À quoi ça sert, comment ça se passe ?

 

Le contexte : Taubira ? Hidalgo ? Mélenchon ? Jadot ? On dénombre aujourd’hui 15 (!) candidat·es à la Présidentielle issu·es de partis de gauche, toutes familles politiques confondues. Certaines voix s’élèvent donc pour dire que « trop » de candidat·es, c'est beaucoup moins de chances de remporter l’élection face à une droite qui galope en tête dans les sondages. Sans compter qu’on sait aujourd’hui que toutes ces candidatures mises ensemble réunissent (seulement) 25% d’intentions de vote au total. Gloups.

 

Le principe : C’est dans ce contexte que naît en 2021 l’asso « 2022 ou jamais », qui porte le projet de la Primaire Populaire. Créée et soutenue par des militant·es de tous bords, son objectif est de donner la parole aux citoyen·nes pour dégager une candidature unique à gauche - et donc, grosso modo, maximiser les chances de la gauche de remporter la Présidentielle.

Mais ce n’est pas tout. L’idée de cette initiative est surtout de mettre l’accent sur ce qui rassemble la gauche plutôt que sur ce qui la divise. C'est ce que l’asso appelle « le socle commun » : une sorte de programme politique réunissant 10 grandes propositions inspirées par tous les partis, et par toutes les revendications des mouvements sociaux de ces dernières années (Gilets Jaunes, luttes féministes, anti-racistes etc…).

 

Les candidat·es : samedi 15 janvier, l’asso a donc dévoilé les 7 candidat·es en lice pour la Primaire Populaire : Anna Agueb-Porterie (une militante écolo de 23 ans), Anne Hidalgo (la candidate PS et Maire de Paris), Jean-Luc Mélenchon (candidat et président de La France Insoumise), Yannick Jadot (candidat écolo EELV), Pierre Larrouturou (député européen), Charlotte Marchandise (militante associative) et Christiane Taubira (ex-ministre de la Justice et candidate depuis samedi 15 janvier).

 

 

Pourquoi certain·es sont contre ?

 

Sur le papier, cette Primaire, c’est bien sûr une très belle idée. Mais là où ça devient compliqué, c’est que les candidat·es pour lequel·les vous pouvez voter... n’y sont pas forcément favorables, et n’ont pas forcément choisi de s’y inscrire non plus. Vous commencez à avoir la migraine ? On vous explique : pour qu’un·e candidat·e à la Présidentielle 2022 soit candidat·e à la Primaire Populaire, iel doit avoir réuni suffisamment de « parrainages citoyens ».

 

Ce qui veut dire que vous pouvez voter pour Yannick Jadot, Jean-Luc Mélenchon ou Anne Hidalgo... alors même qu’iels ne souhaitaient pas y participer et qu’iels ont affirmé que quelle que soit l’issue de ce vote, leur candidature à la Présidentielle serait maintenue. Which means qu’à ce stade, à part Christiane Taubira, aucun·e candidat·e en lice à la Primaire ne souhaite tenir compte des résultats de ce vote citoyen. Brainfuck x1000.

Illustration @ryanputnam



Leurs arguments ? Côté Jadot, c’est, en gros « pas envie de me refarcir une primaire alors qu’il y a déjà eu la primaire des verts et que j’ai gagné contre Sandrine Rousseau ». Côté Mélenchon ? « Pas envie de me farcir une primaire alors que je suis le candidat de gauche qui a le plus de chances de gagner et que personne n’a voulu travailler à un projet commun avec moi depuis 2017 ». Côté Hidalgo, pour finir ? « Si personne ne veut y aller alors je vois pas trop ce que j’irais y faire puisque du coup à quoi bon ? »

 

C’est là que vous pouvez vous dire : « pourquoi voter pour une primaire à laquelle les candidat·es semblent participer de force et dont les résultats ne seront pas pris en compte ? » Question légitime, obvi. Mais puisqu’on en est là, pourquoi ne pas s’engager ? Pourquoi ne pas faire entendre nos voix et voir ce que ça donne ?

 

 

Pourquoi c’est (quand même) cool ?

 

Il faut savoir, pour commencer, que ce mécanisme de Primaire Populaire vient des USA, et qu’il s’agit d’une initiative à laquelle nous ne sommes pas bien habitué·es en France - raison pour laquelle l’engagement autour de ce mouvement citoyen à un peu de mal à décoller (pour l’instant, mais qui sait).

 

300 000 inscrit·es pour le vote, OK, ce n’est pas énorme, MAIS comment ne pas avoir envie de valoriser une initiative qui redonne la parole au peuple, à un moment de l’histoire politique française où le taux d’abstention crève le plafond à chaque élection ? Vous voyez où on veut en venir : si cette Primaire est la marque d’un regain d’engagement des citoyen·nes dans la vie et le débat politique, alors on peut se dire que c’est tout de même très chouette de s’engager autour de ce projet commun. De donner son avis.

Illustration @marcuswalters



What’s more ? Eh bien, disons que quelle que soit l’issue de cette Primaire, et la manière dont les candidat·es tiendront compte (ou non) des résultats, on peut au moins se réjouir de la place qu’elle prend dans le débat public, complètement hacké par des problématiques de droite et d’extrême-droite ces derniers temps. C’est peut-être le bazar, cette Primaire, mais au moins, on entend parler de la gauche. On entend des idées fuser. On met les pieds dans le plat sur ce qui la divise. Et c’est déjà ça.

 

Bref : le résultat de cette Primaire sera un bon indicateur de ce que veulent (ou non) les électeur·ices de gauche. De quoi créer ne serait-ce qu’un semblant de cohésion en vue des élections et des années à venir.

 

 

Ce qu’il vous reste à faire en tant que citoyen·ne

 

À ce stade, ce sont près de 300 000 personnes qui sont inscrites sur la plateforme pour ce vote. Vous pouvez le faire juste ici, jusqu’au 23/01 à 23h59 !

 

Le vote se déroulera ensuite du 27 au 30 janvier, exclusivement en ligne : vous n’avez pas besoin de carte électorale, juste de donner votre avis. La suite ? On verra bien au premier tour des élections, prévu pour le 10 avril. On en profite pour vous rappeler de checker ou de faire votre inscription sur les listes électorales, juste ici, jusqu’au 2 mars. Let’s vote !

 

 

Pour aller (encore) plus loin :

 

- Le 28’ Minutes de cette semaine avec Mathilde Imer, porte-parole de la Primaire Populaire, à streamer sur Arte

- Le Ouvrez l’Élysée spécial Rendez-vous manqué de la gauche, à mater sur Mediapart

- Le dernier épisode d’Un Bourbon sinon rien, (deuxième partie à propos de la Primaire), à découvrir sur Blast

- Notre sélection de webséries à binger pour tout piger aux Présidentielles, juste là