémission sont grandes (et les traitements moins invasifs, bye bye la mastectomie). Surtout que quand on sait que ça ressemble à un massage des boobs à faire tranquillou chez soi… On peut bien trouver le temps de se faire plaisir une fois par mois. Les bons gestes à suivre ? C’est dans cette vidéo.
L’ablation des seins est le seul traitement contre le cancer : FAUX
La mastectomie (= ablation totale de la glande mammaire) n’est pas obligatoire en cas de cancer du sein, tout dépend du type et du stade du cancer, et de la présence ou non chez la patiente de la mutation du gène dont on parlait plus haut (qui constitue un risque et implique donc souvent une double mastectomie préventive).

Parmis les autres traitements possibles, les plus connus sont la chimiothérapie, en intraveineuse ou comprimés et la radiothérapie, une irradiation ciblée de la tumeur #tuhorsdemavue. Mais un cancer du sein peut aussi être traité par tumorectomie, c’est-à-dire une ablation de la tumeur sans toucher aux glandes mammaires, et en essais cliniques par immunothérapie, qui consiste à booster les défenses immunitaires de notre corps pour qu’il détruise lui-même le cancer.
La chirurgie reconstructrice est remboursée en France : VRAI mais...
La liste d’attente est très longue pour obtenir une chirurgie réparatrice en hôpital publique : entre 1 et 2 ans. En clinique privée, il y a souvent des dépassements d’honoraires qui peuvent aller de quelques centaines à plusieurs milliers d’euros, pas toujours pris en compte suivant les mutuelles.
Et l’Assurance Maladie ne prend pas non plus en charge certaines opérations esthétiques supplémentaires (mais nécessaires) comme la reconstruction du téton ou la symétrisation de la poitrine qui corrige la diff entre les seins - sachant qu’un sein refait c’est souvent un petit nouveau au garde-à-vous à côté du grand frère qui affiche les effets de la gravité accumulés au fil des années.
En France, on estime que 35% des femmes mastectomisées font une opération de reconstruction mammaire. Parmis les 65% restants, il y a bien sûr celles qui n’en ont pas les moyens (changeons le système !), mais aussi celles qui ne souhaitent pas le faire, et c’est important de rappeler que c’est ok aussi. Les seins ne sont pas une condition sinéquanone de la féminité ou de la beauté ;).







