Toutes les infos que vous avez (peut-être) loupées en mars
Flash info pas boring
Le temps est bon, le ciel est bleu, et en ce qui nous concerne, on a vraiment très envie d’oublier l’existence du monde / de la pandémie / de Darmanin pour mieux profiter du soleil. Raison de plus pour ne pas perdre de temps à éplucher toute la presse, pas vrai ? Culture, politique, astrologie, pandémie : bienvenue dans le récap’ de l’actu qui vous met les points sur les i en à peine 10 minutes. À lire en mode rattrapage avec un café au soleil !
PS : Flemme de vous prendre le chou ? Rendez-vous à partir du point 6 pour les bonnes nouvelles ;)
PS 2 : On vous a mis un récap’ des sujets et liens mentionnés à la fin de cet article ! #pratique
#1 La minute 8 mars : pas merci, Libé
On commence le mois avec la journée de lutte pour les droits des femmes, version mi-figue, mi-raisin (#confinéEs). Mais la palme du bad buzz spécial 8 mars (on pèse nos mots) revient sans conteste au journal Libération, qui publiait ce jour-là la lettre d’un violeur à sa victime. Le sens du timing et de la violence, on en parle ou pas ? -_-
Pour France Info, Valérie Rey-Robert, autrice d’Une culture du viol à la française explique : “Le premier problème, selon moi, c'est que la une est consacrée à deux choses : l'euthanasie et la lettre d'un violeur. Le 8 mars, (...) est complètement ignoré par la une, comme si cette journée n'existait pas. Le deuxième problème, c'est l'illustration (...) : le violeur a une couleur foncée et la victime est de couleur claire, il y a le risque d'augmenter, a minima, les stéréotypes racistes autour des violeurs. Et le troisième problème, c'est de faire le choix de publier la lettre d'un violeur la veille d'un 8 mars et la version papier le jour même.”
Au-delà de la responsabilité du journal, les voix des militant·es s’élèvent également pour dénoncer et nuancer la portée des prises de paroles de ces hommes qui ne semblent (étrangement) ressentir le besoin de faire “leur mea culpa” qu’à partir du moment où ils se sentent en danger... parce que la victime a parlé (coucou Roméo Elvis). D’autant que comme le souligne Valérie Rey-Robert : ”A aucun moment, il ne s'excuse à l'égard de la victime et il fait le choix, au lieu de se rendre à la police, d'envoyer cette lettre à un grand quotidien national de gauche. Pourquoi choisit-il de rendre cette lettre publique ?”
Bonne question oui. Et même si on sait qu’Alma, la victime, avait donné son accord pour la publication de cette lettre (ce que l’on respecte évidemment plus que tout #soutienetamoursurelle), on se la pose encore. Parce que dans l’histoire, c’est encore une fois la victime qui paye. La victime, à qui on ne donne pas la parole, comme le souligne Lola Lafon sur Insta. Et il serait (grand) temps que le vent tourne, SVP.
#2 La minute gros raté : la campagne "anti-sexting" de la police nationale
Grosse douche froide à la découverte de la campagne de sensibilisation autour du sexting proposée par la Police Nationale. L’affiche, sensée prémunir les éventuel·les victimes du revenge porn de l’existence de ces violences, s’est littéralement transformée en foire à la culpabilisation, sponso “si il t’arrive une merde, tu l’auras bien cherché”.
Publiée deux jours avant le 8 mars (décidément, on était gâté·es cette année ;)), elle a FORT heureusement été retirée depuis... même si le mal était déjà fait. Comment ce genre de communication peut-elle encore voir le jour en mars 2021 ? Et comment vous dire qu’avec ce genre de campagnes, il ne faut vraiment pas s’étonner qu’on n’aille pas porter plainte en commissariat après ?
Du coup, on en profite pour rééquilibrer un peu la balance : par ici pour découvrir notre article-tuto pour envoyer des nudes aussi safe que sexy <3.
#3 La minute politique française : non-mixité who ?
C’est une histoire en plusieurs étapes alors rembobinons :
Il y a deux semaines, Mélanie Luce, la présidente de l’UNEF (aka l’Union Nationale des Étudiants de France), défendait l’importance des réunions en non-mixité pour "permettre aux personnes touchées par le racisme de pouvoir exprimer ce qu'elles subissent". Dans la foulée, une partie de la classe politique de droite et d’extrême droite s’est littéralement enflammée, demandant la dissolution de ce syndicat étudiant historique, dont l’activité a même été taxée de “pente fasciste” par Jean-Michel Blanquer himself (#wtf).
Une semaine plus tard, Audrey Pulvar a pris la défense de ce syndicat sur le plateau de BFMTV : "Que des personnes discriminées pour les mêmes raisons et de la même façon sentent la nécessité de se réunir entre elles pour en discuter, ça ne me choque pas profondément".
Choquant ? Euhhh bah pas du tout en fait. Mais il n’en fallait pas plus pour créer une déferlante de réactions oppressives sur le sujet. Des réactions d’autant plus disproportionnées que le débat ne portait même pas vraiment sur la non-mixité, mais plutôt sur la capacité des personnes non-concernées par ces sujets de se taire et d’écouter pendant les réunions. En d’autres termes et comme l’explique très bien Anna Toumazoff : “Une partie du pays est en train de chialer parce qu’elle ne peut pas donner son avis à des réunions auxquelles elle ne serait jamais allée si elle y avait eu le plein accès”.
Question à 1000 balles pour conclure : comment une troupe de personnes blanches qui occupe historiquement les hémicycles de pouvoir en mode entre-soi peut-elle décemment reprocher à des personnes qui subissent des violences de se réunir entre elles pour en parler ?
Vous avez 4 heures. Et sinon, vous pouvez regarder cette très bonne vidéo de Laure Adler sur le sujet, par ici :)
#4 La minute COVID : vaccins versus pilule contraceptive
C’est le nombre de cas de formation de caillots sanguins signalés à la suite de la prise du vaccin d’Astra Zeneca. Le nombre de cas qui a suffi à provoquer un tollé dans le monde entier, et à suspendre l’utilisation du vaccin jusqu’à ce que la Haute Autorité de Santé le déclare sans risques.
Bien sûr, la question n’est pas de minimiser les enjeux et les risques pour les éventuelles victimes. Mais que penser des effets secondaires de la pilule contraceptive, qui présentent des risques bien plus élevés de thromboses veineuses et artérielles dans ce contexte ?
Une histoire qui n’est pas sans nous rappeler l’échec de la commercialisation des pilules contraceptives dites “masculines”... à cause d’effets secondaires pourtant très similaires à ceux que se tapent les meufs depuis les années 70. Deux poids, deux mesures ? Ben à peine !
#5 La minute césars : épisode 2021
Après Adèle Haenel et Aïssa Maïga l’an passé, c’est au tour de Corinne Masiero de s’en prendre littéralement plein la gueule après son happening militant et artistique sur le plateau des Césars 2021.
L’objectif de sa performance ? Alerter sur les conditions de vie des intermittent·es du spectacle, en asphyxie dans un monde sans culture possible depuis maintenant un an. Mais ce n’est bien sûr pas de ça dont le monde a choisi de parler : “Atteinte à la pudeur”, “exhibitionnisme”... les réactions soi-disant choquées n’ont cessé de pleuvoir sur Corinne Masiero tout le mois. Comme le souligne très justement Titiou Lecoq, “un corps nu d’une femme de 57 ans choque encore. (...) Nos corps sont des armes politiques. Et bah, qui aurait cru qu'une telle puissance résidait dans nos vergetures.”
L’occasion ou jamais de constater que le regard posé par nos sociétés sur la nudité (dans l’art et dans la vie) va vraiment à deux vitesses que l’on soit une femme ou une homme : comment expliquer sinon que la performance quasi-identique réalisée par le comédien Sébastien Thiéry aux Molières en 2015 n’avait choqué personne ou presque ?
Pour info, et pour remettre l’accent sur ce qui compte VRAIMENT, le message de Corinne Masiero était : "No culture, no futur - Rend l'art Jean". Quand même beaucoup plus utile et cool que des messages de rageux sexistes et âgistes, t’sais.
Plus de lecture dans l’excellente chronique de Titiou à ce sujet, par ici.
#6 La minute bonnes nouvelles (...ou presque)
Clap de fin pour le procès de Sarkozy dans l’affaire des écoutes : l’ancien président a écopé d’une peine de trois ans de prison dont un ferme, et on n’était pas loin de balancer les confettis. De quoi nous permettre de douter un peu moins de l’existence du karma chez la classe politique (#retourdebâton).
De bonnes nouvelles pour la planète en ce moment ? Il y en a quand même : comme le lynx ibérique qui a échappé à l’extinction (<3), ou encore le méga-boom de l’utilisation du vélo en Europe depuis le déconfinement de mai 2020 (#byelesvoitures). Si on peut dire merci au COVID pour quelque chose, on ne va pas s’en priver, héhé. Par ici pour encore plus de bonnes vibes sur le sujet.
Rien à voir, mais plus golri : un an après le début de la vie confinée et des réunions Zoom à gogo, des personnes très bien intentionnées ont eu l’idée de créer un Zoom Escaper. Ce que c’est ? Tout simplement un outil pour saboter vos réunions Zoom et vous barrer en scred. Bruits de chantier, de chiens, ou cris de bébé vénères… faites vos jeux, tout est possible, et on ne dira rien à vos collègues / profs / camarades de promo / potes enragé·es de la soirée Zoom du samedi ;)
#7 La minute astrologique : nouvelle année et planètes en folie
Attention au départ ! La nouvelle année astrologique a commencé le 21 mars, couronnée par l’arrivée du Printemps (#équinoxe), et le début de la saison du Bélier. C’est le moment de vous jeter à la tête du monde et de déguster les vertus du YOLO : vous réfléchirez après ;). Votre feuille de route et vos conseils pour le mois sont à retrouver dans l’horoscope d’avril, juste ici.
What’s more ? Vénus, qu’on pourrait (grossièrement) appeler “la planète de l’amour” a fait son entrée en Bélier jeudi dernier : de quoi nous filer des envies de questionner nos relations, et de mettre un coup de pied dans la fourmilière (si nécessaire, obviously).
Prochain arrêt : la saison du Taureau, à partir du 21 avril. Préparez-vous à recevoir du soleil en masse <3.
#8 La minute culture : des bonnes vibes pour fêter le printemps
Pluie de paillettes et de street-cred au pays du rap français ce mois-ci, avec la sortie des nouveaux albums d’Eddy de Pretto et de Booba. Ouais, on part sur deux salles, deux ambiances, et on vous laisse trancher ;).
Côté musiques électroniques, c’est Rone qui nous câline les oreilles avec un génial album bardé d’invité·es toustes plus cool les un·es que les autres : Rone & Friends. Odezenne, Flavien Berger, Camélia Jordana, Yaël Naïm ou Melissa Laveaux se partagent la vedette de ces featurings parfaits. À binger tout le printemps-été !
Du fou-rire, du militant, du thriller : on vous a trouvé 3 séries parfaites à binger suivant votre mood du moment. De quoi patienter jusqu’à l’arrivée en France du tant attendu documentaire Framing Britney Spears, qui devrait débarquer sur Prime Vidéo le 5 avril.
Ce que vous allez bouquiner tout le mois d’avril ? Pas la peine de chercher plus loin, tout est là : une sélection de 6 ouvrages à dévorer pour faire la révolution, en politique, en poésie, en fiction, en dessins, et même en dictionnaire.
Dans cet article on a parlé…
De la lettre d’un violeur publiée à la Une de Libération le 8 mars, décryptée par Valérie Rey-Robert
Du coup de gueule de Lola Lafon sur Instagram, au sujet de cette lettre
De la potentielle dissolution de l’UNEF, suite à leur prise de position sur la question de la non-mixité (plus d'explications en bas de la pétition, que vous pouvez signer !)
Du backlash contre Audrey Pulvar, qui a pris la défense de l’UNEF, décrypté par Anna Toumazoff
De l’article made with love par Tapage, pour faire des nudes safe et sexy
Du happening de Corinne Masiero aux Césars, décrypté par Titiou Lecoq
De la condamnation de Nicolas Sarkozy
Des bonnes nouvelles pour la planète, telles que vues sur BRUT
Du Zoom Escaper, pour échapper à des réunions gênantes
De l’horoscope de la saison du Bélier #moisdavril
Toutes les recos culturelles sont à digger dans la dernière section de l’article !







