Comme on n’a pas vraiment grandies bercées par le concept, ça peut paraître un peu flou et on ne sait pas vraiment comment s’y mettre. Sauf que... quand se penche un peu sur quelques moments de notre vie, on se rend compte que la sororité en fait déjà partie. Tenir la porte des toilettes à une inconnue en boîte ? Check. Dire à une meuf en soirée qu’on aime trop ses fringues ? Check. Prêter un tampon en urgence ? Check. Ces petites attentions, c’est de la sororité, des femmes qui soutiennent des femmes.

Ma voisine m’a appelée à 3 heures du mat’ pour que je l’emmène voir si son mec la trompait. MAIS MEUF LA BASE LAISSE MOI METTRE MES CHAUSSURES DIRECT

 

 

Quand on la développe un peu ça donne : surveiller le verre d’une nana en club pour éviter qu’un mec y mette du GHB, s’assoir à côté d’une femme seule qui se fait harceler dans le métro en prétendant être sa pote, soutenir une amie qui se rend au commissariat pour porter plainte pour viol. Se protéger les unes les autres contre la violence du sexisme. Et si vous êtes déjà familière de ces actes de sororité, on est là pour vous donner quelques pistes en plus.

 

 

Niveau 1 : s’inspirer sur Instagram

 

Insta, c’est le royaume de la sororité. On y trouve la masse de comptes engagés pour les femmes et des sources d’inspiration de bonnes actions sororales. Nos deux préférés sur le sujet : @sissislafamille, qui regroupe des témoignages d’actes de sororité, et @lasororité qui compile des vidéos de réflexions sur la solidarité entre femmes, et des citations qui nous donnent de la force et nous invitent à considérer les autres comme des alliées.

Ce que ces comptes nous disent surtout, c’est qu’il ne faut pas hésiter à aider les femmes autour de soi, à les écouter, à les soutenir. On fait la paix avec les moqueries mesquines du lycée : à l’âge adulte, 9 fois sur 10 ça sera reçu avec une éternelle reconnaissance. N’ayons plus peur d’être solidaires ;).

 

 

Niveau 2 : armer sa culture

 

Notre bouquin référence sur la sororité, on vous en parlait déjà ici, c’est Mes bien chères soeurs de Chloé Delaume. À l’intérieur, beaucoup de choses sur un féminisme décomplexé qui nous font chaud au cœur, et cette idée pour pratiquer la sororité entre amies : appliquer le test de Bechdel à ses conversations. Pour rappel, le test de Bechdel mesure le sexisme des films en checkant s’il y a au moins deux personnages féminins identifiés dans l’histoire, si elles parlent entre elles, et d’autre chose que d’un perso masculin. Transposé à notre quotidien ça donne : avoir des conversations sur autre chose que les keums avec nos potes, surtout quand on est hétéro.

Evidemment, l’idée reste quand même de pouvoir parler librement de ce qu’on veut. Mais ça peut être un petit exercice à garder dans un coin de la tête.

 

Autre bonne idée culture à choper : se créer des cinémathèques de réalisatrices (Céline Sciamma, Houda Benyamina, Shonda Rhimes...) ou des playlists d'artistes féminines. Et on espère que vous pensez déjà aux duos de Cardi B et Megan Thee Stallion, ou plus récemment Angèle et Dua Lipa. Pour info, le clip de WAP enregistre déjà 280 millions de vues en 3 mois, et celui de Fever, bientôt 7 millions en 3 jours... Si ça c'est pas une preuve de la puissance de la sororité.

 

 

Niveau 3 : soutenir des women owned business

 

En clair, filer sa thune directement à des femmes pour favoriser l’entreprenariat féminin. L’idée c’est de soutenir des femmes déjà dans le métier, mais aussi de créer un environnement pro plus accessible et accueillant pour celles qui suivront : si les investisseur·e·s voient que les business au féminin marchent, iels seront plus enclin·e·s à financer d’autres startups lancées par des girl boss.

En vrac dans notre liste de marques à suivre : les cosmétiques Green Barbès, les bougies Blown, les compléments alimentaire DIJO, les bijoux de Justine Clenquet, les chaussettes de Coucou Suzette, les masques d’Orphée Studio, les romans des Editions Suzon

 

 

Niveau 4 : s’engager dans des asso

 

Si vous avez envie de témoigner votre sororité sur le terrain, vous pouvez aussi devenir bénévole au sein d’une asso qui vient en aide aux femmes. On vous avez déjà parlé de Humans for Women dans cette newsletter, mais vous pouvez aussi vous rapprocher de la Maison des Femmes de Saint-Denis ou de la Fondation des Femmes entre autres. Et si les conditions sanitaires ne permettent pas tout de suite de rejoindre le terrain, ces asso ont aussi besoin de dons, comme Règles Élémentaires qui fournit des protections hygiéniques aux femmes qui vivent dans la précarité. La sororité, c’est autant surveiller le verre d’une sœur inconnue en club, que donner une petite partie de ses revenus à des sœurs qui vivent dans la rue. Ensemble, nous sommes fortes.