Noël étant traditionnellement une fête familiale et chaleureuse, aka des valeurs perçues socialement comme féminines, les femmes se retrouvent à tout orchestrer. Les hommes, quant à eux, prendraient en charge les tâches sollicitant leurs goûts de gentlemen et leur virilité sans faille : 55 % d’entre eux choisissent les alcools, 49 % ouvrent les fruits de mer et 46 % transportent le sapin. Sans les femmes donc, on se retrouverait tous et toutes bourrées, à manger des huîtres, devant un arbre pas décoré.

 

 

Inflation des prix + inégalité salariale = arnaque sexiste

 

Il ne faut pas oublier non plus que Noël a un coût que tout le monde ne peut pas assumer. Surtout en pleine inflation débarquée il y a plusieurs mois. Récemment, le site France Info a montré que le prix moyen d’un repas de fête pour six personnes avait augmenté de 10 % entre 2021 et 2022. Il coûterait actuellement 116,89 €. Et qui paie les courses ? Bien souvent, ce sont les femmes (qui s’arrangent parfois pour se faire rembourser la moitié).

 

Rebelote pour l’achat des cadeaux. Une étude CSA et Cofidis pour le média Plan Cash a montré que 67 % des femmes interrogées avaient prévu leur budget cadeaux en 2021. Ajoutez à ça l’inégalité salariale, la charge mentale qui porte sur les femmes lors des fêtes prend une tout autre gravité : lorsque les femmes organisent Noël, elles le font à perte.

 

 

Mais pourquoi ne demandent-elles pas d’aide ?!

 

Dans les articles de presse - féminine majoritairement - les conseils pour alléger la charge sont souvent les mêmes. Il faut être moins perfectionnistes, ne pas se comparer, oser demander de l’aide en étant claire et motivante dans ses propos. Ce schéma présente les hommes comme des exécutants et les femmes comme des sergentes-cheffes.

 

Paradoxalement, penser à alléger la charge mentale lors des fêtes est une tâche en plus que les femmes doivent effectuer. Faire une liste de course, dire où sont rangées les décorations, rappeler les horaires d’ouverture d’un magasin … tout ça prend du temps et parfois demander de l’aide semble plus fatigant que de faire les choses soi-même. Et bingo le cercle vicieux.

 

 

Pression sociale, tu perds ton sang-froid

 

Et le bonheur d’être toustes réunis en famille alors ? N’est-ce pas merveilleux ? Toujours selon l’étude IFOP mentionnée plus haut, non. 1 personne sur 5 se dit stressée par la perspective des fêtes.

 

Alors comment faire en sorte que Noël ne soit plus un CDD non rémunéré pour les femmes ? Réponse à choix multiples. Commencer par en parler collectivement est une première étape pour se rendre compte concrètement du déséquilibre sexiste. L’allègement de la charge mentale pourrait aussi passer par une désacralisation du repas de Noël. Soyons honnêtes, ce n’est jamais vraiment un moment de calme et de sérénité. Last but not least, il pourrait être intéressant de voir comment se passerait le mois de décembre si les femmes faisaient grève. Est-ce que leur conjoint, leur père, leurs frères, leurs cousins organiseraient le bal de A à Z ? Si vous êtes à la bourre sur l’orga cette année, vous pouvez toujours la jouer “c’était calculé”…


Marthe Chalard-Malgorn
 

*Source étude IFOP & Voyageavecnous. Pour l'analyse complète de l'étude, c'est par ici.