Comment ce que j’ai appris sur Tinder m’a aidée à chercher un appart’
Tinder, PAP, même combat
J’avais décidé d’arrêter Tinder pour toujours, quand je me suis lancée dans l’achat d’un appartement... avec une vague sensation de déjà vu. Il ne m'a pas fallu longtemps pour capter que le monde de l’immobilier et celui du dating se ressemblaient étrangement. L’agent, l’entrepreneur, le courtier, le banquier : dans ce monde, tout le monde est un commercial, tout le monde a quelque chose à vendre, et donc : tout le monde se drague. La bonne nouvelle, c’est que j’ai pu utiliser les leçons que j’avais apprises sur Tinder pour me guider dans cette nouvelle aventure. Je vous raconte ?
Il arrive que les gens exagèrent un peu (ou mentent carrément)
Il y a les arnaques qu’on voit venir de loin. Parmi elles, la fameuse “vue mer / Tour Eiffel / Bonne Mère”. A moins de ne pratiquer l’optimisme à haut niveau, on sait très bien qu’elle risque de ne pas être franchement spectaculaire. Qu'il va falloir se pencher et bien regarder à l’horizon par la fenêtre du couloir. Mais techniquement, ce n’est pas faux.
Il y a aussi les vices qu’on découvre à la première visite... Et ceux qui ne se révèleront qu’à l’usage : la luminosité est super, mais il fait 42° en été. Et ce clocher qu’on entend à l’occasion, c’est charmant au début, mais sur les coups de 8h du matin le dimanche, ça pique toujours un peu.
Enfin : l’entourage. Qui peut vous accueillir à bras ouverts comme faire de notre vie un enfer. Les voisins, c’est comme la belle famille, c’est quitte ou double !
Parfois, rien ne se passe comme prévu
Tout se présente bien, vous êtes confiant·e. Cet appart’, c’est le bon, c’est sûr ! Et puis boum : quelqu’un avec un meilleur dossier entre en piste au dernier moment et rafle la mise, le banquier met le doigt sur une petite ligne qui ne lui plaît pas, le propriétaire change d’avis.
La clé pour ne pas trop souffrir : ne pas trop se projeter. Facile à dire, beaucoup plus difficile de retenir les idées qui fusent dans tous les sens.
Mais croyez-moi : plus vous vous serez visualisée en train de recevoir votre bande dans ce si beau salon, plus vous aurez écumé les avis pour choisir le four parfait (oui, quand on est en pleine quête immo, les fantasmes deviennent beaucoup plus terre à terre), plus dure sera la chute en cas de retournement de situation.
Il va falloir être patient·e
Écumer les annonces, multiplier les visites, trouver the one, croiser les doigts pour que le coup de coeur soit réciproque, monter un dossier, paniquer, penser à se rétracter, décider de rester, attendre (que le notaire envoie les documents, que l’entrepreneur commence les travaux, que l’entrepreneur termine les travaux)... Le processus est long, parfois excitant, parfois douloureux. De vraies montagnes russes émotionnelles.
Et une fois que vous aurez passé des années à optimiser chaque recoin, qu’il sera parfaitement à votre goût... Vous aurez envie de nouveauté, d'aller voir ailleurs, et c’est la personne suivante qui en profitera. “Quand je l’ai acheté, il avait de la moquette au sol ET sur les murs", c’est l’équivalent immo de “Quand je l’ai rencontré, il croyait que Bell Hooks, c’était une nouvelle chaîne de fast food”.
What you give is what you get
En fonction de ce qu’on cherche, on ne va pas vouloir transmettre la même vibe : pour une location, il va falloir se montrer fiable et sérieux·se, donner envie de s’engager sur le long terme ; pour un achat, il faut montrer qu’on pèse à l’instant T, et peu importe s’il ne vous reste pas un sou le lendemain.
Cette honnêteté, on se l’applique à soi-même aussi : faire confiance à son instinct, c’est la clé. Si vous entrez dans une pièce et que les ondes sont mauvaises, rien à faire des arguments de l’agent, passez votre chemin. Si les photos sur l'annonce ne vous font pas vibrer, si la proposition ne vend pas vraiment de rêve, il y a très peu de chances que ce soit mieux en vrai.
Et puisque chercher une maison et chercher l’amour se ressemblent tant, pourquoi est-ce qu’on n’irait pas plus loin ? Fatiguée du particulier·e à particulier·e, je crois que pour le dating aussi, je ne serais pas contre avoir un·e agent·e : quelqu’un qui se rende aux rendez-vous à ma place, fasse le tour des critères incontournables avec le propriétaire, liste tout ce qui fait rêver chez moi, et revienne avec une pré-sélection… Je vais trop loin ?
Marion Dewitte







