Le VRAI/FAUX de l'hypnose
Je vais compter jusqu'à trois...
Chasse gardée des magicien·ne·s, nouvel outil de la psychologie ou arme de soumission massive ? L’hypnose est pétrie de clichés qui fascinent et effraient, mais difficile de lui donner une définition précise. En réalité, on a tous et toutes déjà été hypnotisé·e, et pas qu’une fois. Se perdre dans une rêverie en contemplant les vagues ? Etat hypnotique. Imaginer un mariage, un pavillon et deux tortues en date alors que la personne nous raconte sa vie juste en face ? Etat hypnotique. Zone out et ne pas entendre la question de sa boss sur Zoom ? Etat hypnotique. Ces exemples sont des témoins d’un état de conscience modifié, que l’hypnose tente simplement de reproduire, via des méthodes différentes suivant les effets recherchés. As simple as that. On continue sur cette lancée pour dégommer les clichés et en apprendre davantage sur cet outil passionnant ?
On peut vous faire faire ce qu’on veut sous hypnose : FAUX
Les shows de Mesmer dans lesquels il intime à une inconnue du public de faire la poule en un claquement de doigts ? C’est spectaculaire mais pas aussi simple que ça. Sous hypnose, on reste conscient·e. On sait exactement ce qu’on fait, et on décide de se laisser faire ou non. "Personne ne peut vous forcer à faire ce que vous ne voulez pas sous hypnose”, confirme Mandada, hypnothérapeute à Paris.
L’hypnose n’a rien à voir avec une suppression du contrôle, c’est au contraire une façon de vous donner le contrôle sur votre inconscient. L’hypnotiseur ou hypnothérapeute n’est qu’un·e guide, à vous de le suivre ou non.
On ne peut pas se réveiller seul·e de l’hypnose : FAUX
Et même doublement faux, déjà parce que sous hypnose, on n’est pas endormi ou inconscient. L’état hypnotique se situe précisément entre l’état d’éveil et le sommeil. La transe hypnotique est d’ailleurs un phénomène reconnu scientifiquement (et attesté par imagerie cérébrale #IRM), et qui correspond à une certaine fréquence d’ondes cérébrales : de 8 et 12 Hertz pour une hypnose légère, et de 5 à 7 Hertz pour une hypnose profonde. Pour info, une fréquence à partir de 13 Hz correspond à celle de notre éveil en mode activités quotidiennes, et en dessous de 5 Hz, on dort.
L’hypnose nous aide simplement à atteindre un état modifié de conscience, qu’on côtoie régulièrement seul·e en passant, comme par exemple quand on se focalise sur son tél en marchant. On ne fait plus attention à ce qu’il y a autour de nous, on est hypnotisé·e par notre écran (et non, ce n’est pas juste une expression). Comme quand on décide de lever les yeux de notre écran pour traverser une rue, on peut tout à fait décider de sortir de cet état lors d’une séance pour retrouver pleine conscience de son environnement.
On ne garde aucun souvenir d’une séance : FAUX
Le “trou noir” décrit à la fin d’un spectacle ? Il est en réalité très très exceptionnel, et symptomatique d’un dysfonctionnement de l’hypnose. On se souvient de tout, des paroles du ou de la guide, du chemin parcouru par l’inconscient, des exercices, de ce qu’on a dit… Bref. Ce n’est pas du somnambulisme : on est présent·e, dans le sens réellement là, conscient·e, tout au long d’une séance. Sinon d’ailleurs, ça n’a aucun intérêt ;).
L’hypnothérapie peut aider à soigner une addiction : VRAI
Comme la psychologie, l’hypnose est une boîte à outils pour l’esprit. Elle est très utile contre les addictions, puisque grâce à des exercices, elle peut vous permettre de créer rapidement de nouvelles connexions dans le cerveau. Par exemple, dévier l’autoroute neuronale cigarette = récompense, et créer de nouvelles routes comme yoga = récompense et cigarette = mauvais moment. Comme un réflexe de Pavlov en accéléré.
L’hypnose peut aider à soigner un trauma : VRAI et FAUX
Il y a plusieurs écoles à ce sujet. En cas de violences sexuells par exemple, certain·e·s thérapeutes vont préférer éviter l’hypnose pour laisser un total contrôle à leurs patient·e·s, qui peuvent souffrir de l’avoir perdu au moment des faits, et dans une pleine conscience pour éviter que leur inconscient ou leur imagination active ne leur fassent revivre des évènements traumatiques.
D’autres thérapeutes vont utiliser l’hypnose justement pour que la victime puisse reprendre le contrôle sur la situation en réécrivant son déroulé, en la débarrassant de sa violence, ou en combattant l’agresseur au sein même du souvenir. L’hypnose peut aussi aider à lever les barrières de la mémoire traumatique, en cas d’inceste par exemple, pour exposer les traumas et mieux pouvoir les appréhender à les soigner. Ça peut aussi être une façon de devancer les potentiels flashbacks qui peuvent être d’une extrême violence pour la victime.
Pour les personnes indécises, il existe une thérapie efficace contre les traumas qui emprunte à l’hypnose sans en être vraiment : l’EMDR. C’est un système de stimulis sensoriels et imaginatifs qui permet de faire travailler ensemble le cerveau droit et le cerveau gauche, souvent en conflit en cas de trauma (et notamment de syndrome de stress post-traumatique). N’hésitez pas à demander conseil à plusieurs thérapeutes pour trouver le meilleur chemin pour vous ;).







