Laissez Emily Ratajkowski tranquille
Sérieusement ?
On la croyait épanouie en amour, mais il en n’était rien : Emily Ratajkowski a récemment choqué le monde entier en entamant une procédure de divorce à l’encontre de son mari infidèle. Pas de répit pour la fraîchement single mom, cependant, qui fait déja face à de nombreuses critiques. On souffle.
You can never get it right
« Si même Emrata se fait tromper, je crois que c’est mort pour tout le monde… » : dévasté·es par l’annonce du divorce imminent de la mannequin, les Twittos du monde entier ont exprimé leur dépit. Réduite, comme presque toujours, à sa plastique, Emily Ratajkowski a fait l’objet de spéculations concernant la possibilité d’être malheureuse en amour malgré un corps soi-disant parfait - quand elle n’était pas moralisée pour avoir épousé un homme aussi médiocre. Sur internet, pas le temps pour la compassion…
Et si la principale concernée semble garder la pêche et poste des tiktoks de bad bitch (on est fans de celui qui dit « Quand il pense qu’il est un 10 parce qu’il a réussi à te pécho mais que tu aimes les moches ») et donne de la force à toutes les filles célibataires (« Quand je pense que cette reine et moi traversons toutes les deux une rupture, ça va mieux » peut-on lire dans les commentaires), le reste du monde n’est pas tendre avec elle.
Du slutshaming et de la culpabilisation des femmes célibataires
Fidèle à son image publique, la mannequin a continué de poster ses clichés sexy habituels sur les réseaux sociaux, suscitant la désapprobation de beaucoup : « Ça se voit qu’elle cherche un mec avec ce genre de photos », « C’est déplacé pour une mère de poster ça », « Pas étonnant que son mec l’ait trompé »...
Condensé de misogynie, ces commentaires rappellent à quel point il est impossible d’être une femme et de montrer son corps sur internet, tout particulièrement après une rupture -même si vous en êtes la victime. Les dates de la jeune femme sont aussi passés en revue : « Ratajkowski n’a pas perdu de temps pour oublier son mari accusé de tromperie » peut-on ainsi lire sur le site Radar, tandis que la presse people se déchire pour savoir qui est désormais l’heureux élu.
Une attention aux relents d’objectification, que la jeune femme a dénoncé sur Tiktok. « C’est toujours “Ah, qui est-ce qui va réussir à l’avoir ?” plutôt que “Ceci est une relation réciproque et mutuelle où deux personnes pourraient tomber amoureuses » a-t-elle commenté en critiquant les relations hétéros.
Décrédibiliser les féministes
Cerise sur le gâteau, l’autrice de My Body a également été accusée d’être une mauvaise féministe. « Emily Ratakowski fait un post pour soutenir Amber Heard tout en passant à autre chose avec Brad Pitt », pouvait-on ainsi lire sur Jezebel. Alors que ce dernier a récemment été accusé de violences par Angelina Jolie, l’article poursuit : « En tant que célébrité qui fait reposer son image sur son militantisme féministe et qui a parlé d’agressions sexuelles et de harcèlement dans son essai, dater un agresseur semble plutôt contraire à toutes les valeurs que Ratajkowski prétend défendre ».
Certes, il est important de ne pas donner de la force aux mauvaises personnes, mais cette pression exercée sur d’Emrata reflète surtout la façon dont les décisions prises par les femmes sont constamment critiquées, tout particulièrement quand elles se disent féministes : scrutées en permanence dans l’attente d’un faux pas, tout est prétexte à les accuser d’hypocrisie… Quitte à les blâmer par extension pour les torts des autres.
On se rappelle la vague de harcèlement qu’avait subi Angèle quand Romeo Elvis avait été accusé d’agression, éclipsant presque le principal concerné, tandis qu’internet exigeait d’elle qu’elle “balance son frère”.
Demander des comptes aux féministes au lieu d’en demander aux hommes, et dénoncer - voire se réjouir de - leurs imperfections illustre avant tout la violence dont fait encore preuve la société à l’égard des femmes qui osent militer. Il serait peut être temps de se focaliser sur le vrai problème - les agresseurs - et de laisser les femmes souffler un peu, non ?
Lena Haque







