Fake news/Infox : un mot en voyage

 

Les fake news ont trouvé leur place dans notre belle langue française : infox c’est la contraction d’information et d’intoxication, rien que ça... Pour la petite histoire, le mot a été soumis à l’Académie Française pour qu’elle donne son avis sur ce projet. Après l’accord du ministre de la Culture, le mot infox est publié au Journal Officiel.

 

Infox : Information mensongère ou délibérément biaisée. Une infox peut servir, par exemple, à favoriser un parti politique au détriment d’un autre, à entacher la réputation d’une personnalité ou d’une entreprise, ou à contredire une vérité scientifique.

D’où viennent les fake ? Il était une fois en URSS…

 

Donald Trump se félicite de l’utilisation intempestive qu’il fait du mot fake news et va jusqu’à se l’approprier. Contrairement à ce qu’il aime croire, les fake news existaient bien avant lui, la désinformation suit l'info depuis toujours. Par exemple, pendant la Guerre Froide entre les Etats-Unis et l’URSS (1947 – 1991) les soviétiques utilisaient la dezinformatsiya (désinformation) contre leurs ennemis.

 

Dans un documentaire du New York Times, un ancien espion du KGB explique comment l’organe d'espionnage russe a théorisé et mis beaucoup de temps et d’argent dans la conception et la dissémination de fausses informations dans le but de changer la perception de la réalité. Rien de nouveau sous le soleil…

Alerte infox : à quoi ça ressemble ?

 

Des gros titres qui donnent t-r-o-p envie de cliquer dessus, un ton sensationnel à base de buzz words : vous êtes probablement à proximité d’une infox. Un compte Twitter ou Instagram qui publie des dizaines de fois par jour sans jamais créer son propre contenu ? Des bios évasives, des noms d’utilisateurs qui n’ont pas l’air d’avoir été inventés par un humain ? On fait gaffe, notamment aux citations, aux memes et autres objets non-identifiés qui circulent ultra vite sur le net.

Comment ne pas se faire avoir ?

 

La formule magique : adopter un scepticisme a priori & une attitude responsable à tout prix, parce qu’on a un rôle à jouer là dedans aussi. Quelques réflexes à intégrer :

 

1) Le clic droit sur les images chelou : Google et autres moteurs de recherches permettent de savoir quand est-ce qu’une image a été utilisée pour la première fois et donc potentiellement signaler son détournement.

 

2) On garde les yeux grands ouverts sur les noms de rue, les enseignes, les plaques d’immatriculation, bref on collecte précieusement les indices pour éviter de se faire avoir par les vidéos qui tournent.

 

3) On ne partage pas une info sur les réseaux si on n'est pas sûre qu'elle soit 100% vraie.

À emporter

 

Pour aller encore plus loin on check :

 

Vrai ou Fake, la plateforme de fact checking participative de l’audiovisuel public

Les vidéos de lutte anti-fake news d’Audrey WTFake sur sa chaîne YouTube

Les analyses rhétoriques de Clément Viktorovitch sur Clique TV

Notre article déjà publié sur le sujet, Vraie question : Comment bien se renseigner en ligne ?