Self-care talk : insomnies et rêves chelous, édition spéciale confinement
Parle à mes cernes
Askip, depuis le début du confinement, le sommeil des gens joue carrément au yo-yo. Il suffit de faire un tour sur les réseaux sociaux pour s’en rendre compte : pour certain·es, c’est dormir 13 heures et être toujours crevé·e. Pour d’autres, c’est se coucher à 23h et s’endormir péniblement à 4h (avec ou sans bingewatching). L’occasion pour la team Tapage de vous aider à faire le point sur la question : qu’est-ce qu’un trouble du sommeil ? Comment dort-on en temps de confinement ? Et enfin, qu’est-ce qu’un rêve chelou et qu’est-ce que ça veut dire ?
Le point sur les troubles du sommeil
Mal dormir, trop dormir, ne pas dormir assez : les troubles du sommeil existaient bien avant le confinement, et touchent en moyenne, en temps “normal” 1 personne adulte sur 3 en France (#beaucoup).
Pour mieux vous repérer sur la grille du sommeil, sachez qu’il n’y a pas un, mais trois troubles du sommeil communs :
1/ L’insomnie (= le manque de sommeil, le plus souvent chronique) qui peut être causée aussi bien par des paramètres extérieurs (dormir dans un environnement bruyant ou insalubre...) que par des causes psychologiques (dépression, anxiété...). Rentrent aussi en ligne de compte l’hygiène de vie (caféine, drogues, excitants, médicaments...).
2/ L’hypersomnie (= le fait de dormir excessivement) qui peut apparaître pour des raisons psychologiques (dépression, par exemple), neurologiques, ou encore pathologiques (coucou les narcoleptiques).
3/ La parasomnie (= le fait d’avoir des comportements “anormaux” pendant son sommeil) qui peut se manifester sous différentes formes. On range dans cette catégorie le somnambulisme, le bruxisme (le fait de grincer des dents), l’apnée du sommeil, les terreurs nocturnes, ou encore la paralysie du sommeil.
Flash info sommeil & pandémie
Une équipe de chercheur·ses qui étudie l’impact psychologique du confinement et de la crise sanitaire sur la population française a réalisé une étude pour comprendre (entre autres) comment les gens dorment, rêvent, ou angoissent en temps de pandémie. Et les chiffres publiés sont énormes : 74% des français·es (soit 3 adultes sur 4) rapportent des problèmes de sommeil depuis le début du confinement.
On y apprend aussi que si, en temps normal, les femmes sont plus touchées par les troubles du sommeil que les hommes, c’est encore plus le cas en ce moment. À mettre en parallèle avec des parcours de vie souvent plus difficiles et précaires (comme on vous l’expliquait déjà dans cet article sur la dépression).
D’ailleurs, l’étude le montre : celles et ceux qui rapportent le plus de problèmes pour dormir, ET avec le plus d’intensité (#anxiété), sont en fait les plus précaires. Soit les personnes au chômage, en difficulté financière, familiale ou professionnelle. Pas étonnant en ce sens que ce soit les jeunes générations (les 18-34 ans, tous genres confondus 👋), dont la qualité de sommeil a été le plus affectée par la crise du COVID-19 à cette date.
On tient donc à vous rappeler que même s’il est possible, (la plupart du temps), de réussir à (sur)vivre avec des troubles du sommeil, le mieux reste d’aller consulter un·e professionnel·le de santé. Il existe différentes approches, thérapeutiques, naturelles et/ou médicamenteuses qui peuvent vous soulager sur le court et/ou le long-terme. Ou à défaut, vous permettre d’en parler (!).
Parce que plus que jamais et comme on dit : le sommeil, c’est la santé (mentale). <3
Ok mais pourquoi on fait des rêves bizarres en ce moment ?
Pour commencer, sachez que le fait de faire des rêves chelous (aussi chelous soient-ils) n’a la plupart du temps rien d’un trouble du sommeil (vs les terreurs nocturnes, ou cauchemars récurrents, qui eux, affectent la qualité du sommeil et donc la qualité de vie).
En fait, nos vies quotidiennes et nos rêves fonctionnent plus ou moins en tandem : les émotions / affects / éléments positifs ou négatifs non-traités par notre cerveau dans la journée peuvent ressurgir sous différentes formes la nuit. Donc OUI, tout le monde rêve toutes les nuits : la question n’est pas de savoir si vous rêvez ou pas mais plutôt de réussir à vous en souvenir.
En principe, on a d’ailleurs tous·tes un ou plusieurs rêves complètement fous ou bizarres qui nous ont marqués à l’échelle de notre vie. Ce qui explique que ce soit l’intensité émotionnelle du rêve qui joue sur le fait que vous puissiez vous en souvenir ou non (un rêve érotique pourrait être plus mémorable qu’un autre par exemple).
La chercheuse en neurosciences Perrine Ruby, l’explique d’ailleurs très bien pour Brut : « On a toutes les raisons de penser que le confinement influence nos rêves, puisqu’on sait que notre vie quotidienne influence nos rêves. Et plus on a d’émotions dans ce qu’on vit, plus on a tendance à en rêver. »
Donc si on fait le calcul : pandémie + confinement + situation inédite = une intensité émotionnelle suffisante pour interpeller la mémoire des rêveur·euses du monde entier (coucou).
D’ailleurs, pour écrire cet article, on a écouté une bonne cinquantaine de rêves de d’inconnu·es à travers le monde sur le génial podcast Rêves de Confinés. On a ri (beaucoup), on a (presque) pleuré, et on a surtout réalisé que d’un bout à l’autre de la France, et de Berlin à Naplouse, en passant par Kinshasa, les gens rêvent de corona et de trucs littéralement improbables.
Un concentré d’amour, d’apocalypse, et de wtf à déguster pour se rappeler qu’on aurait parfois envie que nos vies soient aussi cool et décomplexées que nos rêves les plus fous.







