Petit cours de rattrapage sur le cyberharcèlement
STOP
Entre le Happy Slapping au lycée et les raids fascistes ciblés sur des femmes engagées contre les discriminations, le cyberharcèlement semble se sentir grave à son aise dans l’actualité. Sauf qu’on est là, et qu’on est pas ok avec ça. Vous non plus ? On s’en doutait, c’est pourquoi on vous file ici un récap des infos à connaître pour maîtriser le sujet, dans tous les sens du terme pour le coup.
C’est quoi exactement le cyberharcèlement ?
Du harcèlement en ligne. Ca parait obvious mais c’est important de replacer au centre de la définition le mot “harcèlement”. Ce n’est pas parce que c’est en ligne que c’est moins grave, que ce n’est pas réel, que ce n’est pas “vraiment” du harcèlement. Ajoutez cyber, et ça reste des intimidations, des insultes, des propagations de rumeurs, des moqueries, des menaces répétées par un individu ou un groupe d'individus.
Et parce que c’est en ligne, ça peut aussi être la création d’une discussion, d’un groupe ou d’une page à l’encontre d’une personne, le piratage de comptes et l’usurpation d’identité digitale, le revenge porn, l’envoi d’images pornographiques #dickpic…
Le cyberharcèlement a des effets graves sur la santé mentale et physique des victimes comme nous le racontait Alena dans cette vidéo, allant parfois jusqu’au suicide. Quand on se sent attaqué·e sans répit, même plus en sécurité chez soi, ça devient très difficile de trouver une porte de sortie. Et non, il ne suffit pas d’éteindre son tél ou de fermer son ordi. De la même manière qu’il ne suffit pas de remplacer ses jupes par des pantalons pour ne pas se faire harceler dans la rue. Et en parlant de harcèlement de rue...
Pourquoi les femmes sont plus concernées ?
Dans leur documentaire #SalePute (dispo gratuitement sur Arte), Florence Hainaut et Myriam Leroy enquêtent sur le cyberharcèlement et mettent à jour que la grande majorité des victimes sont des femmes. Quant aux harceleurs ? Pas des geeks planqués derrière leur 12 écrans et leurs obscurs pseudos mais souvent des hommes blancs d’âge moyen (et de droite), qui ne cherchent même pas à se cacher. A l’adolescence, les principales victimes sont aussi souvent des filles et des personnes discriminées (grosses, racisées…).
Selon un sondage Ipsos commandé par Amnesty, 23% des femmes subiraient des violences en ligne. Parmi elles en conséquence, 76% changent leur manière d’utiliser les réseaux, et 32% arrêtent de donner leur opinion en ligne.
Ce harcèlement entre dans le continuum de violences systémiques que subissent les femmes, avec la volonté de les silencier et de les exclure de l’espace public, ici internet, exactement comme le harcèlement de rue dont on parlait plus haut. La solution n’est donc pas de se plier aux injonctions des harceleurs en quittant les réseaux, mais d’utiliser toutes les ressources légales à sa disposition.
Que faire si on est victime de cyberharcèlement ?
Vous pouvez commencer par bloquer toute personne qui cherche à vous nuire (et tous les prochains comptes créés par cette personne comme le propose Instagram), télécharger l’app Bodyguard qui filtre les commentaires haineux, ou filtrer vous-même certains mots-clés sur Insta ou TikTok.
Vous pouvez également contacter les réseaux sociaux sur lesquels on vous harcèle pour demander aux modérateurs de supprimer les contenus qui vous visent (sur Facebook, Instagram, Snapchat, TikTok).
Vous pouvez aussi signaler les faits à la police ou la gendarmerie, en déposant directement plainte au commissariat ou via cette plateforme. Le cyber harcèlement est un délit punissable d’amende donc vous êtes totalement légitime à mener une action en justice, ne laissez personne vous dire le contraire. N’hésitez pas à rassembler des preuves (screen) qui pourront être utilisées dans votre dossier.
Dans tous les cas, n’hésitez pas à en parler autour de vous, ne restez pas seul·e face à la situation. Vous ne l’êtes pas.







