Avant, je faisais semblant d’être au téléphone pour pouvoir parler toute seule dans la rue. Oui, je répétais des conversations importantes avant qu’elles n’aient lieu, j’en re-jouais d’autres après la bataille, ou je m’imaginais en interview à la télé pour essayer de mieux raconter ce que je fais dans la vie (comment ça, vous n’avez jamais fait ça ?)

 

Et puis j’ai découvert les voice-notes. Mon monde a basculé : j’ai découvert que je pouvais vraiment parler au téléphone... sans personne au bout du fil.
 


Laissez-moi vous en dire plus sur ce moyen de communication. D’un côté, il y a la team Messenger : bloqués au bout d’une minute, game over. De l’autre, l’équipe WhatsApp : durée de la note illimitée, on peut même verrouiller l’écran en glissant le doigt vers le haut quand on appuie sur le micro... et ranger son téléphone ! Attention toutefois, risque de déraper et cliquer sur “envoyer” sans faire exprès.

 

On me signale un outsider qui fait son entrée dans le game : l’application Dictaphone de l'iPhone, parfaite pour s’entraîner en toute sécurité avant d’envoyer. Vous pouvez directement partager votre œuvre sur les différentes applis après l'avoir enregistrée.
 


En tout cas, quelle que soit votre team, vous avez au bout des doigts le pouvoir d’envoyer un billet audio à votre interlocuteur.ice qui écoutera le doux son de votre voix en différé. Je vous partage mes quelques remarques et conseils avant de vous lancer ou pour vous améliorer.

 

Particulièrement géniale pour communiquer en ces temps distanciés, relevons d’abord que la note vocale est asynchrone : je te l’envoie pendant mon footing matinal, tu me réponds le soir depuis ton canap’. Finis les 36 appels manqués et le chat-souris du type désolée, j’entre en zoom ! je te rappelle dans 1h ?

 

La note vocale est également versatile : elle fait aussi bien le taff pour la déclaration d’amitié spontanée à votre meilleure pote que pour un rapide débrief à une collègue. Oui, je vous encourage à la tester dans le cadre pro ! Franchement en ce moment, comment refuser un peu de spontanéité, de chaleur humaine, de légèreté ?

 

Ah oui parce qu’une voice note, ça ne se répète pas. On appuie sur le micro, et on se lâche ! En note vocale, on en fait qu’une prise, même avec ses petits balbutiements (bon, sauf cas extrême de type conversation de rupture - mais je vous déconseille ce format dans cette situation). Le sujet n’est pas la perfection, mais la spontanéité.
 


Et tant que vous y êtes... faites ça dans la rue, dans le bus, au supermarché ! On veut des bruits des sirènes, des “excusez-moi”, des “merci !” ou “c’est à vous ce gant ?” - autant de bruits de la vraie vie qui viendront réchauffer le cœur de cet·te ami·e coincé·e trop loin de vous depuis un moment.

 

C’est aussi un fabuleux moyen de brainstormer... avec vous-même ! Vous verrez, une fois que vous commencez, difficile de s’arrêter. Vous sortirez votre appli dès qu’une idée vous titille, parce que vous savez que vous devez absolument la partager. Comme moi, vous avez peut-être une mère sympa qui accepte d’être spammée de messages “pas pour elle”, juste pour votre historique personnel. Sinon, partagez votre message avec la première personne concernée par votre projet.
 


Si comme moi vous êtes prolixe, la bonne pratique ultime consiste à faire un petit résumé - écrit cette fois - de vos 11 minutes de self-podcast. Ça donne :

 

En résumé :

1) Yes pour samedi : j’apporte quoi ?

2) Bravo pour le nouveau job ! On débriefera en live.

3) Cadeau Ju : je vote pour le sweat vert.

Bise !
 


Attention ! La note vocale est un medium intime. Et comme toute activité intime, elle requiert le consentement. Je ne rigole qu’à moitié, et l’ai appris à mes dépends.

 

Un jour, j’ai remarqué qu’une de mes conversations ressemblait à ça :

 

Steph : note vocale de 5 minutes.

Amie : texto d’une ligne.

Steph : note vocale de 8 minutes.

Amie : texto mono-mot.

...

Voix intérieure de Steph : tiens, il n’y aurait pas un problème ?

 

La leçon : si vous envoyez des tonnes de messages vocaux et qu’on ne vous répond qu’en texto c’est probablement le signe qu’il.elle n’est pas emballé.e par votre manière de communiquer. Dommage, c’est vrai. Mais je soupçonne que si vous lui partagez cet article, les choses ne tarderont pas à changer !


 

Stéphanie Pfeiffer