J’ai peur de devenir mère

 

Peur de l’accouchement, des violences obstétricales, de perdre son bébé, peur des changements dans notre vie, d’une perte de liberté, peur des changements irréversibles sur notre corps… Impossible de lister ici toutes les peurs qui nous percutent quand on commence à parler enfant, naissance et vie de parent, aka, des peurs NORMALES et saines.

 

Avant, quand on accouchait encore chez soi, toutes les femmes et filles de la famille pouvaient assister à l’évènement. Aujourd’hui, souvent, le premier accouchement auquel on assiste (vraiment) c’est le sien. Pas facile de se faire une idée claire du projet et d’apaiser ses craintes, du coup. Sans prétendre virer toutes vos peurs d’un coup de clavier, on a quand même ici quelques bonnes pistes à vous filer.

#1 Pour dégager la peur d’être “une mauvaise mère” : la série documentaire MÈRES de Josépha Raphard qui compile des témoignages de mamans avec des histoires toutes différentes #enseignements

 

#2 Pour évacuer le flip des violences gynécologiques : une liste de gynéco et sage-femmes safe (féministes, lesbianfriendly, transfriendly, fatfriendly, etc)

 

#3 Pour se rassurer sur l’accouchement : le podcast RadioDoula rempli de témoignages et de contacts de doulas, des femmes d’expérience et formées qui accompagnent les futures mères pendant la grossesse, l’accouchement et en postnatal pour les rassurer et veiller à ce que tous leurs souhaits soient respectés

 

#4 Pour arrêter de se mettre la pression sur le corps avant/après : cette campagne photo de Mothercare qui montre de VRAIES mamans quelques semaines après leur accouchement. Le corps change, c’est normal, mais juste, il a porté la vie pendant pratiquement un an et a donné naissance à un enfant, c’est légèrement plus important non ? Badass que vous êtes ;)

#5 Pour se rassurer sur les premiers mois après la naissance : l’instagram de la réalisatrice et jeune maman Josépha Raphard pour partager ses réflexions rassurantes et inspirantes (et ses photos de big mama lova <3) ET le projet de groupes de paroles pour jeunes mamans qu’elle vient tout juste de lancer, Loma Club

 

#6 En bonus : on aime aussi beaucoup l’instagram de Cléa, doula et hypnothérapeute, blindé de questionnements engagés et de conseils tout doux

 

 

Je ne veux pas d’enfant (mais je veux bien qu’on me lâche la grappe, merci)

 

C’est un mouvement qui prend de plus d’ampleur #childfree et qui suscite toujours plus de commentaires non désirés et d’incompréhension. Pourquoi ? Parce que les femmes ont de plus en plus le choix de faire ce qu’elles veulent de leur corps (yes!), mais que le monde a toujours de bons vieux relents de sexisme intériorisé (flûte).

 

En France, les femmes ont le droit de vote, de travailler, de coucher avec qui elles veulent, d’avoir des enfants (vive la PMA pour toutes, enfin presque) ou de ne PAS en avoir. C’est leur droit parce que c’est leur vie, leur corps, et ça ne regarde personne d’autre. Si on se bat pour le droit à l’avortement, on doit aussi pouvoir se battre pour le droit de ne jamais avoir d’enfant et de vivre ce choix en paix.

Toutes les femmes qui prennent cette décision se retrouvent face aux mêmes remarques : “Tu verras, tu changeras d’avis”, “Tu ne peux pas lutter contre l’horloge biologique”, “Tu le regretteras plus tard”. Toutes ces phrases sont sexistes et infantilisantes : si, une femme adulte est parfaitement capable de prendre les meilleures décisions pour elle-même, et non, les êtres humains ne sont pas nécessairement gouvernés par leurs hormones #notanexcuse.

 

Ensuite, vient souvent le “Pourquoi ?”, avec des questions brutales et intimes du genre : “Tu es stérile ? Tu as eu une enfance malheureuse ? Tu ne veux pas transmettre une maladie génétique à ton enfant ?”. Primo, vous n’avez pas à justifier votre choix, et vous pouvez très bien le dire tel quel. Deuxio, n’hésitez pas à rappeler à qui vous demande ça à quel point ces questions peuvent être violentes, parce qu’on ne connaît pas toujours les traumatismes d’une personne, si trauma il y a.

 

Troisième étape, le jugement. On a tellement grandi dans une politique nataliste (parler reproduction mais pas plaisir dans les cours d’éducation sexuelle, définir la procréation comme le “cycle de la vie”, considérer les enfants comme une étape logique, presque préprogrammée pour tou·te·s...), que la décision de ne pas enfanter se heurte à la culture, aux coutumes, aux traditions profondément ancrées #touchy. On passe alors pour quelqu’un d’égoïste dénué d’amour. Rude.

Pour avoir déjà eu cette conversation, il y a une réponse toute faite qu’on aime beaucoup (attention, c’est peut-être un peu brutal aussi, donc à utiliser avec modération) : pour penser que quelqu’un qui ne veut pas d’enfant est égoïste, il faut voir la maternité comme un f***ing sacrifice... Et quand on regarde l’état du monde, surpeuplé, à bout de souffle, lui épargner une nouvelle vie ressemble plutôt à un acte altruiste non ?

 

Ceci étant dit, c’est juste pour qu’on vous foute la paix. D’un autre côté, on pense aussi qu’il faut plus d’enfants éduqués par des personnes engagées pour la planète et pour les autres. Mais surtout, des enfants choisis et désirés. Votre corps, votre choix, point final <3.