Pour rappel, cette étude est basée sur les réponses des 4 995 lectrices qui ont accepté répondu au questionnaire en ligne hébergé par Occurrence. 4 222 répondantes âgées de 18 à 35 ans ont été analysées après retrait des participants hors de la cible (genre et/ou âge). Puisqu’il ne s’agit pas d’un échantillon probabiliste, les résultats de cette étude ne peuvent être projetés à l’ensemble des femmes françaises âgées de 18 à 35 ans domiciliées en France.
 

Woke Generation

On le voit tous les jours, sur Instagram, dans les médias et même autour de nous : les jeunes femmes de notre génération semblent plus engagées que jamais pour les causes qui leur tiennent à coeur. Et quand on voit les chiffres, on se dit que ce n’est pas qu’une impression.

 

57% des jeunes femmes entre 18 et 35 ans ont déjà participé à des marches. 10% déclarent le faire dès qu’elles peuvent. 34% ont déjà été bénévole ou milité dans une association.

 

Dans la même veine : 58% se disent intéressées par la politique en général et 60% ont abordé le sujet oralement dans le mois précédant l’étude. À titre de comparaison, seulement 12% de la population française globale affirme s’intéresser fortement à la politique.

 

Pour les jeunes femmes, “être engagée” passe aujourd’hui par des formes plus spontanées, moins formelles et plus directes que dans le passé, où il s’agissait par exemple majoritairement d’adhérer à un parti. Pour 95% des répondantes, le summum de l’engagement aujourd’hui est de consommer en adéquation avec ses valeurs. En seconde position, pour 94% des répondantes, le fait de voter à chaque élection est un marqueur d’engagement fort. On commence dimanche ?

 

Vote is the new cool

Près de 5000 réponses en 10 jours pour une étude sur le vote et l’engagement, c’est beaucoup - et déjà une bonne manière de déduire que nos lectrices et celles de Voxe s’intéressent de près à ces sujets.

 

77% d’entre elles comptent aller voter aux municipales… mais seulement 36% savent déjà pour qui.

 

Et pour celles qui ne comptent pas voter ? L’obstacle principal reste l’inscription sur les listes : mal inscrites (40% sont inscrites dans une ville différent de la leur), non inscrites et/ou mal informées (8% ne savent pas si elles sont inscrites et 21% se disent non inscrites). C’est la principale cause avancée par celles qui comptent s'abstenir, parmi nos répondantes.

 

En revanche, pour le reste de la population, c’est plutôt une certaine perplexité envers la politique qui expliquerait le taux d’absention de cette tranche d’âge, selon Anne Muxel, experte en vote des jeunes. Pour elle, l'abstention définit même un nouveau modèle de citoyenneté : c’est un vrai message, on s’abstient délibérément (comme on vote blanc) pour dire quelque chose, affirmer sa position.

 

To the left, to the left

Aller voter, oui, encore faut-il savoir pour qui. Près d’un cinquième des répondantes ne se reconnaît dans aucune sensibilité politique. 33% se déclare de gauche et 23% écologistes.

 

Les répondantes se rattachent globalement plutôt aux idées de gauche alors que la jeunesse en France a perdu cet élan habituel. Les jeunes ne votent plus en majorité à gauche comme c’était le cas dans le passé... et vont même plutôt voter à droite. C’est notamment le cas des jeunes garçons avec un faible niveau d’étude, d’après Anne Muxel.

 

Parmi nos répondantes, 75% demandent que l’environnement et la lutte contre la pollution soit une des priorités de la future équipe municipale (contre 36% pour le reste de la population). Cette question de l’environnement passe même avant l’égalité femmes-hommes.

 

Autre chiffre intéressant : 19% des répondantes aimeraient être maires de leur ville. Les jeunes femmes veulent donc bien jouer le jeu de la démocratie et s’engager plus fortement. Et pour 46% des répondantes (même si elles ne veulent pas être maire), la première qualité d’un ou d’une bonne maire serait d’intégrer les citoyen.ne.s à la prise de décision ; de mener une action en faisant participer les citoyen.ne.s. Vive la démocratie !

 

Women In Power

Pour les jeunes femmes, les médias traditionnels restent des médias d’écoute et d’influence : 80% des sondées suivent l’actualité à la fois sur les médias traditionnels et sur les nouveaux médias.

 

D’après Anne Muxel, il y a un lien très étroit entre le niveau de politisation et la disposition à participer aux élections. L’information générale, la connaissance des rouages des élections (à quoi sert qui, comment elle/il est élu.e ? Quelles sont ses fonctions ?) et l’histoire politique sont nécessaires à l’engagement et à l’intérêt durables des citoyen.ne.s.

 

Ces connaissances sont d’autant plus essentielles pour les femmes qui doivent encore compenser le gender gap qui s’était installé depuis plusieurs décennies : la partition si longtemps maintenue entre un monde privé réservé aux femmes et un espace public réservé aux hommes a créé un décalage de culture politique. Ce qu’on vous propose ? D'inverser la tendance, right here, right now.