Faut-il arrêter d’idéaliser les couples de stars ?
Personne n'échappe à la celebrity culture
Plutôt Joe Jonas et Sophie Turner ou Megan Fox et Machine Gun Kelly ? Que l’on s’y intéresse ou non, les couples de stars sont partout : en couverture des magazines, sur Instagram... Certains pays, comme le Royaume-Uni et ses mariages royaux, en ont même fait un art de vivre, tandis que la téléréalité et Keeping Up With The Kardashians nous offrent un accès toujours plus désinhibé aux romances de la jet-set. Bref, les couples de stars, dont on suit plus ou moins compulsivement les hauts et les bas, font partie de notre quotidien. Mais qu’implique vraiment ce guilty pleasure ? Décryptage.
À l’heure des médias de masse, nous avons intégré l’idée qu’il était normal que l’intimité des stars envahisse l’espace public et que l’on épluche le site whodatedwho pour connaître leur CV amoureux : c’est la celebrity culture. Après tout, la surexposition, c’est le revers de la fame, non ? Les stars elles-mêmes ont d’ailleurs bien compris que leur couple était un atout médiatique : des vraies-fausses romances promotionnelles de Zanessa ou Robsten à la demande en mariage surmédiatisée de Kanye West, en passant par l’album-règlements de compte d’Olivia Rodrigo, entre l’amour et l’industrie, à Hollywood, il n’y a qu’un pas.
Pourquoi aime-t-on tellement parler des couples de stars ?
Zendaya et Tom, Gigi et Zayn, Rihanna et A$AP... Quand des gens aussi beaux et talentueux s’aiment, on ne peut qu’être excité·es (envieux·ses ?). Parfois, on se réjouit qu’une romance convaincante à l’écran devienne réalité et prolonge le film (coucou Robert Pattinson et Kristen Stewart pendant Twilight, ou Brangelina après Mr & Mrs Smith, parfois on applaudit certaines relations par soutien politique, comme le bisou de K-Stew et sa fiancée Dylan Meyer aux Oscars (lesbian love <3).
En parallèle, la fan culture contribue à brouiller les frontières entre privé et public, et complexifie notre rapport aux stars, qui fluctue entre l’identification et l’admiration. Voir les stars flirter en cachette - ou, comme Cara Delevigne et Ashley Benson, acheter un sex bench, aka un banc spécial pour faire du sexe -, c’est aussi les découvrir sous un jour plus accessible.
L’amour les rapproche de nous et les humanise : comme nous, ces demi-dieux peuvent avoir envie de faire des trucs de couple nuls, type matching tattoos et sorties à la patinoire. Et quand ils se séparent avec perte et fracas, on compatit, on s’identifie davantage aux chansons tristes qu’ils sortent et on est un peu rassuré·es de voir que malgré leur vie de rêve, ils souffrent aussi #sorry.
Quand le soutien vire au harcèlement
Néanmoins, la surmédiatisation de leur vie privée reflète aussi les rapports de pouvoirs qui structurent l’espace médiatique. La chute des golden couples - l'infidélité de Kristen Stewart, le triangle Justin-Selena-Hailey - débouche souvent sur le slutshaming des stars féminines, dont la carrière se retrouve réduite à leurs ruptures.
« Les gens me transformaient en powerpoint de ma vie amoureuse » analyse Taylor Swift, tandis que sa copine Selena Gomez déclarait à propos de Justin Bieber : « Honnêtement, ce que j’aimerais qu’on publie, c’est que je suis fatiguée de parler de lui ».
S’indigner des séparations de nos stars préférées, c’est aussi parfois faire l’impasse sur la toxicité des relations dans lesquelles elles se trouvaient. On se souvient du harcèlement dont Ariana Grande a été victime à la mort par overdose de son ex Mac Miller, dont beaucoup l’ont rendue responsable, tandis qu’aujourd’hui, le divorce houleux de Kimye rappelle l’impunité dont bénéficient encore les stars masculines en matière de harcèlement.
Alors soutenir stalker les couples de stars pourquoi pas, mais rappelons-nous : contrairement aux séries dans lesquelles iels jouent, leur love life est bien réelle et ne nous appartient pas.
Lena Haque







