Octobre rose : on démonte les clichés en séries
Voir la vie en (octobre) rose
Alors oui, on sait que les séries ≠ la vraie vie, mais on va pas s’mentir, on passe une bonne partie de notre vie à mater des séries. Du coup, on apprécie les productions qui s'efforcent de dépeindre avec réalisme et justesse nos vécus dans ce qu'ils ont de plus trivial comme de plus sérieux. Sachant que le cancer du sein fait partie de la vie d’1 femme sur 9, on s'est forcément posé la question de la représentation de cet évènement dans les séries. Après une session d'autopalpation et une visite de dépistage, on a pris le temps de se faire une séance de visionnage : on a rematé spécialement pour vous 3 séries cultes qui mettent en scène un perso touché par le cancer du sein (et qui en profitent pour tordre le cou à 2-3 injonctions liées à la féminité).
Samantha Jones dans Sex and the City
Sex and the City, c'est pas juste des meufs ultra glamour qui boivent des Cosmopolitan et qui font vraisemblablement la fashion week à chaque épisode (même si c'est un peu beaucoup ça, et c'est aussi pour ça qu'on kiffe). Dans la saison 6, Samantha Jones, incarnation de la meuf hyper indépendante à la sexualité débridée totalement assumée, est diagnostiquée d'un cancer du sein. Autant vous dire que la nouvelle remet légèrement en cause ses plans d’augmentation mammaire, mais aussi sa confiance en elle. Dans l'épisode 19, Samantha décide en plein milieu d'un discours devant une salle comble d'envoyer valser sa perruque et d'assumer ses cheveux courts. Un vrai geste d’empowerment très vite repris par toutes les meufs de l’audience, qui retirent leur postiche pour révéler coupes courtes et crânes rasés. On sait pas pour vous, mais en ce qui nous concerne, on peut pas s'empêcher de voir dans ce jeté de perruques en cascade une manière d'envoyer balader l’idée selon laquelle une « vraie femme » (sic) a forcément les cheveux longs (#fakenews).
Dana Fairbanks dans The L Word
Avant que d'aucun.e.s cassent l'Internet, The L Word avait déjà cassé la télévision en mettant à l'écran un ensemble de personnages principales 100% lesbiennes (ou presque). Pendant 6 saisons, la série nous a offert un menu blindé (cheffe) de triangles amoureux, de galères pros, de mariages et d'infidélités – avec en prime évidemment, une couche bien épaisse de lesbophobie servie par l'hétéropatriarcat (c'est gratuit). En plus de tout ça, le perso de Dana, joueuse de tennis au top de sa carrière sportive, fait face dans la saison 3 à un diagnostic de cancer du sein. Clairement, on est d'accord pour dire qu'on a fait plus réaliste en matière de faux crâne rasé ; pour ce qui est de la représentation de la maladie en revanche, tout y est, de la mammographie à la mastectomie. Tout au long de ces épreuves, Dana continue d’être hyper bien entourée par sa communauté (#sororité) et surtout hautement convoitée (team Alice ou team Lara ?) parce que oui : on peut être malade, affaiblie, et toujours désirable.
Tig Bavaro dans One Mississippi
Bon, ok, c'est peut-être pas encore considéré comme une série culte... mais on est d'avis que ça ne saurait tarder. Le plus ouf dans One Mississippi, cette série semi-autobiographique qui raconte le retour dans son sud natal d'une chroniqueuse radio californienne, c'est que le thème central n'est pas le cancer du sein, mais que la réalisatrice (qui joue aussi le rôle principal) parvient à évoquer le sujet de manière décomplexée, avec l’humour cru qui la caractérise. Mention spéciale pour l'épisode 5, saison 1, où le personnage de Tig se montre torse nu, dévoilant sa poitrine post-double mastectomie. Entre la gêne de Tig et l’intérêt un poil fétichisant de son crush, cette scène montre la difficulté de s’approprier un corps nouveau, cicatrisé, même quand il est désiré. Dans sa série comme dans son stand-up (en 2014, elle avait performé la moitié de son spectacle topless), Tig Notaro fait tomber la chemise – et les tabous avec – et contribue à banaliser la représentation de corps féminins non normés.
Et on est carrément là pour ça.







