Comment être une bonne alliée de la cause noire
En rang, deux par deux et on lève le poing
Pour accompagner cette semaine dédiée aux cultures noires, on voulait vous filer un petit guide pour soutenir vos potes, camarades, collègues, belle-sœurs, beaux-parents, dentiste, boulangère… pour soutenir toutes les personnes noires en fait. Ou comment on a appris de nos erreurs pour envoyer bouler les clichés racistes un peu plus chaque jour.
Reconnaître ses privilèges
C’est la base quand on souhaite comprendre les discriminations dont sont victimes les personnes racisées et adopter la meilleure attitude en fonction. Comme on vous l’expliquait déjà dans cet article, être privilégiée ne signifie pas rouler sur l’or, mais avoir une immunité particulière (qu’on n’a pas cherché à obtenir) qui nous facilite la vie au quotidien.
Être blanche est un privilège, tout comme être un homme, être valide (non-porteuse d’un handicap), hétéro, cis (en accord avec le genre qui nous a été assigné à la naissance). Pour prendre ce recul nécessaire, on vous rebalance le quiz À quel point êtes-vous privilégié·e ? de Buzzfeed. Très très bon outil.
Laisser la parole aux personnes concernées
Pour être au top de l’alliée-titude, il faut d’abord être à l’écoute des personnes noires. Même si on peut en être témoin, ce sont elles qui vivent le racisme au quotidien. Dans les faits ça donne : plutôt que de prendre directement la parole sur les réseaux sociaux pour dénoncer une discrimination raciale ou un fait d’actualité par exemple, repostez les propos de personnes racisées ou les posts de comptes engagés sur la question.

De cette façon, vous éviter le syndrome white savior (“sauveur·se blanc·he”) et devenez une porte-porte-parole, well done.
Taffer le sujet
Pour pouvoir reposter les propos de gens concernés, il faut les connaître, ces gens. C’est la phase éducation. Pour être une bonne alliée, il faut se renseigner, sur l’Histoire, sur les différentes formes sous lesquelles se manifeste le racisme, sur les militant·es et leurs actions, sur les faits d’actualité, sur les penseurs et penseuses noir·es…
Pour commencer, on vous conseille les podcasts L’effet miroir et Noir is the new black, la série Dear White People et les comptes Insta @decolonisonsnous et @tetonsmarrons. Petite info qui ne fait pas plaisir : on avait prévu de vous parler aussi du compte @maisnoncestpasraciste mais sa créatrice a décidé de le supprimer il y a quelques jours pour ne plus subir les insultes et menaces de mort qu’elle recevait en flot continu. On tenait à lui témoigner tout notre soutien ici.
Reconnaître ses erreurs
Même si vous n’avez jamais fait de soirée black face ou lancé un zouk pour votre pote guadeloupéenne, vous avez peut-être (sûrement ?) commis quelques bourdes. Parce que nous évoluons dans un pays franchement raciste, soyons honnêtes, la déconstruction des préjugés peut prendre du temps. Donc si une personne noire se sent blessée ou offensée par vos actes ou vos propos, ne remettez pas en question ses arguments, remettez-VOUS en question. Si la personne est dispo pour vous parler, profitez-en pour comprendre votre erreur.

Quelques tips pour éviter d’en faire en amont quand même : non, les accents “africain” et “antillais” ne sont pas drôles, ils véhiculent des clichés ; non, le racisme anti-blanc n’existe pas ; si votre phrase commence par “Je ne suis pas raciste mais…”, ne la terminez pas.
Envoyer bouler le white feminism
Kesseussé ? C’est une forme de féminisme suprématiste qui condamne le twerk et le voile parce que l’un réduirait la femme à l’état d’objet et le deuxième à l’état de victime soumise. Sauf que : la base du féminisme c’est que toutes les femmes soient libres de leur choix et égales aux hommes dans leurs droits. Donc si Lizzo ou Nicki Minaj veulent rouler du boule, qu’elles roulent ! Si les femmes musulmanes souhaitent porter le voile pour accompagner leurs enfants en sortie scolaire, qu’elles soient libres de le faire ! Sans slut shaming et sans leçons de femmes blanches qui pensent savoir mieux qu’elles ce qui est bon pour elles (lol).
Il n'y a pas de féminisme sans féminisme intersectionnel, c’est à dire sans prendre en compte les différents niveaux de discrimination que peut subir une femme si elle est racisée, homosexuelle, grosse, transgenre, pauvre, handicapée, travailleuse du sexe, etc… Objectif : construire un monde de tolérance, de paix et de gros câlins. C’est tout ce qu’on se souhaite.







