Le stress et l’anxiété, c’est du pareil au même : FAUX

 

Tout le monde peut ressentir de l’anxiété, et c’est précisément ce sentiment d’appréhension / d’inquiétude que l’on appelle communément le "stress". Le stress est une réaction psychique et biologique de notre corps face aux choses qui nous arrivent (un peu comme la peur ou la colère qui jouent le rôle d’émotions régulatrices ou protectrices).

 

La différence avec l’anxiété pathologique ? Le stress est un état de type ponctuel, normal et bénin. Le problème, c’est quand le stress mute en anxiété, et qu'on commence à ressentir une émotion de peur-panique inexplicable face à des situations “normales” de la vie (coucou la propension à imaginer le pire et à avoir tous les signaux qui clignotent au rouge sans réussir à rationaliser).

L’anxiété est pathologique quand elle atteint des sommets d’intensité qui provoquent de la souffrance et pourrissent la vie. Il faut donc apprendre à distinguer l’anxiété normale (quand on a s’apprête à passer un examen ou un entretien important par ex), de l’anxiété à grande échelle (quand on n’arrive pas à dormir parce qu’on se refait le film de sa journée en se disant qu’on n’était pas à la hauteur et que demain ça va être encore pire).

 

 

L’anxiété fait partie des troubles de santé mentale : VRAI

 

Un petit tour de piste des troubles de santé mentale associés à l’anxiété, ça vous dit ? On s’est appuyées sur cet article de l’Association des Médecins Psychiatres du Québec pour vous aider à y voir plus clair :

 

Dans la phobie “simple” (type arachnophobie), l’anxiété est provoquée par le contact avec ce qui fait peur à la personne et peut déclencher une crise d’angoisse.

 

Dans la phobie sociale (aka anxiété sociale), l’anxiété se met en roue libre quand on se retrouve dans une situation comme une rencontre avec de nouvelles personnes, une présentation d’un projet à un groupe… Bref : tout ce qui implique de devoir socialiser à petite ou grande échelle.

 

Dans le trouble panique, l’anxiété s’amène sans que l’on puisse comprendre pourquoi et comment : on appelle ça une attaque de panique. Les symptômes se manifestent typiquement à travers des craintes irrationnelles (peur de mourir, de devenir fou, de s’évanouir etc…), jusqu'à se retrouver paralysé·e par la peur d’avoir peur.

Dans le trouble anxieux généralisé (aka TAG), l’anxiété est une réalité quasi-quotidienne. On s’inquiète et souffre d’absolument tout : un projet au taf, les relations amicales, les tunes… Ce trouble touche environ 10% de la population et est plus présent chez les femmes. Notez que les personnes qui souffrent d’un TAG sont également plus sujettes à l’éco-anxiété.

 

Enfin, les Troubles Obsessionnels Compulsifs peuvent aussi entrer dans la catégorie des troubles anxieux, puisque les personnes qui en souffrent sont assaillies par des idées obsédantes et anxiogènes (dont elles pensent pouvoir se débarrasser seulement en accomplissant des rituels-compulsions, type se laver les mains à outrance pour éviter de tomber malade ou vérifier 18 fois que la porte est bien fermée pour éviter de se faire cambrioler…).

 

Sachez qu’une anxiété de type pathologique peut également cacher d’autres troubles : TDAH (Trouble du Déficit de l’Attention avec ou sans Hyperactivité), Stress Post-Traumatique (aka PTSD), dépression, burn-out, Trouble Dysphorique Prémenstruel et on vous en passe. Vous pouvez jeter un œil à ce post de @anxieuse_anonyme pour vous renseigner.

 

 

L’anxiété, c’est que dans la tête : FAUX

 

Si l’anxiété est effectivement caractérisée par de l’inquiétude, des ruminations, un flux de pensées incontrôlables et une propension à avoir le cerveau qui clignote au rouge en permanence, il ne faut pas minimiser pour autant la somme de symptômes physiques bien relous qui lui sont associés.

 

Typiquement, le trouble panique ou les crises d’angoisse se manifestent par de nombreux symptômes physiques comme de la tachycardie, des palpitations cardiaques, des maux de tête, de la fatigue, des troubles du sommeil comme l’insomnie ou le bruxisme, des problèmes intestinaux (problèmes de transit), des nausées, des vertiges (impression que vous allez tomber dans les pommes). Par ici pour un récap’ très complet.

La prochaine fois que quelqu’un·e vous dira “respire un coup, c’est dans ta tête”, vous pourrez lui répondre que “ce n’est pas parce que c’est dans la tête que ce n’est pas réel. D'ailleurs va demander à mon sommeil, mes intestins et mon coeur ce qu’ils en pensent”.

 

 

L’anxiété se soigne forcément avec des médicaments : c'est compliqué

 

Il y a des cas typiques où un traitement médicamenteux est recommandé : le trouble panique en est un bon exemple (idem si vous faites des crises d’angoisse déclenchées par une agoraphobie). Les attaques de panique sont en effet très impressionnantes et laissent souvent la personne qui en souffre complètement vidée de son énergie pendant plusieurs heures. Si vous êtes dans ce cas, il est probable que votre psychiatre / médecin généraliste vous file une ordonnance pour des anxiolytiques, comme du Xanax, que vous garderez en permanence sur vous just in case.

 

De même, le Trouble Anxieux Généralisé peut être la source ou le point de départ d’une “escalade” vers la dépression : on pourra donc également dans ce cas vous prescrire des antidépresseurs comme traitement de fond - de quoi prendre le problème à la source et vous aider à vous remettre sur pied. En tout cas, l’anxiété se soigne et n’est pas une fatalité.

Bien sûr, il existe d’autres solutions thérapeutiques et non-médicamenteuses, comme un accompagnement par un·e psychothérapeute, un·e psychologue, un·e psychanalyste… Les Thérapies Cognitivo-Comportementales (TCC) peuvent être tout particulièrement indiquées pour apprendre à gérer son anxiété. N’hésitez pas à faire un tour sur notre article dédié au choix de votre (futur·e) thérapeute idéal·e.

 

 

Je peux mettre en place des choses pour mieux vivre mon anxiété : VRAI

 

Passé le temps 1 du “je comprends de quoi je souffre et je mets des mots sur mon trouble”, la deuxième étape peut consister à développer des techniques pour mieux gérer son anxiété, ou, à défaut, à mieux vivre avec elle.

 

Vous pouvez par exemple (sans vous mettre la pression) :

 

Lever le pied sur le café. Ce meilleur ennemi de la sérénité qui a en effet une fâcheuse tendance à accélérer le rythme cardiaque et à en remettre une tartine sur vos éventuelles insomnies.

 

Faire de l’exercice physique. De quoi vous dépenser pour vous fatiguer, mais aussi reprendre le contrôle via votre corps (et ne pas passer son temps dans sa tête).

Tenter des exercices de visualisation mentale ou de respiration. On vous avait déjà filé quelques techniques dans cet article, pour désamorcer les pensées négatives, ou encore dans celui-ci (pour calmer une attaque de panique ou une crise d’angoisse).

 

Tenir un journal. De quoi vider son sac en bonne et due forme (mieux vaut que ce soit dehors que dedans).

 

 

L’anxiété peut affecter notre vie pro et perso : VRAI

 

Quand on est anxieuse, on se perd facilement dans des spirales qui ressemblent à une surenchère d’inquiétude. On hyperanticipe tout, on doute plus facilement de sa valeur, de ses qualités, de sa capacité à faire correctement son travail… C’est donc la porte ouverte au syndrôme de l’imposture et au burn-out.

 

Côté vie perso, c’est un peu la même histoire : l’anxiété peut grandement affecter nos relations. Besoin constant d’être rassurée, propension à annuler les plans à la dernière minute, tendance à penser qu’on ne mérite pas d’être aimée, difficulté à s’ouvrir et à parler de ses sentiments (puisqu’on ne se juge pas légitime)...

D’où l’importance d’échanger aussi ouvertement que possible sur ce sujet avec ses proches. Les personnes qui n’évoluent pas dans ces dimensions mentales ne comprennent pas forcément l’ampleur du sujet, et peuvent finir par taxer les anxieux·ses de véritables drama queens. Une fois n’est pas coutume : communication is the key. Y compris pour donner à ses proches des pistes pour être soutenant·es.

 

 

Si un·e pote est anxieux·se, suffit de le/la laisser se calmer : c'est compliqué

 

Si vous ne faites pas partie des anxieux·ses - angoissé·es, difficile de comprendre ce que votre pote / partenaire / inconnu dans le métro est en train de vivre au moment où iel panique. Et si vous êtes tentée par une phrase type “Respire un coup, ça va bien se passer”... Sachez que ce n’est pas la meilleure chose à faire.

 

Certaines personnes ont du mal à communiquer quand une crise de panique s’amène ou quand leurs pensées partent en roue libre. Elles peuvent être habituées à gérer leurs crises en solo et avoir du mal à vous laisser entrer dans leur espace physique ou mental. DONC posez la question (“Est-ce que je peux faire quelque chose pour t’aider ?”) et jaugez en fonction de la réponse fournie.

 

Votre aide est la bienvenue ? Chopez par ici quelques tips et idées pour accompagner sans brusquer, en toute délicatesse et bienveillance.