L’Espagne est sortie grande gagnante

 

La Roja a passé les étapes de la Coupe presque sans encombres jusqu’à une finale réjouissante contre l’Angleterre grâce, notamment, à la capitaine Olga Carmona, ancienne membre de l’équipe des moins de 19 ans des années 2018-2019, et ses talents de leader. Une victoire qui ne laisse personne de marbre, sachant la crise interne qui avait secoué l’équipe espagnole quelques mois avant la compétition internationale où 15 joueuses de la sélection avaient demandé à se retirer de l’équipe face au manque d’ambition de leur entraîneur, Jorge Vilda. Le rapport de forces avait finalement été emporté par la fédération laissant une grande partie des joueuses sans Coupe du Monde. Une histoire qui n’est pas sans rappeler les tensions entre Corinne Diacre et les Bleues il y a quelques mois…

 

Des surprises de tous les côtés

 

Alors qu’on l’annonçait favorite, l’équipe des États-Unis, quadruple championne du monde (sur 8 éditions) s’est faite éliminée dans les 8èmes de finale par une équipe suédoise incrédule. De même pour le Canada, championne olympique en titre, qui est éliminée pendant la phase de poules et pour le Brésil avec Marta, la meilleure buteuse de la compétition à ce jour qui disputait là sa dernière Coupe. C’est du côté de l’Espagne et de la Colombie qu’on a été agréablement surpris. De son côté, l’Espagne, avec une équipe plutôt jeune, est arrivée jusqu’en finale pour la première fois de son histoire et a remporté le Saint Graal. L'équipe colombienne, elle, s’est montrée d’une férocité sans relâche en sortant par exemple l’Allemagne (autre favorite) lors de la phase de poules grâce à une joueuse éclair digne héritière de Marta, la jeune Linda Caceido à l’histoire qui force le respect.

 

Une visibilité de plus en plus importante

 

Révolution très attendue : cette année la FIFA a accepté d’augmenter les salaires des joueuses. Enfin ! Alors que l’édition 2019 proposait 30 millions de dollars en tout pour dédommager les joueuses et celle de 2015 et 7,5 millions pour l’édition allemande de 2011, cette année le budget est monté à 110 millions de dollars. Des primes qui ne cessent d’augmenter donc, mais qui restent environ 4 fois moins élevées que celles de leurs collègues masculins. De plus, malgré quelques hics en termes de vente de droits télévisés (notamment en France) les audiences ont, elles aussi, continué d’augmenter. En Australie par exemple, pays hôte, leur défaite en demi-finale a été l'événement le plus regardé de l’histoire à la télévision, un record.

 

Des actions de folie
 

On retiendra également de cette édition des actions qui nous ont coupé le souffle et des moments de tension insoutenables (RIP nos petits cœurs pendant les tirs au but contre l’Australie). On vous met ici le récap’ des plus beaux buts de la compétition sélectionnés par la FIFA où on peut notamment voir le premier but de l’Histoire de l’Irlande, un coup franc fracassant du Panama et une très jolie feinte de notre star à toustes, Linda Caceido pour la Colombie.

 

Des bad vibes qu’on n’a pas kiffées

 

Et même si on est pleines d’entrain et ravies de cette édition, on n'allait pas partir sans vous parler des scandales qui ont touché la compétition et qui nous ont fait grincer des dents. Ça a commencé quelques semaines avant le début de la compétition lorsque le syndicat FIFPro a révélé que près de 30% des joueuses n’ont pas été payées par leurs fédérations pendant les qualifications et que 66% d’entre elles ont du prendre un congé sans solde ou quitter leur emploi pour pouvoir participer à la Coupe du Monde. Au début de la compétition, lors de la conférence de presse du Maroc avant son premier match, un journaliste a demandé à la capitaine, Ghizlane Chebbak s’il y avait des joueuses homosexuelles dans son équipe... On a roulé les yeux bien haut au ciel. Entre préjugés, respect de la vie privée et situation politique compliquée, on ne sait pas ce qui est le pire. Parallèlement, le sélectionneur de la Zambie a été accusé auprès de la FIFA d’agression sexuelle par une de ses joueuses (et ce n’est pas la première fois pour ce sélectionneur qu’on espère voir décamper très vite). Et il n’est pas le seul puisque le jour même de la victoire espagnole, Luis Rubiales, président de la fédération espagnole, a embrassé de force Jenni Hermoso sur le podium australien. Des images qui sont devenues immédiatement virales et un président désormais sur la sellette après un énième scandale.