Ce qu'il se passe.

L’Espagne veut renforcer la loi sur la santé des femmes.

 

C'est compliqué d'avorter là-bas ?

L’IVG n’y est plus un crime depuis 1985, et aujourd’hui une femme peut avorter jusqu'à 14 semaines de grossesse - comme en France - et jusqu'à 22 semaines si sa vie ou celle de l’enfant sont en danger. Mais certains médecins refusent de pratiquer des IVG, invoquant la clause de conscience - le droit de ne pas réaliser un acte médical contraire à leurs convictions.

 

Et donc ?

Dans les hôpitaux publics, les médecins anti-IVG seraient majoritaires selon l’ordre des médecins, sans qu’aucun chiffre ne soit officiellement connu. Ce qu’on sait, c’est que 85 % des avortements ont lieu dans des cliniques privées qui n’existent pas partout. Ainsi, sur les 50 provinces du pays, 12 n’ont pas pratiqué 1 seul avortement depuis 5 ans. Résultat, sur les 100 000 avortements réalisés chaque année, près de 6 000 femmes parcourent des centaines de km.

 

La nouvelle loi prévoit quoi ?

Elle oblige les médecins refusant l'IVG avec la clause de conscience à s'inscrire sur un registre public, et l’hôpital à trouver une solution. Aussi, les femmes entre 16 et 18 ans pourront avorter sans l’autorisation de leurs parents.

 

Autre chose ?

Oui, pour la 1re fois en Europe, la loi veut créer un congé menstruel : une femme pourra poser 3 à 5 jours de congés payés par l’État si ses règles lui font mal. Le texte prévoit aussi de rendre la pilule gratuite et d’intensifier l'éducation sexuelle dans les écoles.