Depuis le 15 août dernier, des milliers d’hommes, de femmes et d’enfants tentent de fuir l’Afghanistan, pour protéger leur vie et leur liberté du régime taliban. Lorsqu’il a été en place entre 1996 et 2001, il était notamment interdit aux femmes de s’instruire ou de sortir sans chaperon. Leurs contacts avec l’extérieur étaient extrêmement réglementés. Les flagellations et lapidations publiques étaient monnaie courante dans ce régime fondamentaliste et extrémiste. Le risque aujourd’hui est de les voir tuées parce qu’elles exercent un métier jugé inadapté - enseignante, juge, avocate, artiste ou encore journaliste. Les écoles pour filles risquent également de fermer, et des femmes de 15 à 45 ans se verront certainement forcées d’épouser des soldats talibans. Vous l’aurez compris, ça craint - beaucoup. Alors qu'est-ce qu'on peut faire ?


Soutenir des organisations et des associations

 

Plusieurs médias comme Madmoizelle, Terra Femina ou France Inter ont d’ores et déjà établi des listes d’organisations et d’associations qui œuvrent, en France et à l’étranger, à la protection des femmes et des enfants afghans. Parmi celles que l’on retient et que l’on a spottées :

 

o L'association Afghanistan Libre, qui milite pour la protection des femmes et l’accès à l’éducation en Afghanistan, que vous pouvez soutenir par un don.

 

o Women for Women International, qui propose de « parrainer une sœur », c'est-à-dire de permettre à une femme afghane de recevoir une allocation mensuelle pour se nourrir, se vêtir, avoir accès à l’eau, à un logement ainsi qu’à une formation sur ses droits fondamentaux.

 

o France Terre d’Asile, qui a lancé une opération spéciale : en plus de collectes solidaires en France en partenariat avec Emmaüs, elle s’est associée au festival culinaire RefugeeFood pour proposer aux réfugiés de la cuisine afghane cuisinée par des ressortissants afghans à Paris.

 

o Utopia 56 qui se mobilise en France pour les exilé·es, notamment celles et ceux qui viennent d’Afghanistan. Il est possible d’agir en faisant don d’argent, de nourriture ou de vêtements, mais également en devenant bénévole pour des missions plus ou moins longues, ou même hébergeur citoyen (c'est-à-dire accueillir des réfugiés).

 

o Différentes associations locales ont d’ores et déjà créé un lien avec leur maire, notamment dans les villes écolos et socialistes. C’est le cas à Strasbourg, où 150 Afghans ont été accueillis ces dernières semaines par Foyer Notre-Dame. Cette dernière accueille, héberge et accompagne des réfugiés depuis 1923. Selon France Bleu, des familles auraient également été accueillies dans la commune de Piriac-sur-Mer, à côté de Guérande, soutenues par les élus mais aussi l’association France Horizon, qui accueille, entre autres, des réfugiés et aide à leur insertion depuis 1940. Plusieurs villes comme Villeurbanne, Paris, Lyon, Lille, Besançon ou Bordeaux se sont portées volontaires et préparent l’accueil de réfugiés. Nous vous invitons à vous rapprocher de votre mairie pour connaître les modalités à suivre pour faire un don ou pour accueillir chez vous une personne ou une famille dans le besoin.

 

o Enfin, les plus connues, Médecins sans Frontières, Action contre la faim, la Croix Rouge, ou Save The Children qui ne cessent d’agir sur le terrain pour apporter soin et nourriture aux populations, en France mais aussi en Afghanistan.


Continuer de s’informer

 

L’une des formes de soutien les plus efficaces dans ce cas passe aussi par l’information et l’éducation. Pour mieux comprendre ce qu’il se passe en Afghanistan et ne rien louper, vous pouvez :

 

o suivre des journalistes sur Twitter et dans les médias : Virginie Herz, journaliste et présentatrice française de l’émission Actu’Elles, chez France 24. Margaux Benn, documentariste et journaliste française spécialiste de l’Afghanistan. Mariam Atahi, journaliste afghane et activiste pour le droit de femmes et des enfants. Ghazal Golshiri, reporter pour le Monde, spécialiste de l'Iran et Afghanistan. Ou encore Fatimah Hossaini, journaliste et photographe afghane engagée.

 

o suivre des activistes féministes sur Twitter et dans les médias telles que : Nassim Majidi, fondatrice et co-directrice du centre de recherche Samuel Hall. Shaharzad Akbar, fondatrice afghane du collectif « Free Women Writers ». La photographe afghane Rada Akbar, réfugiée à Paris, à suivre pour ses prises de paroles dans les médias mais aussi pour les clichés qu’elle partage sur Instagram.

 

o Regarder des documentaires et suivre des émissions consacrées sur Arte, comme le documentaire : Afghanistan - Pays meurtri par la guerre. Mais aussi zapper sur France 24 qui a, ces dernières semaines, réalisé plusieurs émissions et reportages sur la cause afghane. À voir : le reportage Afghanistan : au nom des femmes.


 

Anne Lods