Apprendre à échouer dans les règles de l’art
Human after all
Bonnes résolu-quoi ? Non, non. Trop facile. Plutôt que de tout remettre en question chaque premier de l’an, on s’est dit qu’on allait plutôt apprendre à kiffer nos échecs. Histoire d’anticiper la déconvenue de la fin du mois de janvier, quand on se rendra compte qu’on n’a ni arrêté de fumer, ni de boire, ni de manger. Parce que c’est pas possible. Alors, par avance : bon échec à toutes. Et histoire de ne pas trop déprimer, on vous apprend à vous vautrer dans les règles de l’art, juste ici.
#1 : Winner / loser ?
“Réussir sa vie”, “devenir quelqu’un”, “se définir par ses actes”, “accéder au bonheur”, “se battre pour réussir”...? Ce qui serait cool, ce serait qu’on ne nous mette pas trop la pression autour de cette question de la réussite. Sociale, matérielle, financière, affective... Parce que faut y arriver. Faut se battre. Tout faire pour surtout (pitié) ne pas être un looser. Un raté, quoi.
Ce qui veut dire ? Que l’idée que l’on se fait de la réussite à échelle sociétale nous met tellement la pression qu’on en vient souvent à se confondre avec ses échecs. À se dire que quand on a échoué, l’échec, c’est nous. À réécrire l’intégralité de notre vie pro parce qu’on a merdé sur un projet, ou à remettre en question toute notre personnalité, simplement parce qu’un rencard Tinder s’est soldé en fiasco total.
#2 : Apprendre à connaître ses échecs
Il y aurait deux types d’échecs : les échecs ponctuels, plus ou moins imprévisibles (type vous avez pris un risque, essayé un nouveau truc, vous êtes jetée tête la première dans un projet énorme avec un délai de 72 heures...), et les échecs à répétition (genre, vous n’atteignez jamais vos objectifs, vous avez l’impression de ne tout faire qu’à moitié en permanence, vous vous mettez perpétuellement dans les mêmes schémas relationnels…). Pour apprendre à kiffer ses échecs et à vivre la vie côté coolos, il faudrait être capable de les distinguer les uns des autres.
Ce qu’il faut retenir ? Les premiers (ponctuels) sont le fruit d’expériences, de l’imprévisibilité de la vie, et permettent d’apprendre sur le tas. Ils nous donnent les bonnes clés pour envisager les évènements à venir, nous fournissent des informations précieuses sur qui nous sommes et ce que nous voulons pour nos vies. Les seconds (à répétition), se multiplient à l’infini sans que nous n’arrivions jamais à rien en apprendre : ni à revoir nos objectifs à la baisse, ni à nous épargner d’être blessée une fois de plus, par une énième rencontre avec un-e célibataire phobique de l’engagement à qui l’on essaierait de vendre un plan mariage + appart’.
#3 : Une histoire d’objectifs
En fait, il faudrait tout simplement apprendre à nous connaître. Examiner notre conscience et nos besoins tout au long de nos aventures. Prendre soin de nos rêves ; de nos projets, en comprenant que nos échecs - comme nos réussites - ne s’opposent pas à eux : ils en sont simplement les étapes nous permettant de mieux définir nos besoins.
Ce qui veut dire ? Que parfois, il suffit de revoir ses objectifs - à la baisse, ou différemment - bref : de les ajuster avec la réalité pour que toute une situation se débloque. Un peu comme le jour où votre pote qui retapait pour la troisième fois sa première année de médecine a compris qu’en fait il voulait faire des études de socio. En gros : distinguer ses fantasmes de ses projets, c’est aussi savoir apprécier notre capacité à mettre les choses en place pour que ce nous voulons pour nous puisse voir le jour à terme. #doyouknowprocrastination
#4 : Le fin mot de l’histoire ?
Apprendre à aimer vos échecs ne veut pas dire que vous devez intérioriser l’idée que vous les méritez. Il ne s’agit pas non plus de les provoquer ou de les chercher (et c’est ce qu’on fait quand on les ressasse, en se disant finalement, qu’on ne méritait pas mieux) mais peut-être tout simplement de les accepter pour ce qu’ils sont : des événements de la vie. Des trucs qui arrivent, parfois, souvent, sur lesquels le seul véritable pouvoir que nous ayons est un pouvoir de réaction. D’interprétation. De capacité à se dire qu’il s’agit d’une occasion comme une autre pour apprendre à mieux se connaître.
En gros ? Eh bah la vie, c’est pas prévu. Jamais. Ça s’écrit, page par page, tranquille, en mode grand écart métaphorique entre loosedé totale et impressionnant modjo. Et puisque, de fait, rien n’est écrit par avance, les heures sombres que vous êtes en train de vivre (ou que vous avez vécues) pourraient être aussi bien le trailer de votre prochain grand coup d’éclat, comme les prémisses de votre pire cassage de gueule. Mais c’est pas grave, hein, parce que, comme le dit Cardi B. : “knock me down nine times, but I get up ten”.







