Nos arrière-grands-mères le savaient déjà

 

En une ligne comme en cent : « le vélo a plus fait pour l’émancipation des femmes que n’importe quelle chose au monde » - Susan B. Anthony, 1896.

 

Mais pour le plaisir, un petit point historique : on commence à faire du vélo à la fin du XIXe siècle, pour le fun et pour le sport. Mais très vite, la fabrication en série en fait un mode de transport à part entière, qui offre aux classes ouvrières et aux femmes la possibilité d’élargir leurs horizons et de se déplacer seul·es.

 

Et comme ça, naît une nouvelle figure de femme courageuse et déterminée : selon l’une des protagonistes du Paris de Zola, la bicyclette est « un continuel apprentissage de la volonté, une admirable leçon de conduite et de défense ». Selon la militante féministe et queen de la punchline Frances Willard, « la femme qui réussira à maîtriser la bicyclette réussira à maîtriser sa vie ». Period.

Tant qu’on y est, on en profite aussi pour mettre un coup d’accélérateur niveau liberté vestimentaire. « Ses vêtements {de la femme} ont été primitivement destinés à la vouer à l’impotence et ils sont demeurés fragiles » dit Simone de B., et la pratique du vélo fait enfin changer les choses. L’ « Ordonnance concernant le travestissement des femmes », est modifiée en 1892 par une circulaire qui autorise les femmes à s’habiller "en homme" (soit à porter un pantalon), à condition qu’elles tiennent par la main un guidon de bicyclette ou les rênes d'un cheval.

 

Pour la petite histoire, cette loi a été abrogée le… 31 janvier 2013. LOL.

 

 

Le remède magique contre le harcèlement

 

Terminés les coups de stress tard le soir à écouter les bruits de pas derrière soi pour essayer de deviner si ce sont ceux d’un homme ou d’une femme, et s’ils se rapprochent ; terminées, les clés serrées entre ses doigts : en roulant, on dépasse tous les weirdos.

Terminés également, les derniers métros un peu shady que l’on regrette parfois d’avoir pris, ou les VTC qui mettent mal à l’aise... #ubercestover

 

A vélo, on trace dans les rues sombres, et on est plus difficile à repérer, alpaguer, inquiéter. On se faufile, on profite des rues calmes, et on découvre sa ville d’un nouvel œil, libérée des craintes qui sont livrées avec la nuit tombée.

 

 

La ride, comme sur des roulettes

 

Presque convaincue, mais c’est l’aspect sécurité routière qui vous inquiète ? On vous comprend ! Quelques petits conseils pour commencer doucement :

 

- Lancez-vous sur de petits trajets que vous connaissez : pas besoin d’avoir le nez sur votre GPS, promenez-vous autour de chez vous, là où vous avez vos repères.

 

- Choisissez des moments où vous avez le temps : pas de rendez-vous urgent, et en dehors des heures de pointe, s’il vous plaît ! Allez-y détendue, laissez-vous doubler par celleux qui sont pressé·es, respectez les feux rouges, et respirez avec le ventre.

- Casque obligatoire : ce n’est pas une obligation légale, mais ça nous ferait vraiment, vraiment plaisir. Non, ce n’est pas très sexy - oui, ça sauve des vies !


- Testez vos options : pas besoin d’investir tout de suite, ni de choisir entre mécanique et électrique. Des solutions existent en location pour vous permettre d’affiner votre décision : regardez du côté de Veligo (Paris), Swapfiets (Lyon, Nantes, Strasbourg, Paris, Toulouse) ou Décathlon Rent (Paris, Lyon). Voire un bon vieux Vélib’ / Vélo’v / V’Lille pour débuter !

 

 

Gangs de rideuses

 

Toujours pas en train de régler votre selle ? Et si vous vous laissiez embarquer par l’énergie communicative de cyclistes sur-motivées ?

Des collectifs de super meufs se retrouvent régulièrement pour rider ensemble, sortir des trajets du quotidien, se challenger sur de plus longues distances ou de nouveaux parcours... L’occasion de dépasser ses limites et de se faire des nouvelles copines !

 

Les pionnières : Ovarian Psycos de Los Angeles

À Nantes : Women Ride

À Bordeaux : Bicyclette Sauvage

À Paris : GOW : Girls On Wheels

 

Et dans ce milieu peuplé d’hommes prêts à vous mansplainer la roue, il existe de plus en plus d’ateliers en mixité choisie qui vous initient aux secrets de la mécanique. Parce que changer sa chambre à air toute seule, c’est la puissance.

 

À Paris : La Petite Rockette

À Lyon : Les heures félines

En IDF : Cyclofficines

Partout en France : Vélorution


 

Marion Dewitte