C’est quoi exactement la santé mentale ?

 

L’OMS définit la santé en général comme “un état de complet bien-être physique, mental et social, qui ne consiste pas seulement en une absence de maladie ou d'infirmité”.

 

La santé de notre psychée fait donc partie de la santé avec un grand S, au même niveau que celle de notre corps. C’est alors normal, quand on souffre de dépression, d’anxiété ou de schizophrénie par exemple, de soigner ces troubles, exactement comme quand on demande de l’aide pour soigner une angine, une myopie ou un bras cassé. Qui a honte d’aller chez un·e médecin pour se faire poser un plâtre ? Personne. Et ça devrait être pareil pour les maladies mentales.

L’évolution de notre santé mentale ou les différences entre les personnes s’expliquent d'ailleurs souvent par des facteurs indépendants de notre volonté, comme l’hérédité, les traumatismes que l’on peut traverser (décès, agression, accident), ou nos conditions de vie (pays en paix, métier stable, toit au-dessus de notre tête, etc). Comme pour tout, nous ne sommes pas égaux·les face à la santé mentale.

 

Pour l'évaluer, en Europe on ne parle pas de bonne et mauvaise santé mentale mais de santé mentale positive et négative.

 

La santé mentale positive définit un état de bien-être, d’épanouissement et d’autonomie psychique, émotionnelle et cognitive (on est heureux·se, détendu·e, nos pensées et décisions font sens et sont adaptées aux situations).

La santé mentale négative est divisée en 2 catégories : la détresse psychologique (comme le stress ou les moments de tristesse suite à une rupture ou à la perte d’un proche par exemple), et les troubles mentaux (dépression, stress post-traumatique, troubles du comportement alimentaire, schizophrénie, bipolarité…).

 

On peut vous mettre en lien ici la classification des Troubles mentaux et du comportement par l’OMS pour vous donner une idée, mais on n’est pas d’accord avec tout (au hasard, le fait de classer la transidentité ou le travestissement dans les troubles de la personnalité et du comportement chez l’adulte).

 

 

Faire la différence entre déprime et dépression

 

Pour mieux définir la santé mentale, on peut donc mieux différencier détresse psychologique et troubles mentaux. Comparaison la plus flagrante : la déprime et la dépression. Se sentir déprimé·e, c’est se sentir triste, abattue, en colère, souvent en réponse à un évènement, comme un décès, une rupture, un échec professionnel, la fin d'une amitié. C’est un état passager lié aux sentiments.

La dépression en revanche est une maladie mentale qui se traduit par une grande tristesse, une fatigue extrême, une perte d’intérêt total pour la vie sociale et professionnelle, un sentiment d’échec et de culpabilité, des grandes difficultés de concentration, un dérèglement du cycle du sommeil, une sous-alimentation ou une hyperphagie, et parfois des pensées suicidaires.

 

Ça peut survenir à la suite d’un évènement, mais aussi refaire surface des années après un trauma. L’un se soigne avec du temps, l’autre avec un suivi psychiatrique souvent accompagné d'un traitement.

 

On peut faire la même comparaison entre la peur et la phobie. On peut avoir peur des araignées, c’est à dire être stressé·e ou mal à l’aise en leur présence, mais les symptômes d'une phobie sont bien plus graves : crises de panique, malaises, insomnies, nausées, isolement… Et il vaut mieux suivre une thérapie pour éviter qu'ils deviennent handicapant, ou qu'ils cessent de l'être.

Bien comprendre ces différences c’est mieux comprendre la santé mentale, et donc être plus à même de prendre soin de soi et des autres.

 

 

Ne me traitez pas de schizo

 

Encore aujourd’hui, notre société stigmatise les maladies mentales. Et malheureusement très souvent, tabou = insultes. Que celle qui ne s’est jamais faite traitée de “bipolaire” pendant un SPM bien vénère lève la main. Ou de schizo pour avoir changé d’avis dans la même journée. De parano pour avoir soupçonné son/sa partenaire de tromperie. Ou encore de dépressive, pour avoir légitimement passé son tour sur le mode sourire de promoteur immobilier aujourd’hui.

 

Ces mots lancés à la légère stigmatisent les personnes qui souffrent de ces troubles, et nous font oublier qu’il s’agit là de vraies maladies qui doivent être considérées comme telles pour ensuite être soignées.

Ça nous arrive à tou·te·s d’être lunatique, triste, inquiet·e, ça ne veut pas dire qu’on est bipolaire, dépressif·ve ou paranoïaque. Et être bipolaire, dépressif·ve ou paranoïaque ne veut pas dire qu’on est fou/folle, faible ou inapte. Ça veut dire qu’on a besoin d’aide, et c’est totalement ok.

 

 

Comment prendre soin de sa santé mentale

 

Et bien déjà, en se renseignant. Donc bravo pour tout le travail accompli jusque-là (aka bravo d’avoir lu l’article jusqu’ici). Ensuite, la réponse va un peu vous décevoir, mais il y a autant de façons de prendre soin de sa santé mentale qu’il n'y a de « santés mentales ».

 

La première étape commune en revanche, c’est accepter qu’on va mal pour pouvoir aller mieux. Encore une fois : il n’y a rien de honteux à avoir un trouble mental ou à être en détresse psychologique. La culpabilité est le plus gros stop à la guérison.

Qu’importe votre situation, qu’importe vos privilèges, ce n’est pas parce qu’il y a pire ailleurs que vous n’avez pas le droit de vous sentir mal. Exemple : ce n’est pas parce que vous avez vécu le confinement bien entouré·e, avec un bonus bébé chien et jardin que vous n’avez pas le droit aux larmes et aux angoisses (bordel).

 

Culpabilité away, vous allez pouvoir apprendre à vous écouter, et donc à estimer le niveau d’aide dont vous avez besoin, d’une bonne semaine de vacances/séance de méditation/formule hammam, gommage, massage, à une consultation chez un·e psychiatre, en passant par un changement de taf ou de partenaire (et oui).

 

Dans tous les cas, vous n'êtes pas seul·e, et il y a plein de personnes pour vous aider. Jeudi justement, on vous aide à trouver la/le thérapeute idéal·e ;).